‹ Histoire de CharlesChapitre 39 sur 301 · I.E PKEMIFH TRAITÉ DE LONDIlES () I · texte numérisé non relu

I.E PKEMIFH TRAITÉ DE LONDIlES () I

Sainlré, libre tle loul engagement, mais qui s'était rendu en Angleterre, pour solliciter d'Edouard IH le désaveu des violateurs de la trêve*. Les « messagers ode Jean II « firent leur rapport » au Conseil du dauphin sur les conditions de l'accord intervenu. Le secret de cette communication ne fut pas divulgué. On sut seulement que le dauphin et son entourage se montraient très satisfaits du traité, a qu'il leur plaisait beaucoup » -.

Leur optimisme était-il justifié? Au premier abord, la question paraît fort embarrassante, insoluble même. En effet, où trouver le texte de ce traité, dû à l'initiative des légats du Pape, et que j'appellerai le premier traité de Londres, pour le distinguer d'un autre dont il sera parlé plus loin. Nul ne l'a publié, nul ne l'a signalé dans aucun recueil manuscrit. 11 est nécessaire ici d'anticiper un peu sur la suite des événements et de rappeler très sommairement, — en quelques mots, — des faits connus de tout le monde,

La guerre entre Edouard III et Jean II a pris fin, personne ne l'ignore, par le traité de Brétigny (i36o), dont les clauses essentielles furent le paiement par le roi de France d'une rançon de S.ooo.ooode florins ou d'écus d'or, et la cession au roi d'Angleterre des anciennes possessions des Plantagenets, situées au sud de la Loire. — Un an auparavant (1359), Jean II avait accepté des conditions beaucoup plus onéreuses et plus humiliantes : une rançon de 4.000.000 d'écus d'or et l'abandon de la moitié occidentale du royaume. C'est le traité de Londres, ou mieux le second traité de Londres, que ni le régent, ni les Etats généraux, réunis à Paris, ne voulurent ratifier.

Evidemment, si en i3581e vainqueur se fut montré aussi exigeant qu'il devait l'être en iSog, le Conseil du dauphin n'aurait pas eu une attitude moins nette, ni moins ferme, que les Etats généraux. Il n'eût

I. P. R. O., Ancicnt correspondcnce, t. LVI, n* Sa (Mariborougli, a^i ticcembre [1357]). Lettre d'Edouard III à son chancelier, William deEdington, évèque de Winchester.

a. Gr. Chr., VI, 83 : « Le samedy x.xvii* jour du mois de janvier, les messages du Roy qui cstoienl venus d'Angleterre, c'est à savoir l'evesque deTherouenne, chancellicr de France, le conte de Vandosme, le seigneur de Derval, le sire d'Aubigny, monseigneur Jehan de Saintré, chevalier, et mons. Jehan de Champeaux, clerc, firent leur rapport au duc de Normandie, en la présence de pluseurs de son conseil, evesque, chevaliers et autres, sur le Iraictié de l'accort fait en Angleterre, entre les roys de France et d'Angleterre. Le quel traictié moult plut aus di/ duc et conseilliers, si comme ilz disoient ».

fia JEAN II EN ANGLETERRE

pas accueilli avec faveur, il aurait repoussé d'une voix le projet communiqué par les messagers du roi de France. Il faut donc qiie ceux-ci aient porté à sa connaissance un texte différent de celui du second traité de Londres, assez analogue au texte du traité de Brétigny, tel en tout cas que la paix semblât « passable et faisable » ^ Or, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures. Dans un précieux volume de la Bibliothèque Gotlonienne 2, d'où ont été tirées déjà tant de pièces intéressantes 3, se trouve un document, qu'à l'examiner superficiellement, on prendrait pour un avant-projet du traité de Brétigny'• ; les cessions territoriales sont les mêmes ; elles ne comprennent ni la Normandie, ni la Touraine, ni l'Anjou, ni le Maine. Cependant on y relève quelques variantes importantes ; la rançon du Roi, notamment, est fixée à ^4. 000. 000 d'écus d'or ^. Le titre sous lequel le document a été conservé, les rapprochements que suggère sa lecture, donnent l'impression d'abord, et bienlôtla conviction, qu'on a sous les yeux une minute du premier traité de Londres ^. Il va sans dire que l'acte n'est pas daté, sans quoi le doutemêmeneseraitpas possible. On s'expliquemieux, par ce qui vient d'être dit, qu'à Brétigny l'accord se soit fait en peu de

1. C'est parce qu'ils no le jugeaient ni « passable », ni « faisable », que les Etats de iSSg rejetèrent le traité tic Londres.

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