I. Voyez t. I, rh. vu
a. I.t'llrc> (lu îH mai \Z'uu aiialysce^ ci-après. Elles ont élu publiées plusieurs fois, iiolauiniciil |)ar Socoussov dans la colleclioii des Orr/on/uf/jfvs, t. NI, p. 3^5-359, d'apros nri M'.inoridl de la Chambre des C«niplcs, aujourd'hui délruil(n, fol. 19 el suiv.) l'Ilcs avaient élé Iranscrlles également dans un re<:islre ilu parlement. île la série des Juffcs. C'est d'après celle copie conlemporainc que seront faites toutes les cila- Uons (Arch. nal., \' v l'i, fol. Vi7-Vi«).
3. V ... el pour ce esl il que. eu par nous sur ces choses graul el meure deliberaci<»n. avec le ^rranl Conseil »le Monseigneur el de nous, en la granl chambre du l'arlemenl à Paris, ou «juel eshiienl des genz de nosire linage, ducs, conlcs, barons, prelas cl aulres gens il'eglise, nobles el aulres genz des bomies villes du royaume en grant nonibrc... n Les députés ne sont menlioiuiés ici. à la dilTérencc des membres du lirand Conseil. (|ue parce qu'ils assislèrenl, dans la Cluunbre du parlement, au prononcé «le l'arrèl de réhabilitation, mais il esl impossible cpTils n'eusscnl pas élé consullés, eux aussi.
RKHABILITATION DES OFFICIEHS HOYAIX DESTITUÉS 9I
Enguerrand (lu Pelil C'^JIier, et Hegnaiit d'Acy, l'avocat du l\oi, assassine par la i)opnlacc parisienne, le 32 février i358. Les survivants ne mérilaicnt pas. en général, les éloges que lo régeni leur prodigua. Pour louer la fidélité de tous envers le Uoi, il fallait ne pas remonter au delà du temps où ils avaient été disgraciés, et oublier le cas de Hobert de Lorris. La plupart d'entre eux ne s'étaient signalés, ni par le désintéressemeni, ni même par line probité vulgaire. Mais, visiblemenl. le dauphin, tout en voulant et en croyant faire couvre de justice, prenait une revanche personnelle de l'humiliation qu'il avait subie. 11 y a là des traits de caractère intéressants à noter, parce qu'ils se retrouveront chez le Roi : la ténacité, l'esprit de suite et un fonds de dissimulation, qu'il justifiait plus tard, par la nécessité où il s'était trouvé de céder à u la fureur des gens pervers* ». Aussi l'acte de réparation qu'il accomplissait de sa propre initiative, sans y être déterminé par aucune influence étrangère -, en vertu de l'autorité souveraine dont il était investi ^, fut-il d'une solennité evceptionnellc. Le régent donna à sa décision la forme d'un arrêt, qu'il prononça lui-même, le 38 mai, en pleine audience, dans la Chambre du Parlement '♦. 11 y qualifiait en termes sévères la violence qui lui axait été faite, l'irijustice commise à l'égard de bons serviteurs, auxquels il n'avait pas cessé d'accorder sa confiance. 11 les rétablissait dans toutes leurs charges et dignités, déclarant qu'ils n'avaient encouru aucune destitution, el qu'en conséquence les gages, perdus par le fait de leur privation d'offices.
1. Le Livre des fais et bonnes meurs, etc. (Bibl. nat., Fr. lo.i.SS), fol. 77' -78 : « Cy dil ce que.le roy Charles dist do dissiinulacion... Dissimuler contre la lun-ur des gens pervers, quant il est besoin^ est grand sens.. »
2. Ne rclrouve-l on pas ce[)en(Jant l'inspiration et comme la grifle i\c Simon (l(^ Hue y, dans tel passage de rarrèl dont il \ a être question .^ Les con.seillcrs il u Uoi, yc->l ildit, ont été condamnés sans être entendu'^," el aussi aucuns d'eiilzeslans noloirmunl et ncccessairemenl à Bordeaux avec Monseigneur, et de son commanilemenl el liu iios- Ire, pour le fait de sa délivrance el pour le Irailié de la paiz ».
3. » ... De noslre |)lene puissance cl auctorité royal, iJc la cpiele nous usor»s comme regcnl le royaume, non pas à Tinslance ou i)our(lias d'aucun, mais de no> Ire pur el noble ofTicc, au (juel appartient rappeller el corrigicr tout noslre fait conimc laulrui, loulefoiz que nous cognoissons que en ycelui justice a esté blecié ou pervertie, especiahncnl en grevant el opprimant l'imiocenl par fausse et calonip nieusc suggestion ».
