Ibid., p
3. Ibid. — D'après un acte de la collection Joursanvault (a6 février iîî6o), dont on ne connaît qu'une analyse — malheureusement peu claire — le duc aurait eu deux mille écus, « chaque mois, aux bailliages de Houcn et de Caux •. — British Muséum, Additional Charters, i'54o, n° 8G9. Ordonnance des généraux députés sur le fait des subsides en Normandie, adressée à Jean le Villain, receveur général desdits subsides, portant qu'il ait à envoyer à Charles, régent du royaume, iioo royaux d'or, en vertu des lettres du régent par lesquelles il mdnd<=^ aux généraux qu'ayant ordonné qu'on prît la somme de 11.400 écus de Philippe ou royaux d'or sur celle de deux mille écus qu'il a chaque mois aux bailliages de Ftouen et de Caux, pour payer à certains termes Hugues Bernier et Jean d'Orbec, trésoriers du Roi, qui s'éloient obligés en ladite somme envers certaines personnes pour la rançon du sire de Vinay, il veut qu'on prenne sur ladite assignation, et non obstant icelle, ^oo royaux d'or dont on a besoin, etc. «Par lettres du i3 janvier i3Go, Charles régent mande 5 Jean le Villain, trésorier général des subsides de Normandie, de lui envoyer sans délai.» par le présent messager », la somme de /|oo royaux d'or « sur ce qu'il prend pour son estât sur sa recette». (Additional Charters, ii54o, n" 808. — Analyse). Cf. A. Coville, op. cit. 98).
/i. Op. cit., 97-98. — Lc3 octobre i359, le régent mande aux généraux députés sur le fait des subsides de lui envoyer sans délai aoôo royaux « pour être distribués pour causes secrètes à plusieurs gens d'armes qu'il entend envoyer en cerlai s lieux pour l'honneur et profit du Roy ». (Additional Charters, ubi supra, u° 825). Mandrment, du 12 octobre même année, à Thomas le Tourneur et Jacques du Chastel, « commissaires députez de par nouz, à cuillir et lever les subsides et aides à nous octroiez de nouvel en la ville et viconlé de Rouen t>, de payer au roi de Navarre « la somme de trois mille llorins d'or au mouton, les quelr nouz luy avonz octroyez et pour cause ». (-Bibl. nal., Fr. aû.38a, n° 68).
Histoire de Charles V. — II. 9
l3o LES PROJETS D*ALLtANCE DU REGENT
forts et de grands sacrifices furent faits, surtout en Basse-Normandie, pour purger la province des brigands qui la rançonnaient *^
Le régent revint à Paris le lundi 7 octobre, au matin 2, ayant voyagé assez précipitamment au retour, peut-être à cause de certaines nouvelles alarmantes qui avaient pu lui parvenir ^.
Pendant l'absence du prince, le roi de Navarre s'était rendu à Melun, pour faire exécuter une des clauses de la paix de Pontoise à laquelle les Parisiens attachaient le plus de prix, c'est-à-dire pour faire évacuer le château de Melun, où une partie ali moins de la garnison navarraise s'obstinait à rester*. Les événements des mois précédents avaient démontré le danger qu'il y avait à laisser aux mains de la veuve de Philippe VI, de la sœur de Charles le Mauvais, une forteresse qui commandait aussi directement le cours de la Seine. Le jour même où la paix était faite avec Charles le Mauvais (2 1 août iSôg), un autre arrangement élait conclu entre le régent et Blanche de Navarre, pour modifier l'assiette de son douaire ^. La reine cédait au dauphin « le chastel et la ville de Meleun », ainsi que les autres châteaux et forteresses qu'elle avait tenus jusque-là. Elle renonçait à une rente de 2. 000 livres qu'elle prenait sur le trésor. En échange, il lui était fait abandon des châteaux et villes de Vernon et Vernonnet, et de Pontoise, du château de Neaufles, près de Gisors et de ses appartenances, de toute la vicomte de Gisors, la ville et le château exceptés, des vicomtes, chatellenies, châteaux et villes de Châleauneuf-de-Lincourt et de Gour-
1. A. Goville, op. cit., 96-96. — Le régent ne demeura pas complètement étranger à ces efforts. Voy. le mandement du 3 oct. i35g, visé dans la note précédente.
