BIBTOIBB DB LA RIVALITE
avec tant de courage el de prudence, qu'après son retour à la cour, il fut créé lord Stewart d'Ecosse, avec les allribHtions de recevoir les revenus du roi daus le royaume. »
Les descendants de Walter Stewart agrandirent leurs domaines par de riches alliances; et Robert , le septième sénéchal , petit-lils de Bruce par sa mère Mai^'orie, n'avait, sous ce rapport, d'autre rival que le représentant de la maison de Douglas; son père avait été un des compagnons de Wallace et un des héros de Etannockburn ; lui-même, il avait gouverné une première fois le royaume soùs la minorité de David II, et une seconde pendant sa captivité. Désigné par Robert Bruce et soutenu par les barons et le peuple , Robert Stewart triompha de la jalousie de David, et plus tard des prétentions de Douglas. Malheureusement, lorsqu'il s'assit sur le trône, quoiqu'il n'eât que cinquante-cinq ans, une vieillesse anticipée avait usé sa vigueur : son surnom de Robert le Chassieux prouve que ses sujets oublierait ses exploits pour ne plus voir que ses infirmités. « Or, s'en vint le roi Robert d'Escoche, qui était un grand bonhomme, à tout ungs rouges yeux, rebrachïs^ qui semblaient decindal (i). »
£n Angleterre, le règne illustre d'Edouard III se terminait par cinq années de faiblesse el de troubles intérieurs; le roi d'Ecosse n'en pi olîta que pour consolider sa propre administration , et se montra 6dèle aux traités , sans négliger de se lier toujours plus étroitement avec la France.
(i) Fi'oissaril.
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DE l'angletebbe et de l'bcobsb. 91
Ces dispositions pacifiques n'avaient point changé, quand Richard II succéda à son graod-père ; mais il lardait au Bis du Prince ^oir de se distinguer par quelques coups d'épée contre TÉcosse, et )es barons écossais commençaient à se lasser de leur long repos. Qu'étaient pour eux quelques incursions des fh)Qlières , après les grands combats des deux règnes précédents? Le nu aîné de Robert était affligé d'utie inBrmité qui le rendait impropre à la guerre; son frère, le comte de Fife, depuis duc d'Albany, et le lord Douglas, avaient la principale conduite des troupes; Lancastre et Norlhumberland étaient leurs redoutables antagonistes, les champions del'Angleteri'e. D'après une convention conclue entre la France et a le' riDi, royaume et communauté. d'Ecosse, j> les Français s'étaient engagés à Tournir à leurs alliés mille hommes d'armes, chevaliers et écuyei-s, douze cents armures complètes, et une grosse somme d'aT|;ent. Ce fut le célèbre Jean de Vienne, amiral de France, qui arriva dans le golfe du Forth , à la tête de cette o fleur de chevalerie et d'escurie, » comme l'appelle Froissard; les Français, cantonnés dans tes villages autour d'Édimboui^, trouvèrent d^bord très-plaisant de rire de leurs privations au milieu de la rude et pauvre Ecosse, u plus déserte qu'habitée, presque toute couverte de montagnes, et plus pleine de sauvagine que de bétail (il; » ils finirent par murmurer, et l'ordre de marcher contre l'Angleterre vint à propos les distraire de leur mécontentement ou de leur ennui. Ils aidèrent les Écossais à ravager le Northum-
(i) Le Lalwureur.
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93 HISTOÏKB DE LA.HIVAUTÉ
berland elle Cumberlaad, pendant que Richard H pénétrait de son côté en Ecosse jusqu'à Slirling. I^s Français, paraissaient surpris de cet échange de d^vaslalions; mais les Écossais leur firent comprendre qu'en suivant ainsi les dernières instructionsde Bruce mourant , ils revenaient chez eux quand ils avaient fait assez de butin , tandis que les Anglais ne trouvaient en Ecosse que des horions sans profit.
