CHAPITRE VI
KAI88ANCB DE CDARUSS-ÉDODARD. — 84 JEUNESSE. — ÉDCCàTIOH. — GOUYHtKEUBS. — LE CHBTAUEB DE RàHSàT. — PBEHIÈRE CàHPAGHE. — LE SIÈGE DE GAETE. — LE CBAPEAU PERDU. — EXCUBSION EN ITAUE. — GÈNES , BOLOGNE , VENISE, FI/>- HENCB. — RETOUR A ROME. — LE MARÉCHAL DE BKRWICE. — COUR DU CHEVALIER DE SAINT-GEORGES EN 1740. — LETTRES DU PRÉSIDENT DES BROSSES.
Le 3i décembre 1720 (i), rarlillerie du château Saint-Ange fit retentir dans Rome ses foudres pacifiques, pour annoncer à la ville et au monde, urbi et orbiy que le ciel exauçait enfin les prières des fidèles qui, depuis six jours, par ordre du souverain pontife, demandaient la délivrance de la reine catholique de la Grande-Bretagne. Clément XI lui-même, à celte intention, avait prié officiellement la veille, jour de la fête de saint Thomas deCantorbéry, dans l'église dédiée à ce saint patron des Anglais (2). Le fils accordé à Jacques et à Clémentine naquit devant plus de deux cents témoins de tous rangs, convoqués au palais, résidence des Stuarts. Dans le nombre, on remarquait sept cardinaux, le gouverneur de Rome, 'des prélats, des protonotaires apostoliques, des ducs et duchesses d'Italie, des grands seigneurs de Pologne, des nobles anglais, écossais et irlandais, etc. , car Jac-
(1) 20 décembre, nouv. style. — Médaille n® XXV : Propidentia obstetrix,
(a) L'église dé San Tomaso di Cantorberi, del collegio inglese, fondée sur une ancienne abbaye, et bâtie en 1676 , par le cardinal de Norfolk.
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ques, dès le lo juillet précédent, avait invité, par une circulaire, les dignitaires de ses royaumes à être présents à la délivrance de la reine, et quelques-uns avaient tout bravé pour se rendre à ce devoir. Autour du berceau qui allait recevoir le prince, enfant de^ Texil , de riches présents attestaient aussi que les droits des races royales restaient imprescriptibles dans Rome catholique. Des langes, estimés 6000 scudiy avaient été consacrés par la bénédiction papale. La sage-femme se trouvait plaçée sous un dais splendide: c'était une Italienne, nommée Gitta, qui avait noiiseulement été gratifiée d'une somme de cent doublons donnée par Jacques , et des dons particuliers des membres du sacré collège , niais encore honorée du titre de comtesse (i). La comtesse Gitta , en montrant le nouveau-né aux témoins, s'écria, faisant allusion aux suppositions qui avaient attaqué la légitimité du père : « Ce n'est pas une supposition, au moins : voici un vrai prince! »
Le lendemain, des courriers partirent pour les diverses cours d'Europe, afin d'y notifier la naissance de Charles-Édouard-Louis-Philippe-Casimir. Ce furent les uomsde celui que la postérité devait connaître sous les deux premiers seulement (2). Un Te Demi solennel
(1) Jacques et CiéaicntiDe reçurent eux-mêmes personnellenoenl, à cette occasion, des témoignages éclatants de la munificence pontificale, entre autres le don du palais des Saints-Apôtres, 10 mille scudi du pape et 100 mille du sacré collège ; sommes auxquelles furent ajoutés d'autres présents encore le jour de la présentation du jeune prince au Vatican.
(2) Charles-Édouard est un nom consacré jusque sur le monument du prince dans Saint-Pierre de Rome : nous persisterons à le
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fut chanté dans la chapelle Sixtine en présence de Clément XI; et l'espoir superstitieux des Â.nglais fidèles se traduisit aussi au firmament , par l'apparition d'un astre nouveau, que les astronomes aperçurent, dit-on, pour la première fois le 3i décembre.
On a dit quelquefois que l'éducation de Charles- Édouard avait * été négligée: par éducation, il faut entendre, sans doute, l'instruction; ni les soins ni les leçons ne manquèrent cependant à son enfance et à sa jeunesse : ses gouverneurs et ses précepteurs lui inspirèrent de bonne heure le goût des arts; il devint même assez fort en musique; mais il est vrai de dire aussi qu'il écrivait très-inégalement l'orthographe, comme beaucoup de personnages illustres de son siècle, et comme on l'a reproché de nos jours sérieusement a Napoléon. Dans ses premières années , sa mère ne le perdit guère de vue, et ce fut d'elle qu'il tint l'héroïque fermeté de son caractère; miss Walpole, anglaise catholique, secondait les soins maternels.
Clémentine mourut lorsque Charles-Édouard avait déjà quinze ans, le 1 8 janvier 1755 (i). Elle était devenue mère d'un second fils, Henri- Benoît -Édouard - Alfred-Louis-Thomas, né le 20 mars 17^5, et appelé duc d'York; mais, même avant cette date, la bonne intelligence des deux époux avait été maintes fois troublée ; et l'on prétend que le choix des gouverneurs donnés aux jeunes princes, sans qu'elle fût consultée,
nommer ainsi , quoiqu'il signât quelquefois lui-même simplement Charles, P. of W. (prince de Galles).
(1) La princesse Clémentine Sobieska Stuart a son mausolée dans Saint-Pierre de Rome , à côté de celui de la reine Christine de Suède et de l'impératrice Mathilde.
fui au nombre des causes qui rendirent la princesse malheureuse. Jacques s'abandonnait volontiers à des favoris, et l'on ajoute que, malgré sa pieté, il eut aussi des favorites comme son père, entre autres, la comtesse d'Inverness, qu'il avait nommée gouvernante de ses deux jeu nés fils. La comtesse et son mari étaient protestants : autre sujet de griefs, ou plutôt prétexte dont Clémentine couvrit son antipathie pour l'un et pour l'autre. Quoi qu'il en fût, Clémentine l'emporta. Au comte et à la comtesse d'Inverness furent successivement substitués, comme gouverneurs et précepteurs, le chevalier de Ramsay, l'élève et l'ami de Fénelon; Murray, comte de Dumbar, et Thomas She- ' ridan.
Le chevalier de Bamsay n'ignorait pas qu'il faut de bonne heure corriger les mauvaises impressions de l'enfant, quand on n'a pu les prévenir. En sortant des mains des femmes, Charles-Édouard avait la peur du tonnerre; la lueur d'un éclair lui arrachait des cris d'alarme, et au moindre orage il fallait qu'on fermât les croisées. Ramsay l'habitua peu à peu à regarder l'éclair fixement , et le familiarisa si bien avec les sensations que cause le spectacle d'un orage, que son jeune élève finit par trouver du plaisir à en admirer les terreurs. Le cardinal Alberoni en complimenta un jour le gouverneur. « Un prince, dit le cardinal, avec son impétuosité méridionale, ne doit rien craindre, ni hommes, ni diable, ni Dieu; » — et, voyant que ce dernier mot lui était échappé devant des témoins qui se scandalisaient d'une pareille maxime sortie de la bouche d'un prince de l'Église, il reprit en souriant : « car,
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Dieu y monseigneur 9 nous devons plutôt l'aimer que le craindre.
