HISTOIRE DE LÀ BIVALIT
tournois : on y voyait briller le jeune duc de Rotbsay, héritier présomptif de Robert, et qui, plus léger que vicieux, semblait promettre 4 l'Ecosse un prince du caractère de cet Henri V, son contemporain, dont l'âge mûr racbeta si bien depuis les lorts d'une jeunessedissolue.Rollisay s'était distingué aussi pendant une courte invasion de Henri IV en Ecosse. Sa mère^ Annabella, espéra que le mariage changerait les mœurs de son fils; mais Tartificieux Atbany mit à prix la main de son neveu , qui fut forcé d'épouser la fille de Douglas, le plus haut enchérisseur des concurrents, au préjudice du comte de March , qui avait déjà fiancé* sa fille au prince, et avancé une dot moins considérable. March embrassa le parti anglais; et le jeune prince, respectant peu les oœuds d'un mariage intéressé, se fit de Douglas un ennemi personnel qui se ligua avec Albany, s'empara de son gendre, et le conduisit, d'accord avec Albany, au château de Falkland. Là, deux scélérats subalternes firent, dit-on, mourir de faim le fils du roi , dont la charité de deux femmes inconnues prolongea la vie de quelques jours, l'une d'elles lui donnant le lait de son sein à travers les barreaux de sa prisbn. Ce fut pour détourner l'attention publique de ce forfait que la gnerre fut reprise avec l'Angleterre, et les Écossais allèrent perdre à Holmidon-Hill une bataille où les P-ercy vengèrent la défaite d'Olterbourne. Plus tard , Henri IV les retrouva comme auxiliaires dans les rangs des rebelles que le comte de Northumberland arma contre lui.
Cependant le malheureux Robert III, retir-é dans son manoir patrimonial de l'Ile de Bute pour y pleurer son fils, avait découvert quels étaient ses vrais
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meurtriers; dans sa sollicitude pour le jeune Jacques, quiceslait encore à sa vieillesse, il le fit embarquer pour la France. Le navire fut capturé par un navire anglais, et le jeune prince captif envoyé à Henri IV, qui dit en riant qu'il parlait assez bien le français pour le lui apprendre, et lui épargner le voyage de ïVance? Celte nouvelle acheva de précipiter le vieux roi au tombeau, et combla les vœux ambitieux du duc d'AIban'y. Celui-ci régna désormais pendant treize années sans contrôle, sous le titre de régeut, jusqu'à sa mort, arrivée en i4i9> H eut son fils Murdoch pour successeur.
Dans l'intervalle , Henri V, qui avait succédé à son père, était presque eijclusivement occupé de ses guerres avec la France, se contentant de prolonger la captivité de Jacques. * Ce fut en France que les Ecossais firent la guerre : on en comptait plus de dix mille au service du Dauphin, et ce fut vainement que Henri V crut se faire un bouclier de la présence de Jacques dans son camp. Il y avait &hez eux un sentiment plus fori que l'amour du roi, et c'était toujours cette haine contre le nom anglais que nous verrons être longtemps encore l'expression caractéristique de la nationalit» écossaise.
I^ Dauphin avait confié aux Écossais, sous la conduite des comtes de Bucban et de Sluart de Damley, la défense de la province d'Anjou contre le duc de Clarence. Celui-ci, averti que les Ecossais étaient campés non loin du petit village de Beaugé, espéra les surprendre, et, laissant ses archers, parut tout à coup avec ses seuls hommes d'armes; mais une poignée de Français, retranchés dans une église, donna
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au comie de BucliBn le temps de ranger ses ti'oupes en bataille. Les Anglais, craignant de perdre une«occasion favorable, s'avancèrent sans prendre la peine d'emporter un poste aussi important; mais ils trouvèrent Buchan bien préparé. Clarence, distingué par une couronne d'or et des joyauY attachés à son casque, fut le premier tué de la main de Buchan. Avec lui périrent le comte de Kent, les lords Grey, Rosï , et plus de quatorze cents hommes d'armes. Les comtes d'Huntingdon et de Somerset restèrent prisonniers. Pour prix de ses services, le comte de Buchan fut créé connétable de France; plus tard, Stuart de Darniey reçut la seigneurie d^ubigny, et, faveur encore plus haute, un Douglq^, détaché des intérêts de Henri V, devînt duc de Touraine. Mais la fortune trahit ces braves auxiliaires delà France à Crevant et à la fatale journée de Verneuii : leurs débris devinrent les fameuses gardes écossaises de Charles VII.
Henri V n'était plus, et le duc de Bedford consentit à rendre la liberté au roi Jacques ; le régent Murdoch venait de jurer une nouvelle alliance avec la France ; Bedford pouvait espérer que Jacques embrasserait les intérêts de l'Angleterre par opposition aux vues du régent, qui l'a'vail laissé languir pendant dix-neuf ans dans les fers, sans se montrer très-empressé à traiter de sa rançon. Selon quelques historiens(i), Murdoch contribua lui-même à ramener le roi en Ecosse, pour se venger de ses fils , dont l'Indocilité envers lui allait jusqu'à la menace et l'insulte. On savait aussi à la cour d'Angleterre que Jacques aimait la belle Jeanne,
(i) Jenii Cnriier, Lelund, Mnmcreler , Pinkerton , c(r.
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fille du comte de Somerset, qu'il épousa en effet avant son départ. C'était la pelile>fille d'Edouard III par son père, et par sa mère elle descendait d'Edouard 1" : que ne devait-on pas attendre de son influence sur son époux! Mais Jacques, en amenant en Ecosse une femme anglaise, y apporta un cœur tout écossais. Fidèle à Charles VII, s'il ne le servit pas activement, c'est qu'il eut assez à faire chez lui pour punir JHurdoch et ses fils, réprimer les rébellions, et |aire respecter l'autorité royale dans les JïighJands comme parmi les nobles des basses terres. Ses- soins se portèrent sur tous les détails de l'admi- Di8lratq>n; il encouragea l'industrie et tes arts; mais il ne put étoutfer tous les ressenlimentsdesstiigneurs, qui élateqf grands surtout par l'anarchie. Il fut assassiné dans les bras de la reine, par une troupe de meurtriers qui pénétrèrent dans le château de Stirliog comme aurait pu'^aire une troupe de voleurs. Cette mort avait sufB sans doute à la vengeance des mécontents, car elle ne fut le signal d'aucune révolte, et les assassins, saisis au bout d'un mois, subirent le suppljce des traîtres, sans que rieo annonçât qu'ils eussent été les instruments d'aucun parti.
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