‹ Histoire de CharlesChapitre 52 sur 301 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les projets d'alliance du régent. — La paix avec

le roi de Navarre.

I. Une ronsc'«nieni'0 de 1 alliliulo des Etals Généraux : la rélial>tiilali(iM «les olliciers rtiyaux. destitués en 1357. — II. La préparation de la guerre : subsides linaneiers et alliances étranji^cres. Aides octroyées jmr les Ktals de la lanjçue d'oil. Les Etats de la langue d'oe et l'allianee danoise. — m. l*rojels et prop»)sitions de Waldeinar III. Réponses dilatoires des conununautés de la lanj^ue d'oc. — IV. Renouvellement de Talliance Ecossaise. — V. L'alliance hongroise. — VI. Premières opérations militaires pour dégager les abords de Paris; la police de la Seine; rattafjue île Melun. Bertrand du Gucsclin. — VIL Négociations avec le roi tle ^'a^■arre. La paix de Ponloise. Charles le Mauvais à Paris. — VllI. Voyage du régent en Normandie. Traite d'échange conclu avec Blanche de Navarre. Violations de la paix de Ponloise; la prise de (Mermont en Beaiivaisis par le captai de Buch; les garnisons de Melun et de (heil. Les [)aysans de Longueil-Sainle-Marie. Eveil du sentiment national.

I. — La session des Etais Généraux dura un peu plusdiinc semaine, du 25 mai au v. juin '. Le Irailé de paix a\ail été le premier objet soumis aux délibérations de l'assemblée; on a vu cpielle s'était protjoncée avec netleté, cl rl'un accord unanime, pour la conlinualion de la guerre. La résolution monirée paj les re[)résenlanls des trois ordres, leur union, le dévouement qu'ils témoignèrent au Uoiel à son (ils aine, furent pour Icrégenl un véritable réconl'ort. Jamais sans doute son autorité ne lui avait semblé mieux affermie, son prestige personnel plus

I. Lc> (ininilrs ChnHii'iiii-s (\\, io\-tbb) scinhkiil l»icii iiiili«|iier i[\ni la hcs^ioii ne se proloii;r(,'a p;is an-ildii du u Juin. C'est ce jour-là <|iic la iiohiox-, |r tier;;»' el les dcpiilés de r;iri> linnl lcur> oITivs ilc sllh.side^>. Les dé|)iité> <k> aulro l)'>iifir> xillcs ne \oidiireiil rien proincUrc, si ce nol pont rire eoiidilionriellcnicnl ; « Kl In onlctH- «pie tous ( eiil> «pii là oloicnl n'cii relnurrwtssciil cîi leiir> \ illcs, pour ce «pi'' il/ ruvoiiluicnt aiicuiio « liosc oclrnicr saii/ parler à leurs \illes, el »pi<; il/ reiivuia-«;eiil leur rex>unsc dcdaiu le luruly après la Trinité ».

grand. On en trouve la preuve dans un acte d'une portée considérable, qu'il accomplit le 28 mai, et que l'impuissance, où il avait été longtemps réduit, l'avait seule contraint de difTérer.

Les Etals Généraux, réunis au lendemain de la bataille de Poitiers, avaient pris une attitude des plus hostiles à l'égard des conseillers de Jean 11, accusés d'avoir conduit le Roi et le royaume à un désastre. Ce sont des faits connus, et racontés dans un précédonl chapitre *. Les députés ne s'étaient pas bornés à des remontrances très vives, mais dépourvues de sanction. Rappelés au début de l'année 1857, après avoir clé éconduils d'assez pitoyable façon une première fois, ils accentuèrent l'expression de leurs griefs, exigeant la destitution de vingtdeux officiers royaux, dénoncés déjà quelques mois auparavant, el sur lesquels pesaient les plus lourdes responsabilités. Le dauphin avait du céder, sa détresse financière le meltanl à la discrétion des Etals, mais il était déterminé à désavouer, aussitôt qu'il en aurait le pouvoir, une mesure inique, arrachée par la violence, el qu'au fond du cœur il n'avait jamais ratifiée "^.

L'occasion lui sembla propice, quand il eût vu s'affirmer, avec une énergie inattendue, un loyalisme, dont, à certains jours, il avait peutêtre douté, et qui, au moment de l'épreuve, se retrouvait intact. Après une « longue et miire » délihéralion avec les membres de son Conseil, et sans doute aussi de l'avis des députés présents à Paris ^, il réhabilita publiquement les vingt-deux officiers royaux, sacrifiés jadis à la rancune des Etats. Deux d'entre eux étaient morts, et leur mémoire seule obtenait une satisfaction tardive. Celaient le trésorier de France,

Page 1