‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 66 sur 72 · VOICI LE CORPS DE JOