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rées par des incendies, ses domesliques tués oti bl<>s8és, sa propre vie menacée. II s'adressa aux juridictions locales pour obtenir justice; mais, faute de témoignages suffisants, sa plainte fut écartée par les juges, qui étaient peut-être les complices des délits. Il se vit forcé de quitter les Higlilauds, réduit presque à l'indigence, pour aller solliciter à Londres des réparalioDs que la perte même de sa fortune ne lui permettait plus d'obtenir dans nn pays où la justice coule si cher.
Une dernière mesure du gouvernement tourna encore contre le gouvernement lui-même. On leva des compagnies indépendantes de Highlanders à la solde du roi Georges, et les officiers étaient choisis parmi les Chefs et les gentilshommes leurs parents. Ces compagnies formèrent un r^iment connu sous le nom de la ganie noire (black watch) , à cause de la couleur sombre de leur uniforme, opposée à l'habit rouge des Anglais. La garde noire était chargée de faire une espèce de police militaire dans les montagnes, et de s'opposer aus déprédations des maraudeui-s ou proscrits, tels que Rob-Koy; mais ces proscrits et ce» maraudeurs avaient presque tous des cousins et des amis dans les détachements qu'on mettait à leur poursuite. Il y avait souvent moyen pour eux d'entrer en composition, et de ne restituer qu'une partie du butin. Les Chefs profitèrent aussi de la création de ces compagnies pour entretenir cet esprit belliqueui de leurs clans que l'acte du désarmement tendnt à étouffer. Quelques-uns, comme le fameux tord Lovât, y faisaient entrer tous leurs vassaux à tour de i-ôle, pour les former au maniement des
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amies; enfin, la garde noire fut envoyée en Flandre sans ses Chefs, qui regardèrent ou affectèrent de regarder ce changement d'officiers comme un affront dont, en 1745, ils saisirent l'occasion de se venger. La véritable force du gouvernement dans les Highland était le clan nombreux des Campbells, qui, sous le duc d'Ài^yle, avait donné en 1716 an roi Georges des preuves non équivoques de sa fidélité. Quelques Chefs du parti contraire commençaient aussi à préférer les distractions des villes à la pompe sauvage de leurs châteaux des montagnes, et les séductions pécuniaires de Robert Walpole auraient bien pu ébranler le jacobîlisme de plusieurs; mais Ai^yle lui-même avait été négligé, et puis disgracié, quand on avait cru l'Ecosse domptée. D'ailleurs, ils eussent été les derniers venus au partage des faveurs de la dynastie nouvelle. Une restauration leur garantissait le premier rang à la cour des Stuarts. La plupart des Chefs restaient donc constants à leurs principes, les uns parce que ces principes étaient les traditions de leurs pères, les autres par suite de cette même ambition qui avait détaché tant de grands seigneurs de la bonne cause. Caméron de I.ochiel et loi-d Lovât, réunis sous la même bannière, n'étaient certainement pas jacobites par les mêmes motifs.
Nous avons cité les chants de la muse anglaise eo faveur des Stuarts : c'était surtout dans l'Ecosse que la muse était restée jacobïte , tantôt plaintive et tendre, exprimant des regrets; tantôt satirique et moqueuse, attaquant les princes guelfes par d'ironiques refrains; ou menaçante et belliqueuse, appelant te jour d'une nouvelle lutte :
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in cntBLBs-RiwiutnD. "WS
LE SOMMEIL Dt LA CLAVMORE,
\ l'occasion de l'acte du désarmement.
« Dors, ma boDiie claymore, dors sous la bruyère épaisse, entre ces deux rochers ; dors , ma bonne ctay* Qiore , puisque l'honneur de l'Ecosse sommeille ; dors jusqu'au jour où le signal du réveil nous sera donné par un autre Monirose ou un autre Claverhouse.
« Reste cachée, ma bonne claymore , sous l'épaisse bruyère; reste cachée, ma bonne claymore, puisqu'ils t'ont proscrite , toi aussi ; proscription glorieuse que tu partages avec la race de nos rois; mais dors en paix... Avant que je te livre à ceux qui te proscrivent, tu auras passé par mon propre coeur.
« Mais la bruyère est humide de la rosée des nuits ; tu crains, ma bonne claymore, que ta rouille ne s'attache à ta lame, à la lame , où déjà une larme de mon père imprima une première tache, quand la mort de Dundee le contraignit de le replonger dans ton four-
- a Tu crains la rouille, ma bonne claymore! aimerais-tu mieux, brillante et inutile, jouer sur la hanche d'un soldat anglais? Âimerais-tu mieux voir la figure d'un traître se mirer dans ton acier poli , dont l'éclair le faisait Irémir naguère?
