‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 52 sur 72 · DS CR&BU8-BD0UAHD · texte numérisé non relu

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çoQ d'obstination bigote , car les »ectes religieuses ont de singulières définitions pour certaines vertus, et il faut avouer que le souvenir du prosélytisme de Jacques II devait rendre défiant envers Jacques III. Ses partisans passèrent outre cependant, et la conspiration continua de s'oi^niser avec tant d'assurance quelle donna l'éveil à ceux des whigs qui redoutaient plus sérieusementunroi papiste. Ils formèrent eux aussi une association défensive, et essayèrent de raviver les anciennes haines dans le parlement, parune adresse à la reine , qui se vit supplier de promettre une récompense à quiconque saisirait le prétendant mort ou vivant. Une pareille proposition était une provocation jelée aux jacobites, au moment où Bolingbroke s'occupait de composer un nouveau cabinet entièrement dévoué à leurs intérêts. Mais, sur ces entrefaites, le i'' août, Anne mourut : l'antagoniste de Bolingbrofee, le duc de Slirewsbury, le gagna de vitesse en présenlant au lit de mort de la reine un cabinet wliîg, qui, à peine sa Majesté avait^elle rendu le dernier soupir, fit proclamer par les hérauts d'armes l'avéneraent de Georges 1". Un courrier fut expédié avec une dépêche pour l'électeur, et une flotte alla l'attendre en Hollande. Rien ne déconcerte l'intrigue comme une surprise, lorsque l'intrigue se prépare elle-même à surprendre ses adversaires. Bolingbroke recula, en joueur qui avoue qu'il perd la partie. Le a août, Iberville , l'agent français , écrivait au roi de France : « Mylord Bolingbroke est pénétré de douleur... il ra'a " assuré que ses mesures étaient si bien prises qu'en « six semaines de femps on aurait mis les choses en

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« tel étal qu'il n'y aurait rien eu à craindre de ce qui « vient d'arriver, » >

Cependant le chevalier de Saint-Geoi^es attendait toujours que ses partisans l'avertissent, lui aussi, de se mettre en chemin, lorsqu'il apprît que son compétiteur, surmontant les hésitations de la lenteur ailemande , était arrivé à Londres. Georges 1", déjà sur le retour,était un homme de passions peu vives, n'ayant ni vertus brillantes ni vices brillants, ce qui est quelquefois aussi un attrait chez les princes. Au physique, il était lourd, gauche, vulgaire même, avec un accent germanique qu'il ne chercha" jamais à corriger. Mais les chefs whigs ne songeaient nullement à en faire un roi gracieux et populaire : plus il était étranger â l'Angleterre, à ses mœurs, à sa langue, à son gouv»^ nemeni , plus il serait forcé, pensaient-ils , de se laisser gouverner par eux. I^es héritiers de l'aristocratie de ■ 688 n'eussent pas voulu d'un second roi Guillaume : il leur fallait un roi constitutionnel dans la pratique comme dans la théorie, un roi qui se contentât de régner et les laissât gouverner. A leurs yeux, te seul défaut de Georges était de ne pas même tenir assez à régner, c'est-à-dire à étaler les pompesde la royauté: pour occuper ses loisirs, il lui suffisait des intrigues de cette petite cour d'Allemagne qui l'avait suivi à Londres. Ses favoris étrangers ne pouvaient exercer aucune influence «ur l'administration, encore moins ses deux maîtresses, car il en eut deux, mais allemandes aussi, sans beauté, sans élégance, ne trafiquant que des emplois secondaires du palais. Georges eut bien ses préventions et ses antipathies person-

