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LE PREMIER TRAITÉ DE LONDRES 7I

Les sénéihaiissées du Languedoc avaient fait largement leur devoir. Celle de Toulouse avait promis de payer 5o.ooo deniers d'or au mouton ; celle de Beaucaire, 70.000 ; celle de Houergue, 6.000 *. Mais les impositions à l'aide desquelles ces sommes devaient être fournies se percevaient, comme toujours, avec lenteur. Le Koi demandait donc que les s'^mmes. oour lesquelles des engagements avaient été pris, fussent réunies et avancées immédiatement, par voie d'emprunts volontaires ou forcés. C'est d'ailleurs l'expédient auquel on recourut, deux ans plus tard, pour se procurer le premier terme de la rançon de Brétigny.

Dans le reste du royaume, l'élan fut médiocre. Les ressources y étaient moindres que dans les provinces méridionales, et peut-être aussi le bon vouloir. On y fit peu de chose pour la délivrance du Roi.

Les Etats d'Auvergne furent convoqués à Clermont vers le milieu du moisd'aoùt i358par leducdeBourbon.pourdélibérersurl'octroi d'ujje aide analogue à celle qui avait été consentie par les pays de la langue d'oc 2. De la session en elle-même et des résolutions qui y furent prises, on ne sait rien. Quelques semaines auparavant (juillet i358), Charles le Mauvais, s'employant avec une sincérité douteuse à ménager un accommodement entre le dauphin et les habitants de Paris, avait proposé à ces derniers de verser 600.000 florins pour « le premier paiement de la rançon et d'acheter à ce prix « la remise de toute peine criminelle ». On se rappelle la réponse des Parisiens, qui déclarèrent tout net qu'ils ne donneraient même pas un denier 3. Après la mort de Marcel, ils ne montrèrent plus et ne pouvaient pas montrer

lardés, qui seroit en forant déshonneur de nous et de vous et de nos autres bons et loyaux subgicz et dampmaige à nostre royaume; et poril s'en pourroient ensuir lelz que jamais ne pourroient estrc amendés ».

1. Ifist. générale du Languedoc, Nouv. édition, t. I\, p f)8a-68'i.

3. Bibl. nat , P. O , 1075, d. 38, 869, Lvtk, n. i5. Compte des dépensées #«ti tes pour le compte du pays d'Auvergne par Guillaume de Touzé, clerc d'Olivier de Lave, poiiverneur dti bailliage d'Auvergne. « Itrin, quant Mons. de Bourbonnois, lieu tenant de Mons. le Regeut fu à CUiirmonl, cntour la mi-housl,poar rcquerre le pays de ferr aydc pour la di-livrance du Roy, furent mandés les gens d'église, nobles et t>onnes villes du pays pour y cstre, et les manda II dis Mons. le gouverneur parscs lettres clouscs etc. ».

3. Gr. Chr, M, }2.>-i>!i. Dans la lettre au comte de Savoie, le régent remarque, non sans aigreur, que, si l'on eût mis à ranvoii les Anglais arrêtés par le i)€uple de Paris etqm^ le prévôt des marchands (il évader, on aurait eu de quoi satisfaire le roi d'An{.^lcterre : « combien que l'en eu eust eu pour leur raençon, se il ne les eussent ainssi délivrez, assez argent pour le premier paiement de la délivrance Monseigneur ».

ya JEAÎf II EN ANGLETERRE

la même indrfférence pour le n fait de la délivrance », mais une faible partie seulement des aides octroyées, en retour des lettres de pardon qu'ils avaient obtenues, reçut celle affectation spéciale *. Le régont appliqua aussi à l'acquittement de la rançon certains revenus extraordinaires (forfaitures, amendes, confiscations, elc.jqu'il avait destinés auparavant à « Taccroissement » de la Noble-Maison de Saint-Oueu et aux « réparations des œuvres » du Palais-Royal -. Mais, en somme, l'effort financier, qui eût été nécessaire, ne fut pas fait et pouvait à peine être tenté. La situation du royaume y mettait un obstacle invincible. Paris était reconquis, mais ce succès avait provoqué la prise darmes des Navarrais et n'empêchait pas les Compagnies de pulluler, chaque jour plus nombreuses.