Le jeune héritier de la fortune des Stuarts parla bientôt avec la même facilité langlais , l'italien et le français : — l'étude des langues vivantes n'est pas un travail pour les enfants. L'amour des arts et le goût de la musique sont aussi des inspirations à peu près spontanées sur le sol de la classique Italie. Le jeune prince ne résista pas au charme; mais ses sentiments de prince l'emportaient sur ses instincts d'artiste. C'est pourquoi la pensée de sa destinée lui donnait un air rêveur et quelquefois sévère, qui contrastait, avec les grâces plus légères de son jeune frère. Sous l'éclat du soleil d'Italie, Charles- Édouard semblait se plonger, par l'imagination, dans les brouillards de la Grande-Bretagne. De tous les monuments qui frappaient ses yeux, ceux qui rappelaient une gloire guerrière fixaient surtout sa réflexion secrète, et les voyageurs anglais l'intéressaient plus par leurs récits que les antiquaires par leurs commentaires sur les inscriptions de la grandeur romaine.
Il était dans sa quatorzième année lorsqu'il put avoir une idée de la guerre, et en recevoir directement les premières leçons à l'école d'un capitaine qui, issu du sang royal des Stuarts, avait conquis, sèus les drapeaux des Bourbons de France et d'Espagne, une des hautes renommées militaires de ce siècle. L'Espagne, en hostilité avec l'empereur Charles VI, avait mis le siège devant Gaëte. Le maréchal de Berwick , duc de Liria, passa par Rome pour aller prendre le commandement de l'armée assiégeante. Il demanda à Jac- ({ues de lui confier son fils, et obtint de l'emmener
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avec lui. Charles-Édouard prit congé de sa Sainteté, qui lui remit 3ooo scudi pour subvenir aux frais de son équipement. A l'armée, il trouva pour émule le jeune don Carlos d'Espagne (î); il suivit de près toutes les opérations du siège, et il était dans la tranchée lorsque la ville se rendit. Le maréchal de Berwick écrivit à son frère, le duc deFitzjames, en se félicitant de la (in d'un siège où il disait que, malgré sa courte durée, il avait plus souffert qu'à aucun autre de ceux où il s'élait trouvé.
C'était le jeune Charles-Édouard qui avait causé ses inquiétudes. « Immédiatement après son arrivée , ajoutait le maréchal, il m'accompagna à la tranchéè, où il paraissait n'avoir guères souci des balles qui sifflaient autour de nous. Le lendemain, j'étais dans une maison un peu à l'écart, et que les assiégés|me forcèrent de quitter, en y faisant tomber cinq à six boulets. Le prince de Galles vint m'y joindre, et aucune représentation sur le danger qu'il courait ne put l'empêcher d'y entrer. 11 y demeura quelque temps avec un admirable sang-froid, quoique les murs fussent criblés de balles. Son Altesse Royale, en un mot, nous a prouvé que, chez les hommes nés pour être des héros, la valeur n'attend pas les années. Me voici délivré de ces causes d'inquiétude , et je jouis de la satisfaction de voir le prince adoré par les officiers et les soldats. Il a des manières charmantes, et s'il en était autrement, je vous le dirais en confidence. Demain nous partons pour Naples, où je ne doute pas qu'il ne captive les
(i) Don Carlos détacha un diamant de son chapeau et le fixa do sa main au chapeau de Charles-Édouard^ en l'appelant Altesse Royale et prince de Galles. (Voy. Memoirs of Prince Charles Stuar t.) ,
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Napolitains aussi bien que nos troupes. Il n'a pas besoin qu'on lui souffle ce qu'il doit dire. Plût à Dieu que les plus cruels Jennemis de la maison de Stuart eussent été témoins de sa conduite pendant ce siège! il en aurait, je crois, ramené plusieurs. Je remarque surtout en lui une physionomie heureuse qui promet beaucoup ( i). »
Quelle que pût être la partialité du maréchal pour son royal cousin, cette lettre réfute suffisamment , il nous semble, ceux qui cherchaient déjà à représenter le jeune Charles-Édouard comme un prince mal élevé.