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nelles, mais s'il se montrait froid pour un chef whig, tel que Mariborough , ce n'était pas du moins pour faire bon visage à un chef jacobite ; les whigs seuls gouvernaient et administraient, seuls ils disposaient des hauts emplois, seuls ils dirigèrent les nouvelles élections, qui leur renvoyèrent une chambre whig. Ia réaction fut si complète que Bolingbroke et le duc d'Ormond, menacés d'un acte d'accusation, se réfugièrent en France, où Bolinghroke, embrassant ouvertement le parti de Jacques 111, fut nommé son premier secrétaire d'Etat. Cet ambitieux ardent et versatile avait sa revanche à prendre sur les whigs. Avec la conscience de sa supériorité intellectuelle sur tous les politiques de son temps, sans scrupule d'ailleurs, car rien ne lui coûtai! pour réussir, il se comparait volontiers à Alcibiade, dont il eut peutêtre, en effet, le génie actif et élégant, — à Alcibiade, dont du moins il imitait les mœurs; et il se promettait d'être plus redoutable à ses rivaux sur la terre d'exil que dans sa patrie même. Mais, quoiqu'il eût été accueilli d'abord comme l'homme essentiel du parti jacobite, il était facile d'inspirer à la droiture d'un prince religieux comme Jacques 111 des défiances contre un ministre ^ussi peu scrupuleux que Bolingbroke. IjSs mêmes intrigues que Bolingbroke avait eu à combattre auprès de la sœur l'attendaient auprès du frère. En quelques mois, il était déjà disgracié, et, se croyant libre de changer de parti, il s'adressait à l'ambassadeur du roi de fait pour se venger du roi légitime. - U faut dire que l'Alcibiade anglais, en arrivant dans le petit monde qui s'agitait autour du prétendant, l'avait sévèrement jugé, sans épargner le prince

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lui-même. Il trouvait, non sans quelque raison, qu'en l'acceplant pour ministre, celui-ci aurait dû se laisser conduire par lui; mais, même à Saint-Germain, les Stuarts avaient peine encore à se prêter à cette fiction constitulionnelle que l'électeur de Hanovre consentait à subir dans leur palais de Saint-James. Ce n'est pas que Jacques ne voulût consulter personne : au contraire, il n'écoulait qu'un trop grand nombre de conseillers, et cette diversité id'avis n'était pasfaite pour con'iger l'indécision de caractère dont nous avons parlé.

Si Louis XIV eût vécu, peut-être les jacobites d'Ecosse auraient-ils obtenu de la France le secours qu'ils réclamaient d'elle. Le vieux monarque avait reçu froidement lord Stair, ambassadeur de Georges I". Le duc d'Orléans, en prenant la régence, ne voulut point ajouter à ses embarras celui d'une guerre qu'il fallait avoir avec l'Angleterre, si l'insurrection jacobite ne réussissait pas. Occupé, d'ailleurs, de se défendre personnellement contre la duchesse du Maine et contre le roi d'Espagne , il se tint sur la réserve : sans décourager précisément les partisans des Stuarts, il reconnut Georges comme roi , et refusa d'autoriser un armement de quelques vaisseaux de l'État qui avaient été déjà promis au prétendant.

La double insurrection qui éclata en 1715 dans le comté de Northumberland el en Ecosse resta donc livrée à ses propres forces, manqua d'ensemble, n'eut que des chefs incapables, et elle était déjà étouffée eo partie lorsque Jacques HT alla se mettre à la tête des insultés.

Les jacobites du Northumberland, sous les ordres

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de M. Korsier, membre du parlemeiil, el d'un jeune seigneui- catholique, le comle de Deiwenlwaler, s'étaient avancés jusqu'au cœur du comle de Lniic^sli'e. Uue ti'oupe de jacohiles écossais, venus des frontiè- ^ res d'Ecosse, se joignirent à eux, et cctie petite année se grossit encore, sans succès, d'une autre bande qui avait tenté un coup de main sur Ëdimboui^, défendu par le duc d'Àrgyle. Mais justement, c'était dans le comté de Laucastre que le roi Georges avait en ce moment quelques régiments réguliers commandés par des officiers wliigs et le général Carpenler. lin engagement eut lieu à Preston, où M. Forster capitula et se rendit prisonnier (i).

En Ecosse, l'insurrection, à la fois plus nombreuse et dirigée par le comte de Mar, fit quelques progrès plus sérieux. Les montagnards étaient accourus sous cette bannière; mais il leur eût fallu pourchef un autre Montrose ou un autre Claverhouse. Le comte de Mar, successivement wbig et tory, était aujourd'hui jacobite par dépit, n'ayant pu faire accepter ses services à l'électeur. Pauvre chef politique, plus incapable encore comme général, it ne sut ni organiser son armée avant l'action, ni tirer au moins parti de l'avantage du nombre et de l'intrépidité qu'elle montra dans la bataille. Il avait avec lui plus de dix mille hommes loi'squ'il fut attaqué à Sheriffmoor par le duc d'Argyle, chef des whigs d'Ecosse comme son père, et qui avait eu le temps de rassembler trois mille hommes de troupes

(i) On conduisit y Londres H. Forstèr et \n autres prisonniers itcheral; chaque cheval>était bridé d'un licou que tenait un soldat monté CD croupe. M. Forswr parvînt à s'évader de Noi^ate trois jours avant son jugement.