'4. « Par arrest avons de noslre propre bouihe pronom if, dil cl dcclairié. prononçons, disons et déclarons el( . » — « Donné en la chambre dudit parlemeni le xwiii'joiirde may l'an de grâce mil CCCLIV. — l'ar arrest proiiurnié i)ar Miinsci gncur le regcnl : Dyonisius ».
^2 LES PROJETS d'aLLIA>CE DU RÉGENT
lour seraient restitués intégralement. L'arrêt de réhabilitation devait être nolifié au Pape, au collège des cardinaux, à l'Empereur, enfin à toutes les boiuies villes, qui avaient pu avoir connaissance d'une flétrissure imméritée, dont il fallait ed'acer jusqu'au souvenir.
11. — Les Etats, ayant u ordonné de faire bonntf'guerre à l'Anglais n, ne pouvaient se séparer sans avoir procuré au régent les moyens de soutenir une attitude, qui constituait un défi à Edouard 111. Le dimanclic. 2 juin, les deux premiers ordres firent connaître leurs propositions'. Les nobles olTraicnt de servir pendant un mois, « à leurs dépens )), chacun « selon son état ». De plus, ils se déclaraient prêts à payer les impositions auxquelles les bonnes villes seraient astreintes-. C'est l'engagement que prirent également les gens d'Eglise. Quant aux députés du tiers-étal, il fut impossible d'en obtenir aucune promesse ferme. Comme il arrivait presque toujours, ils prétextèrent l'insuffisance de leurs pouvoirs, ce qui était une mauvaise raison, car, dans les lettres de convocation, le rége?it avait prévu cette cause habituelle de retard et recommandé aux bonnes villes de donner à leurs délégués le mandat le plus large ^. En fait, les élus avaient reçu des instructions plutôt étroites, et il fallut les congédier, pour qu'ils eussent la possibilité de s'entendre avec leurs commettants. Les conjonctures étant sin-
i.(,r. 6'/(/'., VI, i5'i : « llcin, le (lymciiclie sccoiit jour de jning cnsuyvant, fu accorde'" au tlil rcj^cnl (juc les nol)los le scrviroicrit un mois à leurs despens, cliascun selon son cslal, sanz compter aU-r ne venir. Kl avccqucs ce paicroienl les imposicions qui scroienl (inlcnées par les hoinies >iiles».
Coiilinudtion de liirhdrd I.esrnl, p. i.'i: « ... ad luilioneni regni nobilcs domino duci [icr niensem inle;;rum ser\ iliiim absipio slipcndiis ohluleruul ».
2. (ir. Chr.. lue. cil. ." « !>es penz dc^Hisc olTrircnt paicr les dites imposicions (or- «lenées par le.» lionnes villes).»
Cniil.tli' /»'. Lèsent, ihiil. .* « ... viri ecdcsiaslici et hurj^cnses impositiones. per lotum reLMiiini ouuiiuni reruni \enaliuui, \ ideliecl quatuor dcnariorum pro libra colligi concesserunt ».
3. Lettre dt'Jîi citée du retient aux cotisiiU et habitants de Montpellier : « ... et neaidnioins niaiidciis. . . (pie \ous eli^ic/. d'entre \ous deux, trois, (|uatrc île vous, de> plus soulli>;in>, notables, sai^-es et convenables, et en qui \ous aiez loule liancc de nous loiaumenl conseiller en reste partie, rt qui aient toute imissance de /dire, consentir, l'iuir finis, l'nil <»■ ijuc iv)//>' fiijurrie: J'nire lou: ensc;nl)le, et en telle manière qu'il ne nnirieminr /'«/.s retourner ilerers »"oh,s fionr aroir vostre avis, quar il nous convient faire resiiunse iirerisenient dedans la Penlcrostc la-oucliainentent venant ». Voy. t. II, cliap. ii. p. .Si), n. .").
LES SIBSIDES POlJI\ l.\ «UFIIUE 98
giilièrenient pressantes, on limila au liiruli après la Triiiilé (i7JJiin) le délai dans letpiel leurs réponses devaient parvenir à Paris'.
Quelles lurent ces réponses ') On le sait assez mal "-. Les seules chroniques, où l'on trouve quelques indications à cet é*,'ard, s'expriment en termes très brefs et avec peu de précision. Ce (jui |)arait probable, c'est que les communautés de la langue d'oil octroyèrent une imposition de A deniers par livre sur le prix de vente de toutes les denrées et marchandises et que, suivant leurs prévisions, ce subside aurait du permettre de lever et d'entretenir douze mille hommes il'armes ^. Mais le « plat pays » était ruiné h ce point par « les ennemis anglais et navarrais », — et a aussi, ajoutent les (irandcs (J/iro/iù/iics, avec une impartialité dont on a d'autres exemples, par les garnisons des forteresses françaises », — que les u bonnes villes » mancjuèrent forcément à leurs engagements, et que l'effectif annoncé ne fut point atteint '».