K Je l'avoue , ma bonne claymore , peut-être ton maitre nouveau,. admirant la lame de Tolède, la dé-
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corerait d'une poiguée d'or^ mais que dirais>tu, ma bonne clayoïore , si ton acier fîdèle devenait un glaive r^icide dans la main des bourreaux eocore altéra du sang de la feîne Marie et du roi Charles?
« Reste donc cachée, ma bonne claymore, arme fidèle de mes pères, toi qui vainquis à Kylùth et à Killiecranckie ; reste cachée jusqu'au jour où le royal Stuart pourra se montrer lui-même; dora, ma claymore, dors jusqu'à ce que l'honneur de l'Ecosse se réveille à la voii d'un autre Honlrose ou d'un autre Qaverhouae. »
Nous pourrions aussi traduire ià quelques chants jacobites irlandais de 1708 à 1745, pour prouver que ce troisième royaume des Stuarts, ccunposé presque tout entier de catholiques romains, n'avait pas perdu le souvenir de ses anciens mattres , malgré les fautes , de Charles et de Jacques. Mais plusieurs raisons eipliquenl comment Charles-Edouard ne songea pas à aller planter sa bannière en Irlande plutM qu'en Adgletei-re et eu Ecosse. Une contre-révolution à Dublin n'eùl rien décidé à Londres ou à Edimbourg. Peutêtre même eût-il été impolitique d'en appeler d'abord au jacobitisme purement catholique des Irlandais. Ce ne fut pas pour ce motif cependant que Louis XV refusa d'écouter un plan proposé par un Irlandais réfugié, M. O'Heguwly, pour détruire l'influence anglaise en Irlande (1).
(1) Plan qui est exposé dkns un méaioire déposé aux archives ■les affaire} etruDgéres, * Gardons- nous d'êlrv trop R>rta, de peur
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Les Irlandau qui cooibuUii-ent avec Chartes- Edouard en 1745 avaient toiiSt depuis longtemps, quitté leur pays. Leurs compatriotes restèrent paiûbles , se contentant de chanter à demi voix : O sat mt
BROWir DRIHIH, le VENGEUR, la COCARDK BL&KCHE, et
autres chanls , dont notre contemporain , M. Thomas Moore , et plus récemment encore les poètes de la ra- Tion , te journal de la Jeune Irlande , ont rajeuni les airs et les paroles. Il faut dire enfin que le bonheur de la maison de Hanovre avait placé à Dublin , à celte époque, un lord-lieu tenant dont l'influence personnelle endormit le ressentiment de cette population catholique, si cruellement opprimée par ses maîtres protestants avant et depuis i')^^ ■■ c'était lord Chesterfleld, (res-populaîre dans son gouvernement (i).
d'en abuser,» fit-on répondre philosopbiquenKUt à H. O'Heguerty.
(1} Ce nCKH appartient autant à lu littérulure qu'à la politique. Nous cunstat<His volontiers la popularité conquise en Irlande par l'auteur célèbre des Lettres à mon fils, car il aimait à dire que, en France même, on le prit souvent pour un Français. Il est vrai qu'il attribuait malignement ce compliment à ses défauts aimables autant qu'à ses qualités solides. La diplomatie, comme l'a remarqué justement son petit-neveu, lord Mahon, était la véritable vocation de ce seigneur; mais il eut aussi de brillants succès au parlement. En Irlande, il se fit aimer et respecter par une grande impartialité, qui n'excluait pas la tolérance. Chez lord Chesterfield, la tolérance provenait de ses opinions philosophiques, qui étaient celles de l'école française. Aussi se trahissait-elle quelquefois par une saillie spirituelle, comme lorsqu'on lui dénonça son e.ocber parce qu'il allait chaque dimanche à la messe : «Vraiment! répondit le vice-roi ; eh bien ! je ferai eu sorte qu'il ne m'y conduise jamais. « Une édition complète des lettres du lord Chesterfield vient il'étre publiée par lord Mahon, 184S.
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us HISTOIBI
Hais il est temps de suivre dans la patrie des vrais poètes jacobites le prince Charles-Edouard, car les faits nous diront mieux encore que la poésie quel était l'esprit des montagnards écossais en 174S.
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DB CHASLKS-BDOUAED.