Duc d'Aumale, op. cit
3. Ch. V. Laaglois, Mémoire précité, p. 438, d'après Ménard, Ilist. de .\imes, 11, Preuves, col. 206''.
U. Il avait toujours retenu, semble-t-il, ce titre de roi de France. Voy. Rymer, III, i" p., p. 363 (5 août l'ib']). De quibusdam couditioniiius, in treugis inler Uegem et
8o JEAN fl EN ANOLETERRE
est motivée par l'expiration prochaine de la trêve. Il délègue Gautier de Masny pour recevoir en son nom les serments et les hommages prêtés par les grands, les nobles, les cités, villages et communautés et généralement par toutes personnes de <( son royaume de France » *. Masny aura également le pouvoir de délivrer au nom de son maître les sauf-conduits que la reprise des hostilités rendra nécessaires 2. A la même époque, le roi d'Angleterre faisait mine peut-être d'accueillir les ouvertures de Charles le Mauvais. En réalité, il était décidé à ne pas négocier avec lui et à punir la duplicité du Navarrais, en l'excluant du bénéfice du traité à intervenir. Celui-ci soupçonnait sans doute les dispositions d'Edouard III a son égard, et c*est vraisemblablement pour parer le coup qu'il envoyait dans les premiers mois de i359 une ambassade en Angleterre •^.
Jean II, fort incapable de lire dans le jeu de son adversaire, n'avait d'autre préoccupation que de reculer l'échéance fatale qu'il voyait venir avec effroi. Le 18 mars, il faisait proroger la trêve jusqu'à la fête de saint, Jean-Baptiste (aZi juin iSôq) ^, et six jours après, il signait les préliminaires d'un désastreux traité (24 mars). Les conditions en étaient infiniment plus dures que celles qui avaient été convenues l'année précédente. Aussi ce second traité de Londres n'obtint-il et ne pouvait-il obtenir l'approbation de personne. Il est fort long, comme celui de
Ispannos initis, elargatis : « ... par entre nous Edward par la grâce de Dieu /îot de France et d'En»;lctcrrc... »> ; p. /109 4 10 (3 nov. r358). Indentura de cambio monetarum. « Geste cndenturc faite à Westminster par entre noslre seignur le Roi de France et d'Englelerrc d'une part, et Henri l^ycard.cilezeiii de Loundres d'autre part.. .Donné etc. l'an du règne nostre dit scignur le Roi d'Englelerre trente seconde, cl de France dis ncfisme .. » ; — P- ^'7 (28 janv. iSôgj.Pro familiaribus domini de Daubeny. « Datum etc. anno regni nostri Angliaî tricesimo tertio, re(jni vero nostri Francise vicesimo ».
I. Rymcr, ibid., p. /ii7 ; Potestas super expiralione treugarum FrAticiaî, ad recipienduin ad fidem Régis, tanqaam Franciœ régis (17 janv. iSôg).
a. Jbid. : Alia; polestates, cxpiralis treugis anledictis, de salva gardia concedenda (iB janvier i35(j).
3. Rynicr, III, »" p., p. /t^fi ('i mars i35(j) : Pro nunciis Régis NavarraR. — C'étaient Jean de Fricamps, Robert Porte, le conseiller Olivier de Monlmorel, le secrétaire Pierre du Tertre.
A Ibid., p. frj-i : De treugis, Burdegalic concordalis. usque ad festuni Sancti Johannis baplista? conlinuandis. — D'après l'original français dresse par le notaire J. Royer.Voy. une expédition anglaise du même acte dans les Frencli Rolls,33Edvv. III, r* p., m. 18.
LE SECOND TRAITÉ DE LONDRES 8l
Tannée précédente, comme le Irailé de Bréligny lui-m(^.me ; mais les clauses principales en sont assez faciles à résumer*.
Le roi d'Angleterre gardait, bien entendu, la Guyenne et la Gascogne *. Il se faisait céder : la Saintonge, l'Angoumois, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, les comtés de Bigorre et de Gaure, l'Agenais, la Touraine, le Maine, l'Anjou, la Norniandie, le Ponthieu et la vicomte de Montreuil, Calais et le pays environnant, les comtés de Boulogne et de Guines, soit à peu près la moitié occidentale de la France, du nord au sud ^. Edouard III devait avoir « la souveraineté » perpétuelle sur tout le duché de Bretagne '*. La rançon du roi Jean et des autres prisonniers achetés par le roi d'Angleterre était fixée à /îi.ooo.ooo de deniers d'or à l'écu, sur lesquels 3 millions seraient payés avant le 2/^ juin i36o, à des termes rapprochés, un premier acompte de 600.000 deniers étant exigible le 1" août 1859 au plus tard 5. Dix otages, nommément désignés et pris parmi les plus grands
1. Le texlc de ce IraiU' n'est pas dans Rymer, et on n'en connaît pas d'expédition originale. II en existe deux copies du xiv* siècic. La première, conservée à la bibliothèque publique de Poitiers, a été retrouvée par hasard, en juillet i83o, par M.Lecointre-Duponl et publiée dans le tome I de la Revue anglo- française, p. 388-/io5 (Poitiers, i833). Ce texte, peu correct, a été réimprimé avec quelques changements par Kervyn de Leltenhove {Chroniques de Froissart, WIII, /4i3-/i33). Il a servi de base à l'édition de M. E. Cosneaii qui a donné, seulement en notes, les variantes d'une copie moderne, mais meilleure; elle est de 1618 (liibl. nat.,Fr. 2875). La seconde copie du xiv* siècle, non encore signalée, si je ne me trompe, se trouve au tome CCCV, n* \, des V de Colbert. Elle est très correcte et reproduit un original anglais comme l'indiquent les lettres Brpar lesquelles elle se termine, qxii sont l'abréviation de Brankelre, le nom d'un notaire bien connu d'Edouard III. — D'ailleurs, la date dans les deux copies contemporaines révèle une provenance anglaise : « Donné à la cité de Londres le vint et quart jour de mars l'an de la Nativité Nostre-Seigneur mil CGC cinquante et noef ». Cf. Cosneau, op. cit., p. Sa. Pâques tombant en iSSg le 21 avril, il faut que le rédacteur de l'acte ait suivi, pour le dater de l'année iSSg, le style de la Nativité, usité en Angleterre.
L'n article du compte de Denys de Collors se réfère à celle date inoubliable du 7% mars 1369 : (m. d.) « Pour une grant pel de parchemin à escrire le traictié du Roy et du Roy d'Angleterre et pour encre, à M* J. le Royer, XII d. » (Duc d'Aumale, op. cit., ii3). Jean le Bel (II, 2'j5-a40) et Froissart (V, 179-181) ne font que mentionner le traité. Les Grandes Chron. en résument, avec une exartilude suffisante, les principales dispositions (VI, i53-i54;.