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réglées. La discipline remporta sur la fougue monlagnarde. Mar fît battre la i-etraîte en voyant uae de ses ailes enfoncée , et au moment où l'autre , étant victorieuse, il pouvait facilement obtenir une victoire conn plète. Cbacune des deux armées se contenta d'en réclamer ta moitié. «Oh! une heure seulement de Claverhouse! s s'écriait un des soldats montagnards, indigné d'obéir à des chefs si peu faits pour commander (i). Pendant quelques jours, le comte de Mar et te dac d'Aj'gyle restèrent dans leurs camps respectifs; mais, selon leur usage, les Highlandei's, qu'on ne conduisait pas en avant, s'en retournèrent dans leurs montagnes. Mar crut devoir entrer en négociations «vecArgy le, qui ne demanda pas mieux que de gagner du temps, soit par des motifs particuliers', soit parce qu'il savait que des renforts lui arrivaient. Tuut à coup on annonce que Jacques, en personne, est débarqué à Peterbead. Mar s'empresse d'aller le joindre avec le comte Mareschal, le général Hamilton, et environ trente gen-

(i) ■ Us n'auraient eu qu'à jeter des pierres à l'ennemi pour le mettre en d^ordre, • dit sir Walter Scott, dans une atinoialioo aux Hémoirex manuscrits du Maître de Sinclair, un des chefs de l'insurrection, mémoires confiés par M. Lockhart à lord Mahnn, qui cite encore celte autre observation désir Walter Scott : "Avec moins de troupes que n'en avait Mar, Montrose avait g^j^né huit victoires et parcouru toute l'Ecosse en vainqueur. Avec un plus petit nombre de montagnards, Dundee (Claverhouae) avait remporté la bataille de Killiecrankie. Avec une armée moindre de tnoitté que celle qui s'était réunie à Perth en I7i5, Cbarleii-Édouard , en i745, alla jusqu'i Derby, et battit deux fois des troupes régulières. Mais en i7i5,paruDe des fatalités qui poursuivaient leur maison depuis Robert II , les Stuarts manquèrent d'un homme de talent au moment oà ils pouvaient disposer d'une force supérieure. ■

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(ilshominea. 1^ priace est reçu partout avec acclamations; mais il demande avec surprise ce qu'est devenue l'armée qu'on lui avait annoncée... Celte armée s'est fondue, tandis que celle d'Argyle, faisant la boule de neige, s'est augmentée de plusieurs régiments allemands.

En attendant que les montagnards reviennent sous ses drapeaux, le prince, réduit à parader au lieu d'à gir activement, se rend k Scone, ancien palais des rois d'Ecosse, ordonne des prières publiques, rédige des proclamations, prépare un couronnement. Malheureusement, par sa tournure peu guerrière, son air de dignité affable, mais triste, il désencbante et décourage ceux qui, pour remplacer un chef tel que Mar, auraient voulu un prince soldat (i). Sans doute que celte impression réciproque ne tiit pas ignorée de son fils, qui profila, trente ans plus tard, de la leçon.

Cependant Ai^yle restait de son côté inaclif à Stirling, et leswhigs de Londres, soupçonnant qu'il avait quelque arrière-pensée , lui envoyèrent le général

(i) • Je ne dois pas cacher, dit un de ces jacobitcs qui a laissé des mémoires, que lorsque nous vîmes l'homme qu'ils appelaient notre roi, nous ne nous trouvâmes nullement animés par sa pré- KDce, et s'il fut désuppotuté en nous, nous le fûmes dix fois plus en lui. Ni vivacité, ni {,'aieté, ni bonne humeur! T4os hommes commençaient à le mépriser : quelques-uns demandaient s'il savait parler.Nevenait-il parmi nous, soldais, que pour nous voir manier Qo; armes et faire l'exercice? On dit que'la situatioD où il nous trouva lui fit perdre son courage : je suis sur que la figure qu'il fit ne nous rendit pas le nôtre : il eût mieux valu qu'il nous envoyât cinq cents hommes de bonnes troupes que de se montrer luimême.» (Véritable relation rie ce qui se passa à Perth, p. 19.)

