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qui lui attira les reproches des exaltés parmi les royalistes. Il fut heureux pour les insurgés que la bataille du pont de Bothwelï ne fût pas livrée un jour plus tard , quand le vieux Daiziell , bien digne de partager avec Claverhonse la haine et la crainte que celui-ci inspirait aux Whigs, arriva dans le camp, poKeur d'une commission qui ôtait le commandement à Monmoulh pour le lui traiisférer. On dit qu'il reprocha publiquement au dUc son excessive douceur. ,«A, votre place, dil-U, j'aurais empêché ces coquins de jamais troubler le pays.» Cependant, malgré les ordres du duc, la cavalerie fit un grand carnage des fuyards, dont quatre cents furent tués; et Claverhouae vengea cruellement- la mort du cornette, son parent, tué à Loudon-Hill.
Monmouth, rappelé à Londres, supplia le roi d'user de clémence. Mais le monarque préféra écouter Lauderdale, à qui resta confié le gouvernement de l'Ecosse. «Croyez, dit-il, que Lauderdale agit par mes ordres et dans hion intérêt. n Charles était trompé, car l'intérêt d'un roi n'est jamais d'être barbare; mais il redoutait toujours le principe démocratique contenu dans le presbytérianisme. Le duc d'York, envoyés Edimbourg à la place de Monmouth, fit suspendre' les exécutions militaires. Ce prince, proscrit lui-même, et exilé en quelque sorte à cause de sa religion, répugnait à une persécution religieuse. Plus tard, lors<)u'il fut sur le trône, ce fut même au nom de la tolérance qu'il admit les catholiques aux emplois : il prétendait , en abolissant les lois du test, servir à la fois la liberté de conscience et les autres libertés du pays. Peut-être aussi le duc d'York avait-il dès
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lors une arrière-pensée de contre-révolution. Soit humanité, soit politique, il se montra ennemi de toute réaction, impartial entre les diverses sectes, affable pour tous les partis. Il se rendit par là agréable a toutes les classes, mais il gagna surtout l'aristocratie des villes et les chefs des montagnards, dont la fierté fut sensible à ses prévenances. 11 habitait le château d'Holyrood, et sa prom'enade de prédilection était dans le parc voisin, qui a retenu son nom.
II fut rappelé au bout de trois mois, elles rigueurs qu'il avait suspendues reprirent leur cours. Alors naquit la secte des Caméroniens, ainsi nommée de Caméron, un des chefs échappés au massacre de Bothwell-bridge. Cette secte se mit en révolte ouverte contre l'autorité royale, en déclarant qu'elle ne reconnaîtrait qu'un roi qui aurait souscrit au Covenant.
Le duc d'York, renvoyé de nouveau en Ecosse, y revint sans doute avec des instructions plus sévères, ou qu'il n'éluda plus comme la première fois. Toute sa politique se trouva changée ; on eût dit qu'il se reprochait d'avoir favorisé par sa tolérance la naissance de cette nouvelle secte, qui débutait par tant de violence et de fanatisme : il fut violent et fanatique comme elle, répondant à la révolte pgr la persécution. On ne peut cependant attribuer encore cette conduite nouvelle à cet esprit de prosélytisme catholique qui lui fit plus tard rêver la conversion - de ses trois royaumes. Le duc d'York associait seulement sa pensée à celle du conseil privé d'Ecosse ', qui se trouvait fatalement l'expression des rancunes épiscopales et des rancunes anglaises. La persécution, d'ailleurs, ne s'arrêta pas aux Caméroniens rebelles. A la puni-
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tion des coupables, on ajouta bientôt les menaces contre les suspects. Une conspiration dëcouverte prouva, il est vrai, que plusieiirs seigneurs ou grands propriétaires étaient aussi hostiles au gouvernement que ces pauvres' habitants de la campagne, égarés par les doctrines de Caméron. Des noms illustres ou vénérés, ceux d'Ârgyle, de Baîllie de Jarviswood, de Patrick Hume, figurèrent sur la liste des proscrits. La guerre civile n'était pas loin, lorsque le duc d'York fut rappelé à Londres par son frère, dont la santé déclinait, et qui mourut d'une attaque d'apoplexie le 6 février i685.
Il serait injuste peut-être de juger Charles II par la tyrannie de son gouvernement en Ecosse; car, en Angleterre, il fut despote, mais non tyran. Son égoïsme et sa légèreté le livrèrent tour à tour aux conseils les plus opposés ; mais il y avait en lui du roi débonnaire. En religion, son indifférence ne pouvait en faire unprinceintolérant: si, sur ses derniers jours, il se convertit au dogme catholique, ce fut plutôt en cédant à l'obsession de son entourage qu'à sa conviction (i).
(i) Voyez, sur ce règne, les histoires de MH. Hasure, Guixot, etc.
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