1. Gr. C/t/"., VI, 155. 'Pcxlo cilé [>liis Iiaiil, p. 8i), 11. i. — Conliii. Je li. Lèsent, 1.^8 : « Alii aulcm (lui cvocali lueraiil fceci est dit par opposition aux ParbiensJ rcspoiiUenuil quod super hiis cuin coiupalrioUs habcrcnl colloquia... »
2. Les réponses se lirciil allciidre. Le .So juin, on n'avait pas encore reçu celles des bonnes villes du bailliaj^e d'Auvergne. Nous avions mandé a i)ieva, par noz autres lettres », leur écrit le régent, « que de la deliberacion et accort que fait auriez sur ce a\ec le commun du dit bailliage vous nous feissiez certaine response dedcnz rendomain de la leste de la Trinité darr. passé, sur les queles clioses >ous ne nous a\ez eucorcs mie certifiez, couibien que le dit terme soit passé, dont moult nous mcr\eillons, maenjcment car vous savez le grant besoing et haste (|ui en est et le grant péril qui est et puet estreen la demeure... » (Arch. commun, de Kiom, ER, 1. — Original, parcbemin).
3. Le document, déjà cité dans la note précédente nous renseigne sur ce qui avait clé décidé en principe : <i (^ommc à l'assemblée (|ui lu à Paris, à nostrc mandement, au mois de Pasques darr. passé, sur le lait du truiclié de pais parlé en Knglo terre entre Monseigneur et leroy anglois.euslcsté avisé que, pour l'aire bonne guerre contre les ennemis du royaume et de la couronne de France, chascun bailliage fero il certain nombre de yens d'armes, on le paiement de leurs gages, pour cest an présent... » La >ille de Paris ayant lait des offres dont il va être question, les divers bailliages se taxèrent à un certain nombre île gens d'armes. La part des « villes de Clermonl et de Uiom et do tout le bailliage d'Auvergne et des montagnes » fut fixée à 5oo glaives.
'1. Gr. Chr., \\, i55 : « Kl d({)iiis renxoicrenl pluscurs villes leur responses ; mais pour ce que le j)lal [)aiis cstoit tout gaslé par les ennemis anglois et na\arrois, et aussi par les garnisons des forteresses françoises, les dictes bonnes \illes ne porcnl acomplir le nond)re de \ii nule glai\es (|ui li avoient esté acordez de la langue d'nyl n. Il y a : de la langue d'oc, dans l'édition de P. Paris.
Rapproclier le texte déjà cité du continuat(Mir île K. Lescol : « ... \iri ecclesiastici et burgf.'uses impositiones per totum rcgniim omniinu rerum \eMalium, xidelicel
ql^ LES ^RO.ÎETS d'alliance Dl REGENT
Il est possible que le Languedoc ait envoyé des députés à Paris, puisque les lettres de convocation n'avaient fait aucune distinction entre les diverses provinces du royaume*. Que promirent ces députés et dans quelle mesure leurs promesses furent-elles ratifiées et tenues par ceux qu'ils représentaient:* Vraisemblablement, au midi comme au nord, la situation intérieure du pays paralysait les meilleures volontés 2. En outre, dans les provinces méridionales, une cause particulière empêchait que le régent eût directement le bénéfice d'un loyalisme, qui s'était maintes fois manifesté, et de la façon la plus probante. Le Languedoc, en effet, vivait de sa vie propre. Il avait ses Etats généraux et ses Etats particuliers, fréquemment réunis, qui. eux aussi, en raison du voisinage de la Guyenne anglaise, avaient à prévoir l'éventualité d'une guerre, où ils n'auraient à compter que sur eux-mêmes. Les subsides qu'ils votaient n'étaient destinés qu'à la défense locale, sauf lorsqu'il s'agissait d'une aide générale, et prévue par le droit féodal, comme celle qui avait été requise pour la délivrance du Roi. Rarement, les communautés du Languedoc furent sollicitées de s'intéressera une entreprise, aussi aventureuse, aussi étrangère à leurs préoccupations liabiluelles, que celle dont il fut question peu de temps après la clôture des Etals généraux de Paris. Je veux parler du projet de descente en Angleterre, concerté entre le roi de Danemark, Waldemar III, et le Conseil du régent, et qui, bien qu'il n'ait pas été mis à exécution, mérite mieux qu'une simple mention 3.
quatuor denarios pro libra colligi concesscrunt... » et cet autre emprunté à la même cliroiiiquo : « ... omnes aulem alii, specialiler de lingna occilana, quia a domeslicb et lioslil)us indiflercntcr depredantir, quem promiserant numerum bellatorum mitlcre non polucrimt ».
