‹ Histoire de CharlesChapitre 98 sur 301 · LA MARCHE SUE LA BOURGOGNE · texte numérisé non relu

LA MARCHE SUE LA BOURGOGNE

était descendu pour en trouver jusqu'aux portes d'Aujierre. Il vint loger à Egleny, où ses hommes d'armes endurèrent plus de privations et eurent plus à souffrir des entreprises de l'ennemi que dans tout le reste de la campagne T

Dans le'même temps, un détachement, commandé par Roger Mortimer, comte de March, connétable ou maréchal d'Angleterre, arriva devant la petite ville de Saint-Florentin, défendue par Oudard de Rentyetneput s'en emparermalgrédesattaques répétées^. uEdouardlII, qui était passé près de Cerisiers ^ et de Brienon l'Archevêque *, vint l'y rejoindre, et toutes ces troupes campèrent vers l'Armançon, à l'eptoUr de Saint Florentin ^. » A peine réunies, elles se Séparèrent.

Le corps de Roger Mortimer s'écoula par la vallée du Serain, mettant à sac Ponligny et Chablis 6. La riche abbaye de Pontigny devait tenter la cupidité des hommes d'armes : « là, dit Froissart, vindrent plusieurs Anglais loger en ladite abbaye, et prirent et pillèrent tout ce qu'ils y trouvèrent ^ ».

Les diverses fractions de l'armée, rassemblées de nouveau, s'acheminèrent ensuite vers Tonnerre, en suivant le cours de l'Armançon ^. La ville, qui renfermait des approvisionnements considérables, fut emportée d'assaut, mais le château repoussa toutes les attaques *. u Les bons vins du pays arrêtèrent pendant cinq jours les assaillants, qui, « bien rafraîchis », gagnèrent Noyers, dont le château, alors considérable, dominait la vallée du Serain **• ». Le roi « ne voulut oncques consentir que l'on y donnât l'assaut car il en tenait le seigneurprisonnier**. ».

1. Scalacronica, ubi supra. — Egleny ; Yonne, arr' d'Auxerre, c"" de Toucy.

2. Froissart, V, aaS-aaii. — Voy. Er. Petit, op. cit., i83 et rt. a, qui rectifle une erreur de S. Luce {Froissart, LXIV, rt. 3) et donne raison au chroniqueur.

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