‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 57 sur 78 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

M0GYELLB8 SOLLICITATION» ET NOCTEAUX DÉLAIS. — CHARLES-ÉDOUARD SE REND A PARIS. — LETTRE A LOUIS Xy. — DÉTERMINATION AUDACIEUSE. — LA FAKLLE WAL8H. — L'ELISABETH. — • LA DOCTELLE ET LE LION. — DÉPART POUR l'EGOSSE. — NOUTELLB LETTRE DU PRINCE A LOUIS XY. — LETTRE A H. 0*BRYEN. — LA TRAVERSÉE. — DÉGUISEMENT. — COMBAT NAYAL. ^ ARRIYÉE AUX HÉBRIDES. <

Après être allé passer (]uelque temps au château du duc de Fitz-James en Picardie, Charles-Édouard , impatient de tant de réponses évasives, laissa entrevoir à ses amis qu'il était résolu à se jeter lui seul sur les côtes de l'ancien royaume de ses pères. Pour exécuter cette détermination chevaleresque, il fallait au moins quelque argent, et sur cet article le cahinet de Versailles était aussi très-difficile à émouvoir. Charles-Édouard emprunta donc comme il put, et pria son père de vendre tout ce qu'il possédait de bijoux. «Il mettrait en gages jusqu'à sa chemise, lui écrivait-il : quant à ses bijoux, il ne les porterait qu'avec un cœur triste, en pensant qu'on pourrait en faire un meilleur usage. S'il a emprunté, c'est donc pour acheter des armes et des munitions , etc. , etc. »

Le chevalier de Saint-Georges s'effraya de l'imprudence de son fils, et il le désapprouva. Quand l'intention du jeune téméraire fut connue en Écosse, des représentations lui furent adressées aussi par Murray de Brough ton, et d'autres membres du comité jacobite ; mais rien ne pouvait plus l'arrêter. Il comprit seule-

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ment qu'il avait besoin de se hâter, et de faire ses derniers préparatifs aussi secrètement que possible, pour surprendre à la fois amis et ennemis.

Parmi ces nobles cavaliers des trois royaumes qui avaient tout sacrifié au devoir de suivre les Stuarts dans l'exil , était la famille Walsh , originaire d'Irlande. Sous la république, les Walsh avaient partagé la fortune errante de Charles II. A la restauration, rentrés avec ce prince , ils trouvèrent la plus grande partie de leurs biens confisqués, ce qui ne les empêcha pas d'abandonner le reste quand Jacques II déserta le trône. Un lord Walsh commandait le navire sur lequel ce monarque vint en France. Envoyé en mission secrète en Angleterre, il fut reconnu, dénoncé, et arrêté. Ceux qui le conduisaient le firent entrer dans une taverne, et voulurent l'y faire boire avec eux. « Milord , lui disaient-ils, buvez à la santé du roi, qui vous pardonne! — En ce cas, dit lord Walsh, il fait plus que Dieu lui-même, puisqu'il pardonne à qui ne se repent pas. » En 17/p, les deux fils de lord Walsh, créés comtes par Jacques II, s'étaient retirés à Saint-Malo et à Nantes. On sait que les nobles bretons , quand la guerre ou les malheurs des temps les avaient ruinés, pouvaient déposer leurs épées au parlement, et exercer, sans déroger, le commerce ou toute autre profession. Les Walsh, qui avaient conservé quelque fortune, s'occupèrent de l'accroître en embrassant, l'un d'eux du moins, cet état d'armateur qui adonné à la France Duguay-Trouin et Jean Bart. Ce fut à M. Antoine Walsh, de Nantes, que Charles-Édouard s'adressa pour fréter F Élisabeth^ vieux vaisseau de guerre de soixante-sept canons qui

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pourrissait dans le port (i). M. Walsh (il mieux encore : fidèle aux traditions du dévouement héréditaire de sa famille, s'il eût pu cesser d'être noble dans le commerce, il le fût glorieusement redevenu, en consacrant tout ce qu'il possédait à l'armement d'une petite frégate de vingt canons, la Doutelle (ta). Afin de subvenir à une double dépense qui s'élevait à des millions, il eut recours à M. Rutledge, banquier, son compatriote, qui lui en avança une partie (3). Le marquis d'O prit le commandement de VÈlisaheth, M. Walsh lui-même celui de la Doutelle^ appelée aussi le bélier.

