DES OPINIONS EN ÉGOSSE DEPUIS 1688. — LES L0WL4NDS LES NOBLES. — GLAS
COIW FOYER DE WlUGS. — ÉDIMBOURG JACOBITB. ^ LES «IGPLANDS. ^ LES CHB», LES GENTILSHOMMES. — SOUVENIRS DE MONTROSE ET DE DUNDEE. — LES PORTS ET LES ROUTES MILITAIRES. — ACTES DE LA LÉGISLATURE ANGLAISE. R^ISTANCE DES MONTAGNARDS. — OOMPAGNIES INDÉPENDANTES. — • LA dYILISATiON DO PARTI DU ROI GEORGES. — POÉSIES JACOBITES. — LE SOMMEIL DE LA CLATMORE. — l'irlande en 1745.
Tout ce qui précède ne saurait s'appliquer à l'Ecosse que pour une partie des Lowlands ou bas pays; et là encore une civilisation moins avancée, l'influence moins directe du parlement et des intrigues de la cour, laissèrent longtemps aux passions politiques un caractère plus franc et plus prononcé qu'en Angleterre. Si, d'un côté, il restait au fond du cœur des wbigs d'Écosse beaucoup plus de vieux levain de puritanisme; de l'autre, le cœur des torys s'exaltait plus facilement au souvenir de l'entbousiasme cbevaleresque de leurs pères. Un moment, sous la reine Anne, YJcte cF Union j qui fut le fait des seuls chefs wbigs, avait rallié tous les partis dans une indignation commune, dont les sentiments de l'Irlande d'aujourd'bui, ralliée par O'Connell, peuvent donner une idée : ce sentiment de concorde s^était bien peu à peu affaibli; mais la vanité nationale, amoureuse de l'indépendance du royaume, pouvait encore balancer chez les whigs la haine des Stuarls, (andis que chez les jaco- ))ites elle augmentait la haine de la maison de Hano-
DE CHABLE»*BIX>UABD. ^ 317
vre. Le gouvernement établi pouvait surtout compter dans la basse Écosse sur la majorité de la classe moyenne du peuple ^ qui se composait de presbytériens proprement dits et de dissidents , que la peur dti papisme faisait trembler davantage encore; car sur cette classe agissait immédiatement le clergé, qui tenait bien plus aux intérêts de l'Église écossaise qu'à l'indépendance du pays. La haute aristocratie et la petite noblesse étaient généralement de la foi épiscopale. Les catholiques étaient en petit nombre; mais les épiscopaux n'étaient guère moins jacobites que les catholiques (i).
Des nuances d'opinion distinguaient aussi certaines villes : par exemple , la ville toute commerciale et industrielle de Glascow (a) avait été de tout temps moins dévouée aux Stuarts qu'Edimbourg, cité plus aristocratique, fière de son titre de capitale et de ses royales traditions. Édimbourg avait particulièrement ressenti en 1736 l'humiliation à laquelle l'avait soumise le gouvernement par suite du supplice du capitaine Porteous. Elle avait été défendue à Londres assez heu-
(1) Sur la rive nord du Tay, le presby térianisme , et par suite TopinioD whig, avait fait de grands progrès parmi le peuple, quoique la majorité des gentilshommes fût restée fidèle au culte épiscopal et au souvenir des Stuarts; dans les comtés du sud et de Touest, la religion établie était la religion dominante parmi les gentilshommes et le peuple.
(2) La révolution de 168B avait été accueillie à Glascow avec plus d'enthousiasme que dans aucune autre ville d'Éi*osse. Une grande sédition y éclata, en 1720, au sujet de Taugmentatiou des taxes sur la bière. Les Jacobites y jouèrent leur rôle et attisèrent le feu, mais sans qu'il y fût directement question des Stuarts.
318 * HISTOIBE
i*eusement par le duc d'Argyle; mais il répugnait à son orgueil de capitale de n'être plus que la clieute d'un grand seigneur, quelque grand qu'il fût.
En 1745, on trouvait encore dans les comtés des Lowlands de nombreuses racines du système féodal , modifié, il est vrai, par la civilisation générale, plutôt que par les lois nouvelles. Chaque baron était encore le juge civil et criminel de sa baronnie. Ce pouvoir, exercé par un subdélégué , lui soumettait ses fermiers et ses paysans corps et biens. Ceux-ci ne pouvaient se refuser à certains services de corvée, ni s'affranchir de l'obligation de porter leur grain au moulin du seigneur et leur houblon à sa brasserie. En général , le baron jouissait avec modération de ses droits; et alors il regagnait en influence ce qu'il perdait en revenu. Si les habitudes belliqueuses de l'Écosse s'étaient conservées dans les Lowlands , cette influence eût pu être dangereuse au gouvernement dans les comtés mal disposés pour lui, d'autant plus que, parle serment exigé de tout fonctionnaire, on excluait de l'administration les fils des vieux gentilshommes jacobites, et que ceux-ci, repoussés des emplois de leur pays, allaient volontiers servir sur le continent et revenaient plus jacobites qu'auparavant; mais insensiblement les mœurs étaient devenues dans la basse Ecosse aussi pacifiques qu'en Angleterre.
Si les habitants du bas pays différaient encore par leur esprit et leurs mœurs politiques de l'Angleterre, les montagnards différaient bien davantage encore de leurs voisins immédiats. Sous le rapport de la religion, la réforme avait difficilement pénétré au delà des monts Grampiens; le catholicisme régna plus long-