MANIFESTE, DÉCLARATIONS, LETTRES, ETC
DÉCLABATION Sfi SA MAJESTÉ JACQUES BOI (l).
Jacques VIII, par la grâce de Dieu roi d'Écosse, d'Angleterre, de France et d'Irlande, défenseur de la foi^ etc, à tous no» bien* aimés sujets, de quelque rang et qualité qu'ils soient, salut.
Ayant toujours porté la plus constante affection à n^tre ancien royaume d'Écosse, d'où nous tirons notre royale origine^ et où nos ancêtres ont régné avec gloire pendant la plus longue succession de rois dont puisse se vanter aucune monarchie jusqu'à ce jour, nous ne pouvons voir qu'avec le plus profond chagrin les maux que souffrent nos sujets sous une domination étrangère et usurpée, et les intolérables fardeaux journellement ajoutés à ce joug f ce qui nous devient encore plus sensible quand nous considérons l'affection et le zèle constant que la généralité de nos sujets de notre ancien royaume nous a témoignés en toute occasion, et particulièrement quaud nous eûmes la satisfaction d'être nous-méme au milieu d'eux (2).
Nous voyous une nation, fameuse par sa valeur, et hautement estimée par le plus grand des souverains étrangers, réduite à la condition d'une province , sous le spécieux prétexte d'une union
(I) Je publie cette pièce telle qu^elle fut écrite ou traduite en français dan^ les journatix du temps.
(2> AllUMonà 1715.
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avec un plus puissant voisin. £n conséquence de cette union prétendue, des taxes exorbitantes et sans exemple ont été imposées et levées avec rigueur, malgré toutes les représentations ; elles ont dâ produire cette pauvreté et cette décadence du commerce qu'on prévoyait aisément devoir être les conséquences nécessaires de mesures si oppressives.
Pour prévenir les effets d'un juste ressentiment, nos fidèles montagnards, peuple de tout temps belliqueux, ont été> privés de leurs armes. On a bâti des forteresses et l'on a mis des garnisons là où nulle invasion étrangère ne pouvait être appréhendée, et l'on a introduit chez eux un gouvernement militaire comme dans un pays conquis. Il est aisé de prévoir quelles peuvent être les conséquences de ces actes d*uue violence inouïe, si l'on n'y remédie à temps ; et il n'est pas moins manifeste qu'on ne saurait y remédier que par notre restauration au trône de nos ancêtres, dont les âmes royales n'ont jamais admis ces principes destructeurs.
Nous croyons inutile de rappeler quelle a toujours été notre sollicitude, et combien de fois nous avons exposé notre personne royale pour parvenir à cette grande fin , que la divine Providence semble maintenant nous accorder le moyen d'atteindre, en mettant nos bons et loyaux sujets d'Angleterre en état de secouer le joug sous lequel ils ont aussi senti leur part des communes calamités. Notre ancienne expérience ne nous laisse aucun doute sur la joyeuse et zélée concurrence de nos sujets d'Écosse pour l'achèvement de ce grand et glorieux ouvrage ; mais afin que la mémoire des troubles passés ne puisse empêcher personne de revenir à son devoir, et de retrouver le bonheur dont il jouissait auparavant, nous croyons convenable de publier nos gracieuses intentions envers notre peuple.
C'est pourquoi, par notre royale déclaration , nous pardonnons et remettons absolument toute trahison et autres crimes commis jusqu'ici contre le roi notre père, ou contre nous-même. Nous n'exceptons du bienfait de ce pardon que ceux qui, après cette publication, s'opposeront volontairement et méchamment à nous, ou ceux qui se montreront ou sembleront disposés a se montrer en armes contre notre service.
Nous déclarons en outre que nous voulons , dans le plus bref délai, convoquer un parlement libre, afin que, par l'avis et l'assis-
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tance d'uoe telle assemblée, nous puissions réparer les maux causés par une si longue usurpation, et délivrer notre peuple de l'insupportable fardeau du droit sur la drèche, ainsi que de toutes les impositions et les rigueurs qui ont été les conséquences de la pré-* tendue union ; en sorte que la nation puisse recouvrer Thonneur, la liberté et Tindépendance dont elle jouissait autrefois.
