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En même temps Jacques III écrivàil au ministre de Sa Majesté Très-Chrélienne :
« KV SECRÉTAIRE d'ÉTAT DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.
« Rome y ce 1 1 août 1745.
oc J'ai cru que je ne pouvais vous écrire par un « canal qui vous fut plus agréable que celui du car^ « dinal de Tencin, de qui vous recevrez cette lettre. «J'en joins une autre pour Sa Majesté Très-Chré- « tienne; je vous prie de la lui remettre, et d'en ap- « puyer le contenu avec toute l'efficacité de vos bons « offices auprès d'elle. En assistant mon fils sans délai, « c'est mettre une prompte et glorieuse fin à la guerre; (c mais si elle l'abandonne, il est perdu, et je pourrai « dire ma patrie avec lui. Âpres le compte que m'a « rendu M. O'Bryen de yos sentiments obligeants pour « nous, je ne saurais douter de vos dispositions. Je « m'adresse donc à vous avec toute confiance, dans « une conjoncture également critique et importante (c pour nous. Vous avez à cœur la gloire du roi, dont « vous avez la confiance. Vous avez, vous-même, des « sentiments dignes de la place que vous occupez ; « ainsi que ne dois-je pas espérer de vous , envers qui a j'ai tous les sentiments d'estime et d'amitié que vous a méritez si justement de moi ?
« Jacques, R. »
Nous trouvons annexée à ces deux lettres une apostille ministérielle; c'est M. le comte de Maurepas qui
DIS GHARLES-ÉDOUABD. 401
consulte son collègue , et lui demande : « Croyez-vous « qu'il convienne que le roi réponde ou ne réponde a rien à ce pauvre roi Jacques ? Un mot de consolate tion serait, il me semble » bien digne du bon cœur « de Sa Majesté. »
Politique vraiment sentimentale , qui avait besoin d'être réchauffée par la victoire de Preston-Pans !
Les jacobites anglais avaient besoin aussi de ce stimulant; et Charles-Edouard fit partir, le septembre même 9 pour l'Ainglelerre, un agent nommé Hickson, que les instructions écrites de la main du prince autorisaient à dire aux chefs du parti qu'ils seraient inexcusables devant Dieu et les hommes de ne pas venir le rejoindre immédiatement avec de l'argent et des provisions : « Je désire que le pays souffre le moins possible de la marche des troupes; qu'ils sachent qu'il ne s'agît plus de délibérer : aujourd'hui ou jamais! je suis résolu à vaincre ou à périr. Si je périssais, qu'ils voient ce qui les attend , eux et leur postérité. » Malheureusement M. Hickson fut arrêté à Nev^rcastle, et, ces instructions étant trouvées sur lui, on le mit en prison (i).
(i) CuUoden papers.