2. Gr. Chr., VI, iG/i : « Le lundy, vu' jour du mois d'octobre ensuyvant, retourna le dit régent de Rouen à Paris;' et entra le dit lundy, environ soleil levant, à Paris, acompaignié de xvi hommes de cheval ou environ ; et avoit chevauchié toute nuit, car le dymenche précèdent il avoit souppé bien târt à Vemon, et de là s'en vint toute nuit à Paris ».
3. Dès le la octobre, il écrit aux habitants de Montpellier qu'il a « nouvellement entendu tout pour certain que le roy d'Engleterrc est entré en mer et vient descendre à Galays ou en Normandie etc.». (Arch. comm. de Montpellier. Fonds du Grand Chartrier, D, xix).
Ix. Gr. Chr. VI„ i6a.
5. Pontoise, ai août iSôg (Bibl. nat., Fr. 25.701, n* i5i. Vidimus sous le scel de la prévôté de Paris ; 3o octobre i35g. — Arch. nat., K. 48, n" 10. Même acte avec la ratification de Jean 11 : Paris, janvier i36i. Vidimus sous le scel de Guill. le Barbier, vicomte de la vicomte de Gisors pour la reine Blanche; — JJ. 90, fol. i(i8"-i69, W 329).
LA I»A1X AVEC LE hOI DE NAVAKRE i3i
nay *. Ce remploi lui assurait un revenu égal à son ancien douaire, spit la somme de 18.578 livres tournois, y compris les deux mille livres pavées par le trésor.
L'intervention du roi de Navarre ne hâta en aucune façon la reddition du château de Melun, quoiqu'il y fut resté quatre ou cinq jours auprès des reines Jeanne et Blanche. Quand il partit, les Navarrais étaient toujours dans l'île. Ce qui paraissait le plus dur aux Parisiens, c'est qu'on levait, sur toutes les marchandises passant sous l'arche du pont de Melun. un péage fort lourd, destiné à payer, à la garnison navarraise du château, l'arriéré de ses gages. Or, les services qu'on rémunérait n'avaient consisté qu'à piller, détrousser et tuer les u Français ^ ».
Creil fut délivré encore plus difficilement, quoique le roi de Navarre eut promis d'ohtenir le départ de Foderynghay, si on payait à ce dernier la somme de six mille royaux d'or. Lorsqu'elle eût été réunie, Foderynghay ne voulut pas s'en contenter et exigea davantage 3. On réussit pourtant à le faire partir, à la fin du mois d'octobre, par suite de je ne sais quels arrangements ^ Mais la garnison de Creil avait à peine quitté son repaire qu'elle en trouvait un autre à peu de distance, à Pont-Sainte-Maxence, dont elle s'empara grâce à des intelligences que les Navarrais avaient dans la place (12 novembre) 2. Moins d'une semaine après, Charles le Mauvais laissait violer par le captai de Buch, de la façon la plus audacieuse^, la paix jurée à Pon toise. Le captai était venu à Mantes auprès du roi de Navarre, « son cousin et très spécial ami ». Comme il était au service du roi d'Angleterre, il lui avait fallu.
I. Vernon ; Eure, arr' d'Evreux, ch. l.dec'". — Vernonnel ; c" de Vernon ; bourg situé en face de celte localité, sur la rive droite de la Seine. — Neaufles-Saint-Martin ; l'ure, arr' des Andelys, c" de Gisors. — Châteauneuf-de-Lincourt = Neufchâle^en-Bray ; Seine-lnf", ch -1. d'arr' — Gournay : Seinc-lnf *, arr* de Neurchâlel-en<* Bray, oh.-l. de c°".
a. Gr. Chr., VI, p. iGj-iGS.