Duc d'Aumale, op. cit
3. Rymer, III, 1" p., 40G-407 : u Pro cardinaKbus ad propria redeuntibus » (10 septembre). Leur départ dut n'avoir lieu qu'à la fin de septembre. Voy. 1\ R. O., issue Rolls, 33 Edw. III, Michaelmas, n" 223, mcmbr. ^5 {27 janvier i35(j) : « Roberto de Langeton et Willelmo Tey, servientibus régis ad arma, in denariis sibi liberalis nuper in pcrsolùtionem xv li. xiiii den. sibi debitorum par compuluni suuni factum ad Scacarium, computando de vadiis suis morando cum cardinale Petragoricensi, a xviii die aprilis proxime prelcriti usquc xxiii"" diem seplembris pro\imc sequentis, quo die a comitiva ipsius cardinalis recesserunt, etc. ». La date du saulconduit montre bien que les négociations lurent rompues plus tôt.
Scalacronica, 177 : w ... les ditz cardynaux departerent hors d'Engletcr, qui desesparez estoint du tretice... ».
4. Rymer, III, T" p., l^ll (3 dcc. i358) : « De adversario Francie in castruni de Somerton, in comitatu Lincoln, ducendo ». — Somcrlon-Castle ; 8 m. S. S. VV. de Lincoln, \V. Lincoln. — Autre mandement du 2 janvier i359, pour l'aménagement dudit château (Rymer, ibid., !\\h : « De adversario Franciaj infra caslrum de Somerton çustodiendo »).
5. Voy. deux articles du compte publié par le duc d'Aumale, p. loi : « Jehan Redin de Londres, qui avoit loé xl haquenées pour les gens du Roy, quant il se dut partir de Londres pour aller ù Soinertoune, et n'y ala pas le lioy, et pour ce lu composé au dit Redin etc. » (8 février i35y); — p. 102 : « Théues de Rrieuue, pour 1 batelier
-yS JEAN II EN ANGLETERRE
ne lui fut plus permis d'en sortir, et une vraie garnison fut placée dans le manoir du duc de Lancastre, pour la garde du prisonnier*. Aucune entrave ne fut mise aux visites qu'il pouvait recevoir, notamment à celle que lui firent les députés des trois sénéchaussées du Languedoc 2. Cette visite était fort opportune, car le Roi avait de grands besoins d'argent, auxquels il ne savait comment subvenir. Besoigncux et quémandeur, il ne prenait aucun souci de les dissimuler, provoquant sans vergogne les libéralités et les dons de ses sujets 3. Son plus jeune fils, Philippe de France, le u hardi » combattant
auquel l'on avoil fait marché de mener par yeaue de Londres à Sommerlonne les vins et outres garnisons et harnois du Tioy, et n'y furent mis menées, quar le Roy n'y ola mie, et pour ce demora le dit Latclier bien à Londres par xvi jours, en attendant toujours de partir et mener les diz vins et garnisons, et en devoit avoir xxx escuz. Pour ce, par composition faite à'ii par le maistre d'ostel, xlvi s. xiii d. ».
Le Iransférement à Somerton n'eut lieu qu'en juillet-août iSôq. Voy. ci-aprcs, eh. IV.
1. Rymcr, ibid., p. '|i3 (12 déc. i358) : « De rcgardo pro commorantibus super custodia Johannis de Francia apud Sau"oye ». Roger de Beauchamp est chargé de veiller sans cesse sur le Roi. Il a sous ses ordres 69 chevaliers, ccuyers, archers, valets ou employés divers. — Cf. Duc d'Aumale, op. cit., 87. L'auteur a cru qu'il s'agissait là d'une mesure sans précédents, parce que, dit-il, « c'est la première pièce de cette nature qu'on rencontre dans ce volumineux recueil (les Fœdera de Rymer) ». En réalité, la garde du prisonnier avait été organisée d'une façon, au moins sulïisante, dès le début.
2. Je ne puis que l'indiquer. On trouvera, d'aHl.eurs, des détails suffisants dans Doni Vaissètc, Hist. génér. du Languedoc, t. IX, p. 687, 688 et n. li,p. 694 et n. 6,096. — Joignez-y un article de Ch. V. Laiiglois dans les Mémoires de la Soc. archéol. de Montpellier, t. Vlll, n° /|5 (avril 1892), p. 437-/j52 : « Instructions remises aux députés de la commune de Montpellier qui furent envoyées au roi pendant sa captivité en Angleterre (i 358- 1 35(j) ».
