‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 25 sur 72 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Pendant la niiiiorité de Jacques II , il n'y eut entre les Anglais et les Écossais d'autres g^çrres t]ue les incursions des deux Borders ( rrontières) ; ^quand Jacques fut d'âge à régner, il eut d'abord à s'affrancliir de la redoutable tutelle des Douglas , que leur titre de ducs de Touraine enhardissait encore à sei^gafder tour à tour comme lei dominateurs de l'Ecosse et comme des souverains étrangers et indépendants. Il y avaik quelque analogie enire le rôle que jouaient les Douglas à cette époque en Ecosse et celui que jouèrent plus lard en France fts princes de la maison de Lorraine. Dans un tournoi donné k l'occasion dti mariage du roi avec Marie de Gueldre, le comte de Douglas parut avec une suite de cinq mille cavaliers. Il était alors lieutenant général du royaume. .Après qu'il eut été obligé de se dépouiller de cette cliat^e , il se sentit encore si puissant qu'il ne lui manquait plus que la courSnne. Il avait entraîné une grande partie des nobles dans* son parti, lorsque le roi le manda ^ la coui' : 'soit quç ce fût un plan concerté d'avance, soit que t'iqsolence d'un vassal aussi redoutable escilât la colère de Jacques, il eut avec Douglas une altercation si vive qu'il mit la main sur son poignard, et, dans une lutte d'homme à homme, il perça le cœur du comte. Ce fut Iç signal d'une insurrection.

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DE LANGLEIEHnK ET DE L E<:OSSE- 101

mais la victoire resta an moiiai-que. I^ feu couva encore sous la cendre pendant quelques années. Les intérêts de l'Angleterre, d'accord avec la vengeance des 1)oiiglas, rallumèrent la sédition en i45a. Cependaut cette alliance des révoltés, qui leur permît de lever une armée de quarante mille hommes, devait à la longue détacher le gros de la nation de leui* cause (i). Les Douglas eurent encore te dessous, Turent mis hors la lot, et dépouillés de leurs biens : ils n'euren't d'autre asile que l'Ànglelerie , où Jacques fit une Hicursion pour se venger de l'appui qu'ils y avaient trouvé.

Dans les guerres civiles des « deux roses,» Jacques prit parti pour la maison de Lancastre, et, marchant lui-même à la télé d'une nombreuse armée, il s'arrêta devant la 'forlere^ de Roxburgh, qui depuis longtemps était au pouvoir des Anglais. C'était pour rÉdDsse un monument humiliant des guerres des Edouard, et dont ta destruction valait pour l'orgueil •national une grande victoira. Pendant que le roi surveillait une décharge d'artillerie dirigée contre la forteresse, un caiv>n vint à grever, et un éclat de fer le tua sur la place. Marie de Cïueldre, la reine, accourut avec son fils , et , demandant vengeance aux soldats, célébra les funérailjes de son épouxpar la prise de RoxBui^h, qui fut rasé.

La mindi-ité de Jacques 11 avait été funeste au pays, celle de son fils fut l'époque la plus glorieuse du nouveau règne, grâce aux soins de la reine mèi'e et de l'évéque Kennedy, associé au gouvernement.

(i) Lcurc (le Jacques II :iii roi du France Clinrles VU.

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101 RISTOIRB DE LA BIVALITB

Quand Heori VI fut chasse du trôoe d'Angleterre^ la reine Marguerite et lui tiouvèrenl auprès de Marie de Gueldre la protection due au malheur. La cession de la ville de Berwick fut le pris de celte généreuse bo^iitalité. Cependant la paix était le premier besoin du royaume, et le politique l>ouis XI n'obtint pas de grands secours des Écossais dans ses querelles avec Edouard IV.

La mort de la régente et celle de l'évéque Keenedy livrèrent le jeune roi à l'influence d'un favori ambitieux,, le lord Boyd) qui contribua cependant à racquisilion des tles Orcades, en négociant le mariage de Jacques avec Mai^uerite de Noi'wége. Boyd et sa famille excitèrent la jalousie des nobles i leur perte fut jurée. Us succombèrent et furent abandonnés par le roi ; mais d'autres ^voris leur succédèrent , qui révçltèrent encore davantage l'orgueil de l'aristocratie écossaise, et avec quelque raison. Ce n'était pas encore le temps de dépouiller entièrement la haute noblesse de ses privilèges, ou du moins une telle tentative convenait peu à la ^blesse de Jacques. Il rêva un despolisn)^ égoïste bi^ucoup plus qu'une juste réforme dans l'intérêt de la couronne et du peuple. Tour à tour tributaire d'Edouard et de Louis XI , Jacques III s'attacha surtout à imiter ce derniei' monarque : il ne réussit qu'à ctAùer ses ridicules et non sa profonde politique. Superstitieux, il estimait à un haut prix les saintes reliques, et violait les droits les plus légitimes du'clei^é en favorisant la simOnie; il eut confiance aux sorciers et aux astrologues, qui nourrirent, par leurs prédictions, sa haine jalouse pour ses frères, le duc d'Alhany et le

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comte de Mâr. La coiir d'Ecosse eut ses Martius Galéoti et ses Olivier-Ie-Daim. Les grands seigneurs se virent dédaigaés,et les hauts emplois furent conBés à d'obscurs favoris, *tels que Coclirane, un maçon; Bogers, un musicien anglais; le foi^eron Léonard, le tailleur Homyl. Aussi la noblesse n'eut pas de ^eine à faire cause commune avec le peuple contre un roi et des parvenus qui, comme tous les parvenus quand ils sont les créatures d'un caprice royal et non les représentants de leur classe, .méprisaient encore plus le peuple qu'ils n'outrageaient la noblesse. Les frères mêmes du roi, dépouillés de leurs titres au profit des favoris, furent obligés de chercher un asile eu Frauce, et ne rentrèrent en, Ecosse que les armes à la main. Les autres grands seigneurs complotèrent unanimement contre Côchraue, devenu comte de Mar. Sa perte était arrêtée, lorsque, apercevant un moment d'hésitation, un des conjurés raconta la fable des rats et du chat auqud il était question d'attacher un grelot ; C'est moi qui attacherai le grelot au chai, s'écria le comte Àrchibald d'Angus, héritier de ta puissance territoriale des Douglas : le surnom de Bbll-the-Cat lui en resta, car le grelot fut attaché audacieusement. Cochrane, Bogers, Léonard et les autres furent pendus sur le pont de Lau- A.^f presque sous les yeux du roi.

Une réconciliation entre Albany et Jacques eut lieu par la suite, et dura peu ^ malheureusement Albauy se laissa aWer aux suggestions criminelles de Richard III, et sa veng^nce devint trahison, même aux yeux des nobles mécontents , dont la plupart abandoonèrent sa cause par esprit de nationalité. \\

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