Nous promettons aussi, sur notre parole royale, de protéger, assurer et maintenir tous nos sujets protestants dans le libre exercice de leur religion, dans la pleine jouissance de tous leurs droits, privilèges et immunités, et dans la sure possession de toutes les églises, universités, écoles et collèges, suivant les lois du pays.
Nous sommes prêts à confirmer tout cela dans notre premier parlement, dans lequel nous promettons de passer tout acte qui sera j ugé nécessaire pour assurer à chacun la pleine jouissance de sa liberté et de sa propriété, pour encourager le commerce, soulager le pauvre, et consolider le bonheur général et la tranquillité de la nation. Sur tous ces points nous sommes pleinement résolus d'agir toujours par favis de nos parlements, et de n'estimer aucun titre autant que celui de père de notre peuple^ que nous mériterons toujours par nos constants efforts pour assurer le repos et le bonheur de tous nos sujets.
Nous nous appliquerons particulièrement à établir, encourager et maintenir la pèche et les manufactures de toile, dont nous sentons l'avantage pour la nation; avantages, nous l'espérons, qu'il nous était réservé d'assurer. Relativement à ceux qui paraîtront le plus zélés pour le recouvrement de nos justes droits et la prospérité de leur pays, nous prendrons soin de les récompenser suivant leurs rangs et leurs mérites. Nous promettons particulièrement, comme il est dit ci-dessus, notre plein, libre et général pardon à tous les officiers^ soldats et marins maintenant engagés au service de l'usurpateur, sur mer ou sur terre, pourvu qu*après la présente publication, et avant qu'il y ait eu aucun combat contre nos troupes, ils quittent ledit service et retournent à leur devoir; auquel cas nous leur payerons tout l'arriéré qui leur sera dû alors par l'usurpateur. Nous accorderons aux officiers leur même grade, sinon un peu plus haut encore; et à tous les soldats et marins une gratification de toute une année de paye pour leur empres-^ sèment à entrer à notre service
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De plus, nous promettons et déclarons que les vassaux de ceux qui, sans égard à notre présente déclaration, persisteront dans leur rébellion, et perdront par là tout droit à notre clémence royale, seront délivrés de leur première servitude, et que les terres qui Içur seront accordées par des donations et des chartes relèveront immédiatement de la couronne, pourvu que, sur la publication de notre déclaration, ils se déclarent ouvertement pour nous, et servent de tout cœur la cause de leur pays.
Ayant ainsi déclaré nos intentions à nos bien-aimés sujets, nous les requérons et leur commandons de nous assister dans le recouvrement de nos droits et de leurs propres libertés ; que tous nos sujets, depuis l'âge de seize à soixante ans, aient à se rassembler immédiatement sous notre royal étendard, ou qu'ils se joignent aux premiers qui se montreront pour nous dans leurs comtés respectifs; qu'ils saisissent aussi les chevaux et les armes de toute personne suspecte, et toutes les munitions, fourrages, etc., pour l'usage de nos troupes^
. Nous commandons aussi expressément à tous les receveurs, collecteurs, ou autres personnes qui peuvent être nanties de sommes levées au nom et pour l'usage de l'usurpateur, de retenir ces sommes entre leurs mains, jusqu'à ce qu'elles puissent les payer à quelque personne de distinction publiquement engagée à notre service, et les réclamant pour nous; leurs reçus seront une suffisante décharge pour les collecteurs, receveurs, etc.
Enfin, nous requérons tous les shérifs des comtés, intendants de seigneuries, et leurs députés respectifs, les baillis et tous les magistrats des bourgs royaux , et tous ceux à qui il peut appartenir, de publier cette déclaration dans les carrefdurs de leurs villes et bourgs respectifs; et là de nous proclamer, sous peine d'être poursuivis selon la loi, pour leur négligence d'un devoir si important.
Donné en notre cour, à Rome, le vingt*trotsième jour de décembre 1743, et la quarante-trobième année de notre règne.
DE GHABLES-SDOUABD.