Pour se rendre de Gaéte à Naples, Charles-Édouard s était embarqué; pendant la traversée, ^on chapeau tomba à la mei-, et les matelots s'empressaient pour courir après avec la chaloupe; «Non, non, s'écria-t-il, en les arrêtant, ce n'est pas la peine, le flot le portera sans doute en Angleterre, où j'irai tôt ou tard le chercher moi-même (2). »
Après quelques jours passés dans le royaume de Naples, où il eut à la cour tous les succès qu'avait espérés pour lui le maréchal de Berwick, Charles-Édouard retourna à Rome, et le pape le reçut comme un vainqueur. Son père, qui était à Albano, l'embrassa avec lin juste orgueil, et, l'année d'ensuite, il lui permit d'aller encore assister à une campagne des alliés en Lombardie. Deux années plus tard, le 29 avril i737,-Charles-
(i) Je cite cette lettre d'après une traduction anglaise qu'on trouve à la fois dans les Mémoires du prince Charles Stuart de M. Klose et les Mémoires des Prétendants de M. H. Jesse.
(a) L*anecdote est rapportée dans le sens de cette réponse par le président Des Brosses. Quelques auteurs anglais, en la traduisant, font dire au priuce,: Laissez mon chapeau , j*irai en chercher un autre eu Angleterre.
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Édouard, sous le titre de comte d'Albany, fit uneexcursion de trois mois dans Jes principales villes de l'Italie septentrionale : il vit Parme, Gènes, Milan, Venise et revint à Rome par Padoue, Bologne et Florence. 11 avait dix-sept ans, et l'oisivetë pesait déjà à son imagination ambitieuse. Quelques hommages qui lui furent décernés lui prouvèrent du moins qu'il y avait encore hors de Rome quelques sympathies pour sa cause, à Gènes, où ses regards cherchèrent avidement le pavillon britannique sur la Méditerranée, l'envoyé d'Espagne et les nobles Génois vinrent le saluer. A Milan, le gouverneur de la Lombardie, le vieux général Von Traun, lui fit aussi sa cour et lui donna le titre de prince de Galles. A Venise, il fut invité à assister aux séances du sénat, et y prit place sur le siège réservé aux voyageurs couronnés. Il rencontra dans l'église de Saint-Georges le jeune électeur de Bavière, celui qui devait disputer la couronne impériale à Marie Stuart. A Bologne, le cardinal légat et quatre sénateurs allèrent au-devant de lui. A Florence, le résident anglais eut assez d'influence auprès du grand-duc pour que celui-ci ne l'admît pas publiquement à la cour; mais il ne put empêcher la ville de lui donner des fêles et des bals. La maison de Hanovre, jalouse de ces manifestations, témoigna son mécontentement au .résident vénitien Businiello, qui eut ordre de quitter Londres sous trois jours.
Charles-Édouard cependant rentra dans sa retraite impatient de causer de plus sérieuses inquiétudes à lafamiUe régnante d'Angleterre, mais forcé d'attendre encore plusieurs années l'occasion favorable. Tantôt à Albano, tantôt, et plus souvent, à Rome, son père
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continuait à attendre pieusement la volonté du ciel, à l'ombre du trône pontifical , et se contentait plus facilement des stériles honneurs accordés autant à son infortune qu'à ses droits. Horace Walpole a fait,' à la date de 1 740 , un tableau assez triste de la maison du prétendant (i). Nous citerons ici de préférence quelques passages des lettres d'un voyageur français, le président Des Brosses , qui vit aussi, à peu près à la même époque (i 740)? le chevalier de Saint-Georges et ses deux fils. Le président écrivait à MM, de Tournay et de Neuilly :
« J'achèverai avec vous ma tournée de visites importantes parcelle du roi d Angleterre : le traite ici avec toute la considération due à une majesté reconnue pour telle. Il habite place des Saints-Apôtres, dans un vaste logement qui n'a rien de beau. Les troupes du pape y montent la garde comme à Monte-Cavallo, et l'accompagnent lorsqu'il sort, ce qui ne lui arrive pas souvent. Sa maison est assez nombreuse, à cause de quelques seigneurs de sa nation qui hii sont restés attachés, et qui demeurent avec lui. Le plus distingué de ceux-ci est mylord Dunibar, Écossais, homme d'esprit et fort estimé, auquel il a confié l'éducation de ses enfants, quoiqu'il fasse profession de la religion anglicane, ce qui peut être un trait de politique. Le prétendant est facile à reconnaître pour un Stuart^ il en a toute la figure; il est d'une taille haute et assez mince , fort ressemblant de visage aux portraits que nous avons du roi Jacques II son père, et même au feu maréchal de Berwick, son frère naturel,
(i) Voir l'Appendice de ce volume.