Jean II avait sollicité du Pape un concours financier dont il était assuré, car Innocent VI avait accueilli avec une satisfaction très vive les nouvelles venues d'Angleterre 3. Le lo juillet, il avait concédé au roi • de France deux décimes à prendre sur les revenus des bénéfices de son

I. Bibl. nat., Fr. 35.701, n'i^S (Paris, 18 aoùl i358|. Mandement du régenta Gilles de Maudestour et Ph. de Troismons de convoquer la Etats de Normandie, pour leur demander une aide semblable à celle de la ville de Paris il'ubl. par A. Covilie, les Etats de Normandie, p. 367-368) « ... et pour ce .. le prevost des marchans qui est à présent, les eschevins et le commun de la bonne ville de Paris ..., nous ont octroyé gracieusement Timposicion de huit deniers par livre sur toutes les marchandises et denrées de toute manière de gens; — item, la gabelle du sel jusques à un an ; — item^ l'imposicion des vins à certain temps, si comme ellecouroit paravant ; — item, deux soulz pour livre sur toute manière de rente et de maisons, à tourner et convertir ou fait des mises et despens dessuz diz (pour mettre le royaume en paix et tranquillité), et non ailleurs, et f*our la redempcion et délivrance de [Monseigneur]... • (Texte déjà cité, t. il, ch. i, p. ij, n. 3).

3. Ord. des rois de France, IV, ig'i. Lettres du régent, du 2 octobre i358 : « Par la délibération de nostre Conseil, nous avons ordonné et ordonnons par ces présentes que toutes les forfaitures, amendes, confiscations, rachapts et quint deniers, qui du jour de la date de ces présentes jusques à la Saiat-Jehan-Baptiste prochaine venant eschcrront par tout le royaume de France, en quelconque lieu et pour quelque manière que ce soit, appartenant à Monseigneur et à nous, soient converti: en la rédemption de Monseigneur ; non contrcstant que nous paravant les eussiens ordencz estre C!)nvcrtiz en accroissement de la Noble-Maison cl en réparation des œuvres du Palais ou ailleurs etc. » Cf. L. Pannier, La S oble Maison, p. i35 i3(j. — L'ordonnance de Compiègne (t^ mai i358) mettait au nombre des dépenses à imputer sur l'aide : la délivrance du fîoi (art. 3).

3. Deniflc, op. cit., p. iJig et n. 8. lettre du 3o août au cardinal Capocci {R*^. Vat , 233, fol. Il) : • Pridem exullantibus animis, inielleclo quod... pax et concordia ioter reges inita fueral et firmala, letati sumus in Domino devolasque sibi laudes reddidimus et vitulum labiorum •.

ÉDOIAKD III ET LA COI H DE ROME -yS

royaume, exigibles toutes les deux dans un délai d'un an, et qui seraient employées exclusivement pour la rançon '. La première devait être payée à la Toussaint, — ce terme fut prorogé par la suite jusqu'à Noël, — et constituer une bonne partie de la somme stipulée pour u la délivrance ». L'échéance de la seconde décime élpit fixée au Q^juin de l'année suivante (iSSg). C'était trop demander d un coup aux bénéliciers ecclésiastiques, rv.inés par les entreprises des Compagnies. Il fut bientôt manifeste qu'ils seraient incapables de payer à la Toussaint la taxe dont ils étaient frappés ; il fallut leur accorder u délai -, et ce relard a pu avoir de graves conséquences.

Le r' novembre une fois passé sans que Jean II eût fait honneur à sa parole, le roi d'Angleterre était en droit de se prévaloir de l'inexécution d'un engagement contracté envers lui et de reprendre, comme il l'avait annoncé, sa liberté d'action. H la reprit, en effet, et non sans quelque humeur.

Une cause plus ancienne, d'un autre ordre, n'a-t-elle pas précipité une rupture, qui aurait pu être évitée, si elle n'avait tenu qu'à une question d'argent 3? Edouard III sut bien patienter après Brélignv, en relâchant son prisonnier, dès que celui-ci eut payé ^oo.ooo florins sur 600.000 et en accordant un nouveau terme, très court, il est vrai, pour l'acquittement du surplus. Pourquoi se montra-t-il plus rigoureux en i358? Il ne sera pas inutile de rappeler ici que, depuis deux ou trois ans, les rapports étaient très tendus entre le roi d'Angleterre et la cour de Rome. La partialité, réelle ou prétendue, d'Innocent VI pour le roi de France n'y était pas étrangère*, mais plus de ménagements eussent été gardés

i. Ceci résulte de deux lettres écrites, le 10 juillet i358, au Hoi et au clergé de France, qui ne nous sont pas parvenues, mais dont « la date précise se trouve mentionnée dans Reg. Avenion. Innoc. VI, n° ao, fol. 70 » (Denillc, op cit., p. i5o et n. i).

