‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 21 sur 72 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Parmi les rois descendants de Banquo qui apparaissenl à Macbelh dans l'antre des sorcières, il en est un qui tient trois sceptres à la main : cette flatterie de Shakspeare , adressa à Jacques ["d'Angleterre, repose sur une tradition qui faisait remonter l'origine des Sluarls jusqu'à Fleance , fils de Banquo. Le nom de Stuarl ou de Stewart exprimait la dignité héréditaire dont cette noble maison était investie en Ecosse depuis le i-oi David 1" (iia4), sous lequel Walter, fils d'Alan ( i ) , est désigné comme steward ou sénéchal du royaume. On sait quelles fonctious importantes exerçait le sénéchal dans le moyen âge; en France, où ces Ponctions parurent trop dangereuses dans les mains d'un seul sujet, elles furent divisées en deux charges encore fort considérables par ellesmêmes, celles de connétable et de grand justicier.

« Mais ici , je pense (c'est HoUinshed qui va raconter) que ce ne sera pas beaucoup m'écarter de mon but, si, suivant l'ordre observé dans l'histoire d'Ecosse, je raconte en quelques mots l'origine de ces rois descendus du susdit Banquo

a Fleance, comme il a été narré ci-dessus, se réfugia dans le pays de Galles, où bientôt , par sa conduite

(i) LesSiuarU étaient une ramille anglo-normande.

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DE l'anoletebhe et de l'bcosse- S9

courtoise et aimable, il gagna si bien la faveur et l'estinie du prince de cette contrée , qu'il n'aurait pu aspirer à davantage. Et à la fin U se fit une liaison si familière entre lui et la fille de ce prince, qu'elle devint mère; ce que le prince son père ayant appris, se montra fort courroucé contre Fleance, et tint sa fille en une blimble servitude, pour la punir de s'être laissé séduire par un étranger. Elle fut cependant délivrée d'un fils nommé Walter, qui, au bout de quelques années, devint un homme d'un courage et d'une vaillance au-dessus du commun, quoique (par ordre de son grand-père) il eût été élevé parmi les enfants dO peuple. Mais il n'en fit pas moins voir, dès la- plus tendre enfance, qu'il régnait en lui une certaine force de cœur prête à tenter de hautes entreprises.

« Il arriva que dans une querelle avec un de ses compagnons, après plusieurs paroles de bravade, l'autre lui reprocha d'être bâtard, conçu dans un Ht illégitime ; sur quoi Walter, irrité, courut sur lui, et dans sa rage le tua de sa main. Il fut alors charmé de pouvoir s'échapper du pays de Galles ; et étant allé en Ecosse y chercher des amis, il rencontra quelques-uns de ces Anglais venus avec la reine Marguerite , et se conduisit si convenablement dans leur compagnie, qu'il se fit grandement aimer d'eux. Bientôt après, s'étant acquis cette haute réputation, il fut envoyé avec une troupe nombreuse dans les îles d'Ecosse , dans le Galloway et autres parties du royaume , pour les délivrer de la tyrannie et de l'oppression qu'y exerçaient diverses personnes désordonnées ; laquelle entreprise il paracheva selon sa mission

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