Chron. de B. du Guesclin, t. I, p 124 iSa; v. 35io-3G7o
2. Je me suis servi du résumé en prose de S. Luce, mais en serrant le texte original de plus près. Certaines expressions et certains tours méritent d'être conservés, ël à les respecter on évite des périplirases et des long^ueurs.
3. « \ Dieux! se dit Bertran, bcau-pcre droiturier, Onques n'eus tel talei]t de boire, ne de mengier Que j'ai au cuer désir de celui approchier : Volenlicrs li feroie de ma dague essaier. »
4. Il faut laisser à Cuvelier la responsabilité djavoir imaginé ce dauphin larmoyant et un peu ridicule. Il est possible cependant qu'à Melun, comme à Meaux, pendant les derniers jours qui pré«édèreut la chute de Marcel, le prince ait passé par une crise de découragement.
l'attaque de melun par le régent un
plus chasser en rivière ' ». Les maux du royaume lui reviennent alors en mémoire, « Le royaume de France, dit-il, esl vraiment bien confondu. Le Hoi mon père est retenu prisonnier, sous la dé|>endance de ce roi de malheur, qui devrait nous obéir. Nous devrions le battre, et c'est lui qui nous a battus. Les .\nglais se sont emparés de nos ch«^teaux, et, à ma honte, ils continuent à les détenir. Ceux en qui j'aurais du trouver mes meilleurs amis se sont tournés contre moi, si bien que je ne sais où aller. Plût au roi Jésus que je fusse vengé et vainqueur de mes ennemis, que mon père fut revenu de prison ! Je disparaîtrais alors bien volontiers de ce monde, au gré de Dieu ! »
Cependant l'attaque va échouer, les Français ne pouvant tenir contre les pierres et les traits qui leur sont lancés du haut des remparts. Vainement essaie-t-on de saper la muraille ; elle résiste aux coups. « Ah! Dieu ! dit encore Bertrand, qui interpelle directement le Bascon, quand pourrai-je te joindre ! Par la foi que je dois porter à Jésus-Christ, ou bien mon corps sera arrangé de telle façon qu'aucun médecin n'y pourra donner aide, ni confort, ou bien j'irai jusqu'aux créneaux pour te parler tète à Icte -. « Lors Bertrand se retourne, choisit une échelle, la charge sur ses épaules, et, aidé de ses compagnons, au prix de mille efforts, la dresse lui-même au pied du mur. Un épieu à la main, et se couvrant de son écu, il commence à monter. Le duc, qui le voit, demande à ses gens : (( Qui est ce donc qui monte ainsi? » — Ln chevalier répond : c Vous avez ouï parler de Bertrand du Guesclin, qui dans les guerres de Bretagne accomplit tant de prouesses et endura tant de peines, pour votre cousin Charles ». — a Est-ce bien lui vraiment? » dit le duc. — « Oui, lui est il répondu. Jamais on ne vit son pareil ». — « Par mon chef, reprend le duc, je me souviendrai de lui » ^.
Le Bascon commence à s'émouvoir de tant d'intrépidité. H se fait