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si ce n'est que le maréchal avait la physionomie triste et sévère, au lieu que le prétendant Ta triste et niaise. II ne manque pas de dignité dans les manières. Je n'ai vu aucun prince tenir un grand cercle avec autant de grâce et de noblesse. Il lui arrive quelquefois d'en tenir, jualgré la vie retirée qu'il mène. N'étant ni d'âge ni en état d'avoir le faste extérieur qui entoure habituellement les souverains, cherchant d'ailleurs à se rendre agréable dans une ville à laquelle il a tant d'obligations, il met toute sa dépense d'apparat à faire donner de temps en temps aux dames, par ses jeunes fils, quelques fêtes publiques, où il vient figurer pendant une heure. Il est dévot à l'excès. Sa matinée se passe en prière aux Saints-Apôtres , près du tombeau de sa femme. Lorsque ce prince vient se mettre à table, ses deux fils, avant que de prendre place, vont se mettre à genoux devant lui , et lui demandent sa bénédiction. Il leur parle ordinairement en anglais, et aux autres, en italien ou en français. Des deux fils du prétendant, l'aîné est âgé d'environ vingt ans , l'autre de quinze. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils sont connus ici sous les noms de princes de Galles et de duc d'York. Tous deux ont un air de famille, mais le cadet a, jusqu'à présent, une fort jolie figure d'enfant. Ils sont aimables, polis, gracieux; tous deux montrant un esprit médiocre et moins formé que des princes ne doivent l'avoir à leur âge. Le cadet est fort aimé dans la ville, à cause de la beauté de sa figure et de la gentillesse de ses manières... f entends néanmoins dire à ceux qui les connaissent à fond^ que F aîné vaut beaucoup mieux ^ et qu^il est plus ch éri dans son inté^ rieur; qu^ila de la bonté de cœur et un grand courage y
qu'il sent vivement sa situation, et que s'il n'en sort pas un jour, ce ne sera pas faute d'intrépidité.
ce Les jeunes princes sont tons deux passionnés pour la musique, et la savent parfaitement : l'aîné joue trèsbien du violoncelle ; le second chante les airs italiens avec une jolie petite voix d'enfant du meilleur goût. Us ont, une fois la semaine, un concert exquis : c'est la meilleure musique de Rome. Je n'y manque jamais. Hier, j'entrai pendant qu'on exécutait le fameux concerto de Corelli, appelé la Notte di Natale; je témoignai du regret de n'être pas arrivé plus tôt pour l'entendre en entier. Lorsqu'il fut fini, et qu'on voulut passer à autre chose , le prince de Galles dit : « Non, <c attendez ; recommençons ce concerto ; je viens d'ouïr a dire à M. Des Brosses qu'il serait bien aise de l'en- « tendre tout entier. » Je vous rapporte volontiers ce trait, qui marque beaucoup dépoli tesse et debonté(i ). )> Le président avait raison : chez les princes comme chez tous les hommes bien nés, la véritable politesse est l'expression du cœur.
(i) V Italie il y a cent ans, tome II, page 99. C!est sous ce titre qu'ont été réimprimées, en i836, les lettres du président Des Brosses.
DK CUABLES-BO0UA.BD.