3. Lettre du Pape aux légats, du 3^ octobre i358 {Reg. Vat., a33, fol. 5). — Denille, op. cit., i5o et n. 3.

3. D'après Knighlon {Chronicon, II, 100), le traité manqua parce que les Fraudais n'amenèrent pas à Edouard les quatorze otages qu'il avait exigés. La question d'argent n'aurait été pour rien dans cet insuccès, puisqu'au lieu de 1.000.000 de marcs qu'avait demandés le roi d'Angleterre, on lui en apporta i.aoo.ooo, qu'il ne voulut pas recevoir.

'i. Knighlon, ll,*j!i : « Etquiapapa sempcr faxebal Francis eteos fovebal in quantum potuit contra .\nglos, et proptcr miraculum quodUeus tribuerat victoriamlam paucis viris contra tantam multitudinem Francoruui, scriptum eral in pluribus locis in Vienna (sic : Avinionc) et in miiltis aliis locis : Ore est le Pape devenu Franceys, et Jesu devenu Engleys, Ore serra veou qe fra plus, ly Pape ou Jésus. Et scriptum erat in derisioncui ".

de part et d'autre, si un conflit de juridiction n'avait envenimé la querelle et réveillé de vieux griefs avec une acuité singulière. Blanche, veuve de Thomas Wakc et cousine du roi *, ayant eu à se plaindre gravement d'excès commis par les gens de l'évêque d'Ely, Thomas de Lislc -, avait présenté une pétition à Edouard 111, au parlement de i355, en se mettant sous la protection royale ^. Le Roi avait immédiatement pris fait et cause pour elle, avec une grande énergie^. Il avait ordonné de saisir le temporel de l'évêque et d'instruire son procès. Thomas de Lisle ayant réussi à se réfugier à Avignon, le Pape avait, à son instigation, excommunié les officiers royaux, violateurs des immunités épiscopales. En iSôy, les lettres d'Edouard lll ne dissimulaient pas une irritation, dont seules aujourd'hui les réponses du Pape peuvent nous donner quelque idée ^. Le roi avait un autre

1. Klle clait lillc d'Henri, comlc de Lancaslrc (1281 ?-i3/i5), second fils d'Edmond de L.. pelit fils d'Henri III. Klle était la sœur d'Henri, premier duc de Lançastre (i299?-i3Gi), qui ajonc un si prand rôle dans les guerres franco-anglaises du \iv* siècle. Elle épousa Thomas, lord Wakc de Lydell, décode sans postérité le 3i mai 18^7 et auquel elle survécut jusqu'en iSôy. Les biens et la haronnic de Thomas Wakc finirent par passer à Jeanne de Kent, qui, veuve de Thomas Holland, épousa le Prince Noir (National Biography/.

2. De l'ordre des .lacobins. Mort en i36i à^Avignon. Surcette affaire, voy. Knighton, Chronicon, II, io3-iti4 ; Th Gray, Scalacronica, 177; James Ben tham, T/ie hislory and anliquUies of the convtntual andcathedral Charch of Ely etc., a" édit., 1812, in-fol., p. 1 Go- 103.

3. Rotuli parliamentorum, II, 2G7 (Parlement du 12 nov. i355) : « Et puis mist Dame Blaunche de Wakc sa pétition à nostre seign. le Roi en mesmc le Parlement en la fourme que s'ensuist etc. ».

II. Ihid. « Quelle pétition entendue, nostre seign. le Roi otlrohi à la darreine clause de sa. pétition et dist overlemcnt : « Jeo prenk la qucrcle en ma main ».

5. Rer). Vat., 239, fol. Bâ*" (3i mai 1367) ; fol. i5t'°(i7 juillet i357). Le Pape à Edouard lll : « Poslquam per litteras tuas... materiam longe querele lexueras super eoquod adversus dileclum filium Thomam de Brambrc, canonicum Sarresbiricnsem, clericum tuum secretarium, ad adversarii sui cujusdam inslantiam et citalioncm, p<;r ediclum publicum auclorilale apustolica processum extiterat, àsserens CJiplorali juris existere contra eos solum Inijusmodi cilationum deberc pragmnla publicari, (|ui quominiis cilationcs alie ad eos perveniant polcnlia violenta perturbant, cl demum, parlicularem causam refcrcns ad commnneni, inlulcras quod nesriebnsquo spiritu lia passini diebus Uiis edicla hiijusmodi, conlra faniilinres tnos specialiter, ad peticinnein emitlerentur cujustibet, que, predecessorum nostroruni lemporibus, adeo res- Irirta furranl. (piad non nisi in arduissi mis rasibus, adversus tirannoset ecclesie Romane rebelles et emulos conredi consueverant et emitti, reccpimus benignitate patcrna lilleras tuas alias in quibus, [)er cilalionem venerabili fratri nostro Thome, episcopo Eliensi. contra nonnullos jusliriarios luos ot cerlas personas alias regni lui super quibusdam gravauiinibus ab ois illalis eidcih auctoritatc predicta concessam, asse ris regni tui

