‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 64 sur 78 · S HISTOIRE · texte numérisé non relu

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le 23, à Tay-Bridge; le 24, à Trinifuir; et le 25 , à Dalnacardoch. Ce fut dans l'auberge solitaire de ce nom qu'il fut joint par le capitaine Scott, cet oflficier cju régiment de Guise ( infanlerie ), qui avait été fait prisonnier par les Mac-Donalds se rendant de Ruthwen au fort William , el que Charles-Édouàrd avait relâché sur parole, après l'avoir rendu témoin des acclamations qui avaient salué son étendard à Glenfinnin. Lorsque cet officier avait quitté lés Highlanders , ils étaient quatorze cents hommes ; mais on lui avait dit à Dalvsrhinnie que leur nombre s'élevait déjà à plus de trois mille, et il n'avait aucune raison d'en douter, ayant rencontré de tous côtés des détachements qui se rendaient auprès du prince au son des cornemuses. Non-seulement aucun Highlander ne se pressait de venir se ranger sous la bannière de sir John Cope (i) , mais encore tous ceux qui faisaient partie depuis longtemps des régiments anglais désertaient chaque jour.

Un nouvel incident révéla au général qu'il était en pays ennemi ; tous ses chevaux de transport lui furent dérobés en une nuit, ce qui l'obligea de laisser en chemin une partie de ses provisions, dont il n'entendit plus parler. Ses bœufs ne furent pas plus respectés que ses chevaux. Avait- il besoin d'un guide ^ ou de quelques informations sur les cantons qu'il traversait, le montagnard qu'on lui amenait, ou qui lui offrait volontairement ses services, se trouvait toujours, sous l'apparence d'une naïveté sauvage, jm espion rusé qui le trompait ou l'égarait, et disparaissait adroitement, une fois son rôle joué. Le capitaine Scott

(1) Les lecleurs de Rob-Roy se souviendront de la créature DougaL

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lui dit que les rebelles se proposaient de s'emparer de Corryarrack, immense montagne qui s'élève comme un rempart entre les Anglais et le fort Auguste. Ce rapport était confirmé par le président de la cour des sessions, qui, depuis le 1 5 du mois, était arrivé à sa terre de (^ulloden, près d'Inverness. 11 prévenait sir John Cope que, pour franchir Corryarrack, où le général Wade avait fait aboutir ses routes militaires, il fallait s'engager dans des ravins et des sentiers étroils et tortueux, appelés V Échelle du Diable y où il était facile à quelques hommes d'arrêter longtemps, et même de détruire une armée entière. Déjà on disait que le plus dangereux de ces défilés, appelé Snugborough, était gardé par un détachement de Highlanders, et qu'un autre détachement se proposait de tourner la montagne pour couper la retraite aux habits-rouges. Lorsque le méthodique général eut dépassé Dalvvrhinnie et se trouva en face de Corryarrack, la vue de ce gigantesque bastion , qu'il n'avait vu décrit dans aucun traité de fortifications, l'étonna sans doute un peu ; il pensa ne pas pouvoir aller plus loin sans avoir rassemblé un conseil de guerre, où furent convoqués tous les officiers supérieurs. L'avis unanime fuf d'éviter la rencontre des montagnards ; mais, pour n'avoir pas la honte de les fuir, au lieu de rebrousser chemin, on jugea plus honorable de se porter sur Invernesspar un long détour. Cette délibération fut rédigée et signée dans les formes; un corps d'avant-garde feignit de marcher droit sur Corryarrack, enseignes déployées, pour tromper l'ennemi , pendant que les régiments défilaient vers Blarigbigg, et là, faisant demi-tour à droite, prenaient la route

de Rutbven à Inverness. Le mouvement s'opéra en assez bon ordre; la fausse avant-garde se replia tout à coup sur le corps d'armée, qu'elle rejoignit en courant; et, le 27, sir John Cope entra dans Inverness.

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