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d'ailleurs, "besoin d'ai^enl : un seul de ces motifs aurait pu suffire. Guillaume, sur son invitation, se rendit à sa cour, tenue dans Cantorbéry. Ce fut là nue, moyennant dix mille marcs d'argent, Richard déclara qu'il rendait à Guillaume, «roi d'Ecosse pai' la grâce de Dieu,» les châteaux de Roxburgh et de Berwick, qu'il annulait toutes les obligations que son père lui avait arrachées en abusant de sa captivité, et qu'il rétablissait les limites des deux pays telles qu'elles étaient avant cet événement.
David, comte d'Huntingdou, frère du roi, combattit en Palestine sous la bannière anglaise. Éprouvé par des périls et des aventures non moins extraordinaires, il eut sa part de gloire, même à côté de Creur-de-Lion. Lors de la captivité de Richard , Guillaume donna deux mille marcs pour sa délivrance, soit en pur don, soit plutôt pour acquitter le reste de la dette de son royaume.
Sous Jean-sans-Terre et Henri III, l'animosité des deux peuples ne s'éteignit pas, mais n'éclata qu'en courtes hostilités; Guillaume et les deux Alexandre ses successeurs éludèrent toute espèce d'hommage qui eût compromis l'indépendance nationale; ils furent fidèles à l'alliance française, soutinrent les barons anglais qui réclamaient la grande charte, et donnèrent asile aux mécontents.
Alexandre III avait été iîancé à la fille de Henri III , et il se rendit à York pour l'épouser; le roi d'Angleterre voulait qu'il se reconnût son vassal ; le jeune roi répondit prudemment qu'il était venu « pour se marier, et non pour traiter d'affaires d'État, u Cette
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distinction était remarquable dans la bouche d'un monarque de quatorze ans.
La jeune reine fui emmenée en Ecosse, et se plaignit bientôt d'y être la prisonnière plutôt que l'épouse d'Alexandre. Henri envoya des commissaires pour vérifier les doléances de sa fille, ei, selon la chronique, ces commissaires exigèrent que le mariage ne fût pas seulement un lien politique (i). Alexandre III eut à repousser une formidable invasion du roi Hacco de Norwége, qui lui disputait la souveraineté des Iles Hébrides. Les Norwégiens furent vaincus à Largs, près de l'embouchure de la Clyde, et la tempête brisa ou fil échouer la plupart des vaisseaux de leur flotle. Pour prévenir le retour de cette querelle, un mariage fut conclu entre Marguerite, fille d'Alexandre, et le jeune Eric, successeur de Hacco.
Malheureusement le roi d'Ecosse, encore dans la fleur de l'âge, perdit ses deux fils. Il se remaria à Jollele, fille du comte de Dreux. Quelques jours avant celte union, il lui était apparu tout à coup un spectre infernal, comme celui qui, en France, troubla la raison de Charles YI. Le roi en éprouva une profonde terreur. Était-ce la personnification d'un de ces pressentiments indéfinissables qui affectent les tètes les plus fortes? Le pressentiment ne se vérifia que trop : il n'y avait que peu de temps qu'Alexandre avait
(i) Feceruni eos licenter in uno lecto ut xponsum et tponsi^oi condormire. Ils les firen[ s'endormir en époux et épouse dans un
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épousé Jollete, et il chevauchait près de Kinghom (le rocher du roi, nom donné à cette localité depuis l'évéuement fa(al), lorsque le pied manqua au cheval, qui tomba dans ua précipice avec son cavalier. Il ne restait des enfants d'Alexandre III que sa seule petitefille, née de Marguerite, mariée à Éric, roi de Norvège, et appelée du même nom. Ce fut en 1286 que Mai^uerite de Norwége se trouva ainsi héritière du trône d'Ecosse , à l'âge de trois ans.
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