ÉDOl VUI) III ET l,\ COI U DE HOME ^5

sujet de méronlenlcmrnt contre la cour pontificale, l ne procédure canonique exceptionnelle suivie contre l'un de ses clercs ou secrétaires, Thomas de Breinbre, lui avait causé un tel dépit, ses récriminations avaient pris un tour si vif, que pour excuser des écarts de langage sans exemple, limocent \T les attribuait à « l'incurie » d'un scribe '.

L'année i35S aniena-t-ellc une détente? Une lacune particulièrclucnt regrettable des Aichives valicanes — les « secrètes»* de la sixième année du pontificat d'Innocent VI manfiucnt à peu près complètement- — ne permet pas de rien affirmer. Le témoignage des chroniqueurs, beaucoup trop vagu(^, nous est d'un mince secours -K Lu seul, Thomas Gray, dans sa Scnlacronica, donne, non sans (pielquc obscurité, 'des indications plus précis^^s, et ce qu'il dit montre qu'en i358, le différend avec le Pape dominait et inspirait toute la. politique anglaise. Très habilement, Edouard III avait saisi son parlement du projet de traité que les légats s'efforçaient de faire aboutir. N'était-ce pas avec l'assentiment de toute la nation qu'il avait soulevé la question dynastique, poursuivi « le challenge de son droit » ? Il ne pouvait se désister sans y être autorisé par les députés du royaume. La réponse du parlement fut que la paix, négociée sous les auspices du Pape, ne devait être conclue que si celui-ci cessait de réclamer l'exécution des engagements pris par Jean-sans-Terre et renonçait à ses empiétements sur les droits de la couronne. Tous les griefs accumulés depuis

legibus derogari ac processus per dictos jusliciarios tuos adversus eundem episcopam in quibusdam cousis débite habitas, ut eedem littere innuebanl, justijicans, qucrclc priori querclam aliam adjecisli,ac, posl rcccnsitam luam et pro{?cnitoriiin subdilorumquc liiortim fidem crga ccclosiam aniefatam, diccns te nec debere nec posse de cetera in lalibus sic tibi et eidem regno prejudicialibus pncientiam observare, inslaiilia supplici pcliisli ut ab hujusmodi et bitnilibiis cilationiLus concedendis vellcntms reslringcrc plus solilo motus noslrob, cuni non opprimere snbditos sed eos ab insolilis preseroare gravaininibus debeamus » { ry juillet).

I. Ibid. : « ... ex confidenlia palerna dcposcimus ut prudenier considères nlruni sli lus lilterarum ipsaruin affcclum rcdoleat reverentie fdialis, iiiquil)iis, boiium et suavcin quantumlibct. \elut siiiislriiiu ad le palernum spirilum arguis et patient iani crga patrcm le non posse custodire describis. In quo licel scriploris potius noleinus incuriani, lu lamcn qui,proul os princeps, uiulla discretione ac circorispectione prccipuus prcdiclaris, sic scriptoruin luoruni dcbes scripta perspicere, ut ineis aliquid prctcrquam honeslnni et grave nequeal reperiri >».

3. Denifle, op. cit., i5o, n. i : <i La 6' aruice est très incorupicle dans les secrètes. Les minutes dans a44 K. ne servent pas beaucoup pour cette année ».

3. Je parle des chroniqueurs anglais, car il y a encore moins à attendre des chroniqueurs français.

deux ans étaient rappelés : Jes violences imputées à Tévêque d'Ely, la protection dont le couvrait Innocent VJ, l'excommunication des officiers du roi ^

N'acceptons, si l'on veut, le récit de Thomas Gray que sous certaines réserves. Une conclusion s'en dégage néanmoins, c'est qu'en 1 358 les rapports entre le Pape et le roi d'Angleterre ne s'étaient pas sensiblement améliorés. De là les retards apportés à la conclusion de la paix; de là, peut-être aussi, l'échec final. Ce Irailé, encore trop favorable à la France elquidonneun démentiaux prétentions d Edouard III, puisqu'il ne négocie plus avec son. « adversaire de France », maii avec le roi de France, est l'œuvre des légats. C'est la paix du Pape, impopulaire et suspecte. Il semble déjà entendre, d'un bout de l'Angleterre à l'autre, le vieux cri qui naguère trouvait tant d'écho : ISo popery ! ^^