Quand Charles-Édouard fut averti que tout était prêt, qu'on n'attendait plus que lui, il quitta secrètement le château de Navarre près d'Évreux , où il

P (i) « C'éiait alors l'usage, dit Voltaire, que le ministère de la marine prêtât des vaisseaux de guerre aux armateurs et aux négociants, qui payaient une somme au roi, et qui entretenaient l'équipage à leurs dépens pendant le temps de la course. » Le roi et le ministre ignoraient, dit encore Voltaire, à quoi VÈlisaheth devait servir. — Ils l'ignoraient, ou fermèrent les yeux. Charles-Édouard écrivait à son père que VÉlUaheth devait aller croiser, avec autorisation, sur les côtes de TÉcosse, et l'escortait ainsi sans en avoir l'air.

(a] La Doutelle était-elle une frégate de ao canons, comme l'appelle Charles-Édouard lui-^iéme, ou de 3o, comme le dit le colonel Power? ( 7Vï^/eai/ de la guerre de la pragmatique sanction y a vol. in-8®; Berne, 1785.) N'était-ce qu'un brick de 16 canons, comme le veut M. Klose , qui cite cependant la lettre où Charles- Édouard l'appelle une frégate? C'est ce qu'il est difficile d'établir d'une manière positive. Dans une lettre à Edgard (i a juin), Charles- Édouard parle aussi d'une frégate de 24 canons prise par M. Walsh su r les Anglais, et qu'il faisait armer pour faire partie de l'expédition .

(3) C'était lord Clare qui avait présenté MM. Walsh et Rutledge à Charles-Édouard. Lord Clare était lieutenant général au service de France.

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résidait alors, chez son parent, le jeune duc de Bouillon, auquel il avait inspiré une tendre amitié (i). Avant de se mettre en route , il avait écrit plusieurs lettres qui ne devaient être remises qu'après qu'il se» rait en pleine mer. Une de ces lettres était adressée à Louis XV, la seconde à M. O'Bryen , qu'il n'avait pas cru devoir informer de son projet; les .voici toutes les deux :

t< MoNSIEtIR MON ONCL£,

« Après avoir tenté inutilement toutes les voies de « parvenir jusqu'à Votre Majesté, dans l'espérance « d'obtenir de votre générosité les secours nécessaires (c pour me faire jouer un rôle digne de ma naissance, « j'ai résolu de me fai^e connaître par mes actions, c( et d'entreprendre seul un dessein qu'un secours « médiocre rendrait infaillible. J'ose me flatter que <c Votre Majesté ne me le refusera, pas. Je ne serais « point venu en France si l'expédition projetée il y a <c plus d'un an ne m'eût fait connaître les bonnes « intentions de Votre Majesté à mon égard, et j'espère

(t) Dans une lettre insérée parmi les Culloden papers ^ le jeune duc écrit à Charles-Edouard qu*il peut disposer de sa fortùne et de son sang. Le château de Navarre, près d'Évreux ( ancien rendez-vous de chasse des rois de Navarre), a été, de nos jours, la résidence de l'impératrice Joséphine. Son fils, le prince Eugène, l'a vendu pendant la restauration. Ce château, que nous avons visité en i83a, a été, croyons-nous, récemment démoli par la bande noire. C'est celui dont Dcjilie avait dit :