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Cadagan, pour Je furcer à marclier coiUie les rebelles. Son année se mit enfin en marche, et les jacobiles, au lieu de Faltendre, résolurent de l'attirer dans les montagnes, dernière manirestation de leur découragemenl, qui cherchait à colorer une retraite.Jacques en jugea ainsi sans doute, car, arrivé à Montrose, il se rembarqua pour la France, après avoir envoyé une somme au duc d'Argyle, en le priant de la distribuer au\ pauvres gens ruinés par la guerre. On reconnaît encore là du moins l'honnête prince (i). Il est juste de mentionner que le chevalier de Saint-Georges fut, dit-on, malade pendant tout le temps de son séjour ea Ecosse, où il était ai-rivé avec la fièvre.

Jacques débarqua à Gravetines après une traversée de sept jours, et se rendit à Saint-Germain.

L'avortement de son expédition ne pouvait le rendre très-intéressant à une cour qui s'éloignait de plus en plus des traditions chevaleresques de la vieille France, et dont le cardinal Dubois était le premier ministre. L'Angleterre invoqua les stipulations de la paix d'Utrecht. L'alliance de la maison de Hanovre et de la maison d'Oiléans se conclut aux dépens des Stuarls, et le prétendant fut invité à se retirer à Avignon; mais là encore, les whigs te trouvèrent trop près dé l'Espagne, où Alberonî manifestait l'intention de reconnaître et défendre sa légitimité, d'accord avec la Suède et la Russie.

La mort du roi de Suède Bt avorter cette alliance.

(i) 1 J'éla» veau armé, dit-il au dtic, pour vous délivrer tous; que j'aie au moiiis la satisfaction de n'avoir cauié la ruine de personne. ■

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Cependant, Jacques avait été mandé à Madrid, on le pelit-fils de Louis XIV reçut en roi le fils de l'hôte royal de son aïeul à Saint-Germain. Une flotte ayant à bord plus de six mille hommes mit à la voile de Cadix pour les côtes de la Grande-Bretagne; deux frégates, prenant les devants, débarquèrent dans l'ile de Lewis trois cents soldats espagnols. Le marquis de Tullibardine, le cqmte Mareschal et le comte de Seaforth soulevèrent quelques montagnards, qui s'attendaient à apprendre bientôt que le duc d'Ormond était débarqué avec le reste de la flotte (i). Malheureusement, la tempête l'avait dispersée : les jacobiles insurgés furent contenus par une armée coftiposée de Hollandais , de troupes impériales et de régiments anglais. [*s Espagnols mirent bas les armes à Glenshiel, et les trois nobles Écossais se sauvèient à grand'peine.

Le a5 août 1719, le clievalier de Sainl-Georçes, ayant quitté l'Espagne, débarquait à Livourne, d'où il se rendit à Rome. C'est à Rome qu'avait été négocié depuis l'année précédente le mariage de Jacques III avec une pelite-fille du grand Sobîeski, la princesse Marie-Casimire-Cléraentine Sobîeska, autre débris d'une dynastie sans couronne, dont l'aïeul avait été le libérateur de son pays et roi chevalier comme le Bruce de l'antique Ecosse.

Le roi Geoi^s , informé de ce projet de mariage ,

(1) ny\ord Marisc/tal éta\l\e reprCseaianl de la famille de Reith «1 maréchal héréditaire dTÉcosse. C'est ainsi que le litTe de ste%vajt (iniendant) était devenu le nom de Taniille de Walter, te petit-lil» de Banii 11 1>.

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qui devait uDÎr au fits de Jacques II une des plus

riches princesses de l'Europe (i), Bt agir ses miaisti-es à la cour de l'empereur Charles VI pour y metlre obstacle^ Le père de la princesse. , Jacques Sobieski , naguère compétiteur malheureux du trône de Pologne, se trouvait sous la dépendance de l'empereur, qui avait alors besoin des Anglais pour soutenir ses prétentions sur la Sicile : il refusa de sanctionner l'union de Clémenline et du prétendant. Il Fallut que la future du chevalier de Saint-Georges s'échappât secrètement, sous la conduite de sa mère, pour aller joindre le prince à Bologne. Surveillée par les espions anglais, elle fut arrêtée à luspruck, et enfermée dans un couvent de celte capitale du Tyrol.