I. Salarronica, p. 177 : « La sesoun dcvaunt (avant la fêle' de Saint Georges, 1358) \indrenl diens cardincaux, Peregor et Urgen (Urgeli, en Engleter, pur trelcr de la deliverauncc du roy Johan de France et de pesé entre lez roy, qi bon pece demurrerent en Loundres, qe a un voy de pesé Ireterent; quoi fust assentu du consail le roy en maner q'il agréait au comune de sa terre, par counsail des queux le chalange de soun droit de France fust comencée et persévère; quelis comunes desagrcerent, en playu parlement, à Loundres, ou tail du dit tretice, si ensy ne fust qe autre addicioun ne fust ajousté. Cco fusl qe le pape releissast pur ly et sez successours tout le contracte qe le roy Johan avoit fait parendenture et par allourncment au patronage le apostoil, en le temps Innocent; et qe le seint pier ccssast de chos (choses) q'en le heur s'entremist péniblement. Quoy fce qaij, com lez gcnz de lay englcs disoint, estoit grantement countre la coroun, qar meismc le hour lez justices le roy estoint personelement escomengez pur processc de un jugement qu'ils avoint fait en le bank le roy cncountrc Thomas de Lile, cvesque de Ely, qe del ordre des Jacobins estoit, qi ne respoundy my fourmelement d'un fclouny qe ly fust par enditement surmis par sez adversaires, le counsail la dame de Wakc, pur quoy lez ditz juslises agarderent un content solonc lour loys, pur quoy le roy seisisl lez temparaillés le dit evesque, qy s'en ala à Avinioun del hour q'il fust attaché et baiUé al crcevcsque {son mélropolUain), en (ist dure processe issint que le pape s'entremist du lemparaullc, com disoient les avauntditz gcnlz de lay. en defesaunce du regauté ^/a royauté, les droits royaux) le roy. Quel peticioun envoyé estoit au saint pier sure quele tretice od autres obstacles; les ditz cardynaux déparièrent hors d'Engleter, qi desesparcz estoint du tretice, ja le mainz si près l'avoint chaccz qe les 11 roys estoint cnlrcbaisez sure condicioun d'un fourme de pesé, qe à un terme limité del aparfouriiiccmcnl ne pooit estre Icnu du part dez Fraunccis ». — L'affaire do l'évèquc d'Ely n'était pas arrangée au mois d'août de celle mémo année. V'oy. dans Rymer, 111, I, p. ^io3, une bulle d'Innocent VI, du 1" août i3b8.

a. On n'a pas relevé un article signiflcatif du Irailé de i35i), subordonnant la paix à la solution du différend avec la cour de Rome : * Art. 29 : a Item, pour IVxploil d'aucunes besoingnes louchans le Roy et le royaume dWngleterre. en la court de Romme. messagers seront envoies en la dicte court, d'une partie et d'autre, qui feront toute bonne cl loyallc diligence, [cl] au miex qu'il pourront à l'exploit de

nUPTlRE DES NÉGOCUTIONS POl H l,A PAIX 77

La mort de la reine Isabelle, survenue le 23 aoiit i358*, vint priver le roi Jean d'un appui qui lui eût été plus nécessaire que jamais. En dépit des scandales de sa vie et de la dei^ii-captivité où elle passa une partie de son existence, elle avait conserve ou recouvré beaucoup de crédit auprès de son fils^. Sa médiation n'eût pas été inutile à un moment où les dernières chances de paix allaient disparaître. Peu de temps après son décès, les légals pontificaux étaient rentrés sur le continent, convaincus de leur impuissance et d'autant plus découragés qu'ils s'étaient crus plus près du succès -^

IV. — C'est au mois de décembre que se firent scyitir, ou du moins que nous pouvons constater les premiers effets de la rupture. Des mesures furent prises pour rendre la captivité de Jean II plus étroite. L'ordre fut donné4de transférer le roi de France, avec sa suite, au château de Somerton, dans le comté de Lincoln ^. Edouard III se ravisa pourtant, et Jean II resta provisoirement à l'hôtel de Savoie^, mais il

mesmes les besoingnes; et toutefois a esté dit et ouvertement par Ir Boy d'Angleterre protesté, et est oullreinenl son inlencion, que le pais ne se pourra Jamais faire entre les lioys, sinon que mesmes les besoingnes soient parfaitement exploitées ».

1. British Muséum, Colton., Galba E. XIV, fol. 24 : « Die mcrcurii xxu* die augusti... hto die domina regina diem clausit extrcmum ». C'est donc par erreur que, dans la publication du duc d'Aumale, cette mort est rapportée au a3 août (p. 35).

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