Ibid., p. i
7. Ibid. « Si sembla au dit regciit que l'en le senrqucroil de la partie du dit roy. »
LA PAIX AVEC LE ROI DE NAVAIUIE lfl5
lieu d'où il venait ; après quoi, chacun agirait au mieux de ses intért^ts. Charles le Mauvais refusa d'obéir à cet ultiiuatum. signifié avec une vigueur à laquelle il n'était pas habitué ; et pendant quelques heures on put croire que tout était rompu *.
La journée du lendemain, — mercredi 21 août, — fut marquée par un vrai coup de théâtre. Vers la fin de la matinée, -- u un peu avant dîner », — le roi de Navarre manda auprès de lui, « en sa chambre », les conseillers du régent, et là, en leur présence, il tint le « beau langage », que lui prêle, non seulement l'auteur des Grandes (Chroniques "^^ mais aussi Jean de Venette ^, et dont le sens général est confirmé par le propre témoignage du dauphin, dans une lettre missive aux habitants de Montpellier ^. 11 déclara en substance qu'il voulait être bon ami du roi de France, du régent et du royaume, car il voyait bien que ce royaume était sur le point d'être détruit, ce qu'il ne pouvait ni ne voulait souffrir, tenant de si près, par son père et par sa mère, à la famille royale. On lui avait offert des terres et de l'argent, mais il refusait tout, se coutentant de recouvrer les terres qu'il tenait avant la guerre. Désormais, il s'emploierait à faire au royaume tout le bien en son pouvoir, persuadé qu'on saurait reconnaître ses services ^. N'y avait-il pas là comme une restriction inquiétante, qui laissait la porte ouverte aux réclamations futures?
D'après Jean de Venette et Froissart, il aurait juré ou promis de se
1. Gr. Chr., VI, loS-iBg. — Cont. chr. Guill. de Nangiaco, II, 285-a8G.
2. Gr. Chr., VI, iôq, chap. cxiv. « Du bel langage que le roy de Navarre dist au Conseil du regenl ».