A la fin de la campagne, les auxiliaires français furent bientôt à charge à leurs hôtes, qui s'en débarrassèrent avec humeur, quoique sans vouloir payer leur passage ; aussi les Français répétaient , en parlant de leurs alliés, que « onques si mauvaises gens ne virent et ne trouvèrent si faulx, ne de si petite cognaissance. » Cependant, ils avaient été bien accueillis des dames et des damoiselles, au grand scandale des habitants , et Jehan de Vienne, entre autres, avait eu une intrigue avec une cousine du roi.
Deux ans après (i3d8), eut lieu ce fameux épisode des guerres du Border, célébré sous le nom de « /a bataille d'Otterbourne » dans les ballades écossaises , qui ont ici la plus grande analc^ie avec les chants nationaux des exploits du Cid en Espagne : aussi Froissard, dans sa chronique, en parle comme d'une cr des plus nobles rencontres de chevalerie » de l'époque.
Une nombreuse armée écossaise s'était rassemblée à Jedburgh pour entrer en Angleterre,3ous les ordres du comte de Pife , second fils du roi ; mais , apprenant que les Anglais se préparaient de leur côté à une invasiou de l'Ecosse, le prince se contenta d'envoyer (in délacbement d'environ cinq mille hommes dans
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DE L ÀNGLKTEBBE BT DB L ECOSSE. &S
leNorlliumberland. Douglas commandait celle troupe, le lordJames, comte de Douglas, et digne de porter ce nom si redoutable k l'Angleterre. Ayant traversé rapidement la Tyne, il ravagea l'évéclié de Durham et tout le paysjusqu'aux portes d'York. A son retour, il passa comme en triomphe devant les portes de Newcaslle, où étaient les deux 61s du comte de Northumberland , sir Henry Percy, le bouillant Hotspur de Shakspeare , et son Trère sir Ralph. Ils n'étaient pas en force pour arrêter Douglas; ils se contentèrent de le harceler, et Hotspur, dans un combat corps à corps avec son ennemi héréditaire, se vit enlever sa lance, à l'extrémité de laquelle flottait un pannonceau à ses armes. ■ Ce trophée, dit Douglas, sera placé sur la plus haute tour de mon château de Dalkeith. n — « Cela ne sera pas , répondit Hotspur. » — « Eh bien ! reprit Douglas, tu viendras alors celte nuit le chercher à la porte de ma tente, n Et il se remit en marche; mais il campa le soir, et ne s'éloigna pendant deu\ jours que lentement , comme pour donner le temps à sir Henry Percy de venir chercher son pennon.
Le troisième jour, Hotspur l'atteignit à Otterhourne , à la téie de plus de huit raille hommes qu'il avait enfin eu le temps de rallier. Les Écossais Turent à demi surpris; le choc fut terrible, et la victoire semblait devoir rester à su- Henry , lorsque Douglas, prenant sa hache d'armes à deux matns , fondit , suivi de son porte-bannière, dans les raugs anglais, y fit un carnage affreux , et seul rétablit l'avantage du côté des siens; mais lorsque les Écossais se pressaient sur ses traces victorieuses, il tomba percé de trois blessures mortelles. On l'entoure, on s'informe de son état.
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« Je me sens mourir, répondit-il froidement; mais il y a dans notre maison une propliétie qui promet qu'un chef mort gagnera une bataille; j'espère que cette prophétie va s'accomplir. Je meurs en Douglas, en plein air, et non dans ud lit de malade; vous autres, cachez ma mort à Vennemi : je vous confie mon étendard ; faites entendre mon cri de guerre, et vengez-moi. »
Il fut obéi et vengé; la déroute des Anglais Fut complète, et les deux Percy furent faits prisonniers. Maisl'armée rentra tristementen Ecosse, plutôt comme un long cortège de deuil que comme une armée victorieuse.
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DE L IReLETBBRE BT DB L «COSSE.