Sa délivrance est encore un autre chapitre de roman dans l'histoire toujours si romanesque des derniers Stuarts. Un proscrit de 1715, John Walkenshaw, baron de Barronsfield, qui, prisonnier après la bataille de Sheriffmoor, s'était échappé du château de Stirling, avait d'abord vainement sollicité l'empereur Charles VI en faveur de la noble captive. Il entreprit de la délivrer malgré Tempereur, eu se concertant avec un autre exilé jacobite, Charles Wogan, dont le nom rappelle un héros cher aux cavaliers de la resta umlion. Ils se procurèrent un passeport autrichien pour le comte de Cernes et. sa famille, c'est-à-dire sa femme, son frère, sa sœur et ses-gens, qui étaient censés retourner de Notre-Dame de Lorette aux Pays-Bas. Le prétendu comte de Cernes était John Walkenshaw, dont VVogan était le prétendu

{■) Elle passait du inoins alors pour l'être.

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frère ( i ) ; lady Walkenshaw devait jouer le rôle de la comtesse, et une servante espiègle celui de la sœur, jusqu'à ce que la princetise vint la remplacer. Dans le complot étaient encore un major iMisset,sa femme et un capitaine Toole, déguisé en domestique. La servante, qui n'était qu'à demi du secret, croyait ne servir de complice qu'à l'enlèvement d'une maîtresse du capitaine ou du major; mais quand le comte de Cernes et tout son monde Turent arrivés à Inspruck, le ig avril 1719, quelques mois échappés par mégarde l'effrayèrent, et elle déclaiti que, puisqu'il s'agissait de rois et de reines dans cette intrigue, elle était trop pauvre fille pour vouloir se faire des querelles avec de hautes puissances, d'autant plus que te rôle le plus périlleux était le sien, devant être laissée prisonnière à la place de la princesse. Quelques pièces d'or, une robe de brocard et de séduisantes promesses la décidèrent enfin , et elle se prêta au stratagème de. s'introduire dans le couvent pour y changer dliabîls avec l'auguste prisonnière. Ce fut par une nuit d'orage que la petite-Bile de Jean Sobieski s'évada en princesse de chevalerie errante (a). Ses libérateurs et elle ne s'arrêtèrent dans leur fuite que' sur le territoire de Venise. Ils arrivèrent à Bologne le 3 mai, après un voyage pénible. Le mariage eut lieu sans plus de retard, par procuration.

(i) Dans une autre version de l'aventure, c'est le major Misset qui joue le râle du comte.

(a) La cour impériale, irritée contre Jacques Sobieski, exigeu de lui qu'il livrât sa (îllc oti qu'il quittât les Éints autrichiens. Il se rendit au couvent de Czenstochow en Pologne, où il resta jusqu'il son raccommodement avec Charles VI.

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Le ■" septembre, Jacques Stuart et la princesse Sobieska consominèrent leur mariage, et furent unis par le souverain pontife. Le 3i dt^cerabre de l'année suivante(i73o),nïiquitCharles-£douard'T^uis-Pliilippe Casimir; le ao mars 17^5, Henri-Benoit-Ëdouai'd- Alfred'Louis-Tliomas Sluart fut le second fruit de cet illustre mariage. Clément XI, et Innocent XIII, son successeur , se montrèrent également généreux envers le chevalier de Saint-Georges. Malheureusement, d'ainigeantes dissensions domestiques, qui, entretenues par des confidents coupables, eurent un scandaleux éclat , troublèrent le repos auquel ce prince s'habituait à la cour de Borne. Alberoni , qu'une disgrâce et même la proscription avait à son tour forcé de se réfugier à Rome, eut peine à réconcilier les deux époux, lui dont naguère la main puissante faisait ou défaisait à son gré les alliances des rois de l'Europe. Alberoni avait des droits à la confiance du prince, car c'était lui qui, en 1718, avait coalisé la Russie, la Suède et l'Espagne en faveur des Stuails([).

(i) Alberoni, grand ministre dont l'histoire n'a pas encore parlé comme elle le devrait, car l'histoire, trop souvent, est faite au profit des vainqueurs, l'histoire diplomatique surtout; et il parait que l'antagonisle du cardinal Dubois a, non-seulement été vaincu par la perfidie pendant la lutte, mais encore que ceux qui eurent la fortune pour eux ne crai(;nirent pas de le calomnier après » <]éfaite. Les preuves de celte assertion existent encore aux archives des affaires éirangères; elles ont été communiquées à M. Paonlzi, bibliothécaire du SritisA JUusivam, quis'occuped'une histmn! du cardinal Alberoni.

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DE CHARLKS'KnOIlARD.

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