LE PKEMIEIX TRAITÉ DE LONDRES
Jean II n'avait en vue que sa délivrance, et le dernier reproche qu^on puisse lui adresser est celui d'avoir voulu duper ^es adversaires.
Le revirement qui se produisit dans les dispositions d'Edouard UI, à l'égard de son prisonnier, quelques mois après les fêtes do Windsor, eut pour cause avouée, sinon pour cause unique, l'inexécution d'une des conditions du traité. Le roi d'Angleterre avait tenu au cours des ^négociations, et sans doute à Windsor, le 8 mai, le langage suivant: (( Beau cousin, il me plaît d'avoir paix avec vous, sur telle condition que tous les points, qui sont traités entre votre Conseil et le mien, et ceux qui sont encore à traiter, soient accomplis de votre part ; et, si vous défaillez en aucun point, que je sois aussi franc comme devant * ».
Le versement avant le i" novembre i358 d'un premier acompte de 600.000 florins d'or' à l'écu sur la rançon de Jean II était l'un des (( points » essentiels du traité. Si deux mandements du comte de Poitiers ne le disaient pas dans les termes les plus formels 2, nous le saurions par les actes officiels et la correspondance de Jean II, et même par le témoignage des chroniqueurs anglais, quoiqu'il n'ait pas l'exactitude et la précision désirables 3.
\u commencement du mois du juin, Jean II instituait ou faisait instituer, dans tous les bailliages et dans toutes les sénéchaussées de son royaume, des commissaires chargés de requérir les prélats et gens d'église, nobles, communes et autres habitants de leur ressort, de « lui faire aide, prestement et convenablement, par voie de don ou de prêt, chacun selon son pouvoir ». L'objet de cette contribution volontaire était très clairement indiqué : il s'agissait de lui procurer une «grande somme » d'argent, qu'il devait payer au roi d'Angleterre « dedans la