3. .\rch. commun, tie Montpellier. Fonds du Grand Chartier D. XIX (Londres, 18 juin [i3d8]. Original, papier. Lettre aux «Consuls et habitants » de Montijellier : (( Nous envoions par devers vous noz amez et féaux conseillers maistres Jehan de Champeaux, Pierre d'Orgemont et Jehan Chalemart, Pierre Scatisse, nostre trésorier, et maistre Yve Derian, nostre secrétaire, pour vous dire nostre governement depuis nostre venu[e] en Angleterre, le dcffaut que nous y avons eu de finance et la neccessité où nous en sommes encores et les debtes es quelles nous sommes encoruz pour ce que paier ne povons sanz l'aide de noz subgiez. Si vous prions et requérons que les dessus nommez ou ceuls d'eulx qui pour ce yront pas devers vous vous willez croire de ce qu'il vous diront et nous faire gracieusement aucun aide sur ce, selon ce qu'il vous requerront de par nous ».
Voy. aussi une lettre du roi aux « abbés, collèges et autres gens d'église du diocèsede Soissons »(Bibl. nat., Latin, 90/16. — Kcv\yn ûeh*^ Chroniquesde Froissart, Wlll, (lOilioZ). Il y parle aussi de l'obligation de s' « acquitter de plusieurs debtes »,« es- (piellcs » il est u encourus pour delTautet nécessité... de finance », depuis sa venue en Angleterre.
RlîPTl'RE DES NEGOrT\TIO\S POIU 1, \ PMX -^C)
de Poitiers, parlageail sa détresse financière et savait fort bien, à son exemple, solliciter les subsides des riches communautés du Languedoc *. Dix chevaliers et bourgeois, envoyés par les sénéchaussées de Beaucaire, Toulouse et Carcassonne, k pourvus de passeports du Pape, du comte de Poitiers, des rois de France et d'Angleterre, vinrent chercher leur souverain jusqu'à Londres, chargés par les Etats de la province de s'informer de sa santé et de lui offrir les corps, biens et familles des habitants, pour sa délivrance » '^. Ils firent mieux et plus encore; ils lui apportèrent un présent de lo.ooo florins, destinés uniquement à son entretien et à l'acquillement de ses dettes personnelles **.
Les négociations pour la paix avaient pris fin par le départ des cardinaux, mais tout espoir n'était pas perdu de les renouer. Plus-le temps s'écoulait, plus il était urgent d'aboutir à une solution, car la trêve de Bordeaux devait expirer leg avril iSôq. Il semble qu'Edouard III ait cherché à agir sur l'esprit de Jean II, en affichant de nouveau ses prétentions dynastiques. Au commencement de l'année iSôg, le 17 janvier, il se pose très nettement en roi de France ^, et cette attitude
1. Arch. comm. de Montpellier. Fonds du Grand Gharlier, D. XIX (Londres, 21 mars [i35(j]). Lettre de « Ptiilippe, filz du Roy de France » aux bourgeois et habitants de la scnéctiaussée de Beaucaire: « ... et de ce ne nous wciliez l'aillir (il s'agit d'un service d'argent), car à plus grant besoing ne nous povez vous aidicr... ». — Lettre du même aux consuls, bourgeois et habitants de Montjiellicr (Hertlord, i5 juillet [1359]) : «... et pour la grant dcITaut (sic) que j'ay eu de finance [)ar deçà pour Testât de moy et mes gens y maintenir, je y ay emprunté pieça en>iron m" moutons à paier au premier jour d'octambre, et de ce parlé à voz honorables ambassadors qui furent par devers Monseigneur en Angleterre et leur prié qu'il vous en parlassent de par moy de my y aidier, et pour la ferme fiance qu'il me firent que vous ne m'en faudriés mie, je emprunté la dittc somme et leur exposé le blasme, villenie et deshoneur que je pourroie avoir ou deffautde paiement. Et pour la grant fiance que j'ay en vous, mcsmcment que onques mes ne vous requis riens, j'ay enchargé à mon cher ami Jaque Stomain, sergen {sic) d'armes de Mons., et mon secrétaire en cesle besoigne et en autres, à vous parler sur ce de par moy et l'ay chargé de faire le paiement ou nom de moy... Et me willez j)restement aidier d'une somme d'argent tele qu'il vous plaira, et la faites tanlost délivrer au dit Jaque, le quel, vous deli\rez tantost pour faire le dit paiement, afin que delVaut ou delay n'y ait. Car, s'il y estoit, nous serions deshonorez et ne trouverions jamés qui riens nous prestat par deçà etc. ».