L'ombre cGî grand Henri chérit encor Navarre : 1. 19

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« que les acddents imprévus qui rendirenl pour lors « cette expédition impraticable n'y auront rien changé, fc Ne puis-je pas me flatter en même temps que la vicie toire signalée que Votre Majesté vient de remporter « sur ses ennemis et les miens (car ne sont-ils pas les « mêmes) aura apporté quelque changement aux affoires, et que je pourrai tirer quelque avantage de « ce nouvel éclat de gloire qui vous environne? Je prie « Votre Majesté de considérer qu'en soutenant la juste tice de mes droits , elle se mettra elle-même en état « de parvenir à une paix solide et durable, unique « but de la guerre dans laquelle elle se trouve pré- « sentement engagée.Enfin, je veux tenter ma destinée, « qui, après les mains de Dieu, est entre celles de « Votre Majesté; si elle me fait réussir, elle trouvera « un allié fidèle dans un parent qui a déjà Thonneur « d'être, avec rattachement le plus respectueux,

ce Monsieur mon oncle,

« De Votre Majesté , le très-affectionné neveu ,

a Charles P. »

Nmrre, le 12 juin 174S.

A M. O'Bryen.

ce Si vous êtes aujourd'hui étonné du parti que je « prends, du moins vous ne le devez pas être de ce e< que je ne vous en ai pas plus tôt fait part : je sais « les raisons que vous auriez eues de vous y opposer;

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«r mais comme j'ëtàb bièti résolu de passer outré, ^ns « avoir égard à ceà rai&oti6, j'ai voulu voUà épargner tt la peine dû m'en dUâUadôr inutilement ; en toute « autne occasion, j'aurais été bien aise de profiter de «t vos conseils aussi bien que de vos services dans « ï'^xéculion de ce que j'avais déterminé dè feire.

« A présent, je compte beaucoup dUr voire zèle et « vos lumières pour me procurer les secours dont j'ai <K besoin 4 vous savez ce qu'il me faut, et lés avantages a qui en reviendront à la France de tnè l'avoir aô- « cordé% .

« Si l'on ne veut pas me geeourir en gro;f^ qu'on le a fasse du moins e/e démili faites, je vous prie, les « plus viveâ instances là^dessus^ et quelque chose que « vous pébsiezdemon entreprise, n'oubliez rien pour «c la faire valoir. Je sais qu'il n'y a que le succès qui « la puisse justifier aux yeux du public; mais j'espère <i que mes amis en jugeront autrement, et qu'ils ne <i me traiteront pas de téméraire^ pour avoir tout ris^ « que plutôt que de traîner plus longtemps une vié <^ indigne de moi^^méme^

« Dans l'état où je me trouve , les partis les plus « hardis sont les plus sages.

K Adieu; j'espère vous donner bientôt de mes noU- « velles des montagnes d'Écosse.

« Votre bon ami ,

d Charles P.

Lé prince écrivait aussi et plus longuement à son père, en s'excusant d'aller tenter de lui rendre sa couronne et à ses sujets leurs libertés; il était forcé de tout

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risquer, ajoutait-il, pour son honneur et sa réputation; il lui rappelait qu'il ne faisait d'ailleurs que ce qu il avait fait lui-même en 171 5. 11 avait cherché par fous les moyens et tous les stratagèmes {^i) , à avoir accès auprès du roi de France et de son ministre, mais inutilement. 11 espérait que s'il lui arrivait quelque malheur, ce serait du moins pour la cour de France un motif de plus de s'intéresser à la cause de son père : le danger et la* mort {la mort de Curtius pour sauAfer sa patrie) lui plairaient à ce prix. « Votre Majesté voit a maintenant pourquoi je la pressais si instamment tf de mettre en gage mes bijoux, ce que je la supplie « encore de faire immédiatement, car j'ai l'intention « de ne pas revenir, et l'argent, après les troupes, me ce sera cUi plus grand secours. Je dois au vieux Waters « 60,000 liv. , et au jeune Waters plus de 1 ao,ooo, etc. »

Dans une quatrième lettre, adressée à M. Edgar, Cbarles-Édouard recommandait encore plus expressément cette double dette, qui lui avait servi à acheter des fusils, des sabres et vingt petites pièces de campagne. Outre ces armes et ces munitions, il disait emporter avec lui quatre mille louis en or dans sa cassette.