1. Hist. générale du Languedoc, nouv. cdit., t. IX, p. 70/1, n. 2 [A. Molinier]. («Nous publions la lettre de convocation du régent (Tome X, Preuves', col. ii55-ii5G). Rien ne dit, d'ailleurs, que les députés du Languedoc aient pu assister à cette assemblée: la lettre du régent ne leur parvint que le 16 mai ». Il s'agit de la lettre du régent aux consuls et habitants de Montpellier, reçue le 10 mai seulement, mais on sait qu'on attendit pendant une semaine environ les députés retardataires.
a. Voy. la note '1 de la page précédente : « .. omnes autem alii, specialiler de lingua occilana, etc. ».
3. Arcb. commim. de Montpellier. Fonds du Grand Cbartrier, Arm. F, III, n* A. Manuscrit original sur papier. — Aii dos : ^fenïoriale facli Dacie. — Publié et commenté par A. (icrmain, sous ce titre : Projet de descente en Angleterre concerté entre le gouvernement français et le roi de Danemark Valdemar III, pour la délivrance du roi Jean.eU.. Montpellier, iSfjS.in .V, 3o p. (Extrait des Mémoires delà Soc. archéol. de Montpellier, \\ [i8ô5], p. '|o«)-/i3i). Dom Vaissète n'a pas connu les négociations
WAI.DEMAK tll ET LV DESCENTE E\ ANOI.ETËRUK (JJ
m. — Ce projet n'avait rien d'insolito. ni de cliinjéri(|uc. Les relations amicales entre les cours de France cl de Danemark étaient anciennes*. Il n'est pas nécessaire de rappeler ici le malheureux mariage de Phili[)pe-Auguste et d'Ingeburge, qui eut été plutôt de nature à troubler ces relations. Mais d'autres faits ont été relevés, (pii établissent la continuité des bons rapports entre les deux pays-. Waldemar III, qui fut un des plus grands rois, et des plus belliqueux, qu'ait eus le Danemark, était monté sur le trône en i34o'^ Qu'il y fût poussé par le goût des aventures ou par une ambition plus raisonnée, il rêvait d'une descente en Angleterre. Kdouard III était à ses yeux un usurpateur, car il détenait le royaume conquis jadis paru le bon duc de Normandie )), dont le roi de Danemark se prétendait l'un des héritiers '*. Pendant les premières années du règne de Jean II, au moment où la guerre allait se rallumer entre la France et l'Angleterre, il avait offert au Roi son alliance et un concours effectif. Il demandait pour son fils aîné la main d'une fille de France, et pour lui-même un subside de Goo.ooo tlorinr-. Kn retour, il s'engageait à armer 12.000 combattants, avec lesquels il se llattait de conquérir, ou tout au moins de ravager l'Angleterre^. Edouard III réussit à détourner le coup, en fomentant
dont il va^ èlic parlô (Voy. une note d'A. Moliiiier, dans la nouvelle édition dcVllist. du Languedoc, t. 1\, p. 702, n. S). L. Ménard en a dit un mol (llisl. de la ville de \isines, t. II, p. 2 lu--.! I 1).
I. IMus •;énéralcuiont, les relations de la France avec les l'Hais du Nord Scandinave (G. (icffroy. Archives des Missions svientif. et lHléraircs, l. IV, i850,p. i85el suiv.). Cf. ce ([u'écril .\lex. TeMk'l,à propos du trailé conclu le a.'i juin ia(j5 par Philippe le IJcl avec Kric, roi de Norvège: « ... c'est un des [)renuers actes d'un système politique auquel nos rois restèrent lidèles pendant tout le temps que dura la lutte contre iWngletcrre, c'est-à-dire pendant plus de trois siècles, et par suite duquel ils rcclierchèrenl constamment ralliance d<,'s Etats du nord de rEuro|)e, île la Suède, de la Norvège.du Danemark, des \illes hanséatiques, dont la marine pouvait contrebalancer la puissance déjà prépondérante de l'Angleterre » (liihl. de l'Ec. des Citantes, i" série, t. IV, iS'i2, p. '6(j't).
■À. A. Germain, o/>. cil., p. 8.