Ce fut le a juillet 1745 que Charles-Édouard, retenu depuis plusieurs jours parles vents contraires, s'embarqua à Saint-Nazaire, à l'embouchure de la Loire, sur un bateau pécheur pour aller à bord de la Dou-^ telle. A Belle-Isle, où était le rendez- vous, il attendit

(i) «J'ai eu recours à tous les moyens et à tous les stratagèmes pour obtenir accès auprès du roi de France ou de son ministre, et sans effet.» [Lettre de Charles-Édouard, datée du, château de Navarre f i^Juin 1744*)

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encore jusqu'au i!i que tÉlisabeth l'eût rejoint (i). Les deux bâtiments mirent à la voile. L'équipage de la Doutelle ignorait que le prince était ^ bord. II passait pour un séminariste récemment sorti du collège des Ecossais de Paris , et se rendant auprès de sa famille. Son costume était celui d'un ecclésiastique. Ses sept compagnons étaient le marquis de Tullibardine, duc d'Athole , qui depuis i «7 1 5 était privé de son titre; sir Thomas Sheridan , gentilhomme irlandais , qui avait été un des gouverneurs du prince; sir John Macdonald^ officier au service d'Espagne; Eneas Macdonaldy banquier, de la même iamille que sir John, et fixé à Paris; Francis Strickland, Kelly, Irlandais compromis dans divers complots en Angleterre; O'Sullivan , Irlandais (2). II faut ajouter à cette liste le messager Buchanan , qui avait été chargé par le cardinal de Tencin d'aller chercher Charles-Édouard à Rome en 1743.

Le quatrième jour, après avoir quitté Belle-Isle, VÉlisabeth et la Doutelle rencontrèrent le Lion, vais-

(i) Po&t-scriptum d'une lettre à M. Edgar {secrétaire du chevalier de Saint-Georges

Rade de Belle-Isie, 12 juillet :

« Ayant attendu ici une semaine, non sans quelque anxiété, nous avons enfin l'escorte que nous attendions, et qui vient d'arriver. CTest un vaisseau de 68 canons, avec sept cents hommes à bord. Je suis, grâce à Dieu , en parfaite santé; j'ai eu un peu le mal de mer, que je m'attends à avoir encore davantage ; mais je ne me couche pas à cause de cela , car je trouve que plus je lutte contre le mal , mieux je suis. »

(a) Selon quelques mémorîographes, O'SuUivan ne rejoignit le prince que plus tard, et Buchanan était le septième des sept bra«ves de Moidart , comme on les appela.

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9eau de $8 Gdnoq$> commande par le os^taine Breti, depuis lord Percy > olGci^r qui &'ét£|it di^tiogué en 1 740 dans Texpéditiop de Iqrd Àn^n <^otre le^ isoloiiif»! espagnoles (i). Ce fui le capitaine de F^Usi^b^, h marquis d'O ^ qui engagea lo combat. I^es d^u^ vai$* ^us se çanonnèrent pead^Pt çînq beur^ £^\eo aobw^ nemem, iJn boulet atteignit le macquis d'O, qi>i fut remplace aussitôt par M. 3f^rt, sn» tieqtenaut » digWQ de poirter qe pom redouté des Anglaîa* capUamir du Lion fut blessé et perdit se» lieutenauts^ Également maltraités^ le« deux vaisseaux, cc^rant le oombu;! d'mi commun accord à la nuit tombante, et puèrent. \^ ports les plus proches. Ne pouvai^t plu$ teuir la mw» fJÉUmàeth reto\irqa à Brest y ce qui prîya 1^ pnace dt toutes ses armes et munitions.

Sur cette même m^r, Marie^tuart etHctpriette d'An* ^eterr^ avaient été autrefois, avec d^a cirçoQstaaçeïS à peu près semblables, suivies de près, Marie par loi vaisseaux d'ÉUsabelb ^ Henriette par los oroiseurs du parlement. lienriettei elle aussi^ digne fiUed^HeurilY» avait entendu , avec une héroïque émotion, le bruit de la oanonnade. « Ne répondes! pas , avait^le dit au oa* pitaine, mettez toutes voiles dehors; mais si nous ne pouvons échapper, mettez le feu au magasin à poudre et faites-moi sauter plutôt que de me laisser tomber aux mains des ennemis dç mou épou:^ (i^^ >»

Au bruit du premier boulet „ Gharl^srJÊdouard, qui regrettât de ne paa être sur rÉlisabetk, était aecoun»

(i) Le même, selon lord Mahon, qui avait priii^Baîka d'aiMut.

Iti»^ StFki(liw4 ( Qt^fiius ofMjfgimciy iook, Vili) a su ivou-^ ver de nouveaux et curieux éùe^fÊfn&nts mv ecHe prsncessa.

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sur le pont delà Doutellef et avait demandé uneëpéey oubliant Thabit qoi le déguisait» M. Walsfa^ usant de son autorité de capitaine et d'armateur du navire, prit le prince par le bras en lui disant : c Monsieur l'abbé ^ voire place n'est pas ici y descendez à la chambre des passagers. » Charles*Ëdouard ne rentra pas dans son rôle d'emprunt sans avoir insisté pour que la Chutelle ne laissât pas tout l'honneor de l'action à fÉlisabeih; mais par deux fois la frégate ^ ayant tenté de i'ap* procher ek^ lion y fut repoussée par ses canons de ro« traite» Avant la fin du combat. M» Walsh se décida h continuer sa route dans la direction des Hébrides.

Vers le sud de Long-Island, furent signalés trois vaisseaux de guerre qu'on évita heureusement en longeant le bord occidental de l'île de Ban*a, et en jetant l'ancre entre les deux îles de South-Uis et Êriska, le a août 1745, ou 11 juillet, v. s.

« En vue du rivage, dit une relation dictée par Eneas Macdonald, un aigle parut au-dessus de la frégate, et continua d'y planer jusqu'à ce que Charles-Édouard et ses compagnons eussent tous mis pied à terre. * Avant de dîner, le duc d'Athole ( marquis de Tullibaidine) avait aperçu l'aigle, mais (comme il le dit ensuite à divers amis en Ecosse) il ne voulut pas alors y faire attention, de peur qu'on ne l'accusât d'avoir une hallucination de montagnard. Lorsqu'il remonta sur le pont, après le dîner, il revit l'aigle qui planait encore, et qui suivait les mouvements du navire; il ne put s'empêcher de le faire remarquer au prince et à ses compagnons , qui le regardèrent avec plaisir. Le duc, se tournant vers le prince, lui dit : «J'espère que voilà un excellent augure qui nous promet quel-

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que chose d'heureux : le roi des oiseaux vient saluer Votre Altesse Royale à son arrivée en Écosse (i). »

Il tardait à Charlesp'Édouard de débarquer dans le royaume de ses aïeux; il descendit dans l'île d'Ériska, et y passa la nuit dans la maison du tacksman, ou principal fermier. Avant de suivre le jeune prince plus loin y comme nous tenons à faire l'histoire des opinions aussi bien que celle des faits, voyons , par l'état des parti^ dans la Grande-Bretagne, si son aven^ tureuse expédition était un acte de folle témérité, ou un heureux trait d'audace digne du succès qui sembla d'abord la justifier.

(i) Jacobite Memoirsy from thé narrative of .£neas Macdonald and Duncan-Cameron , i vol. in-d^, édit. par R. Chambers. Ce volume n'a paru qu'en i836,à Édimbourg.

DE CflARLSS'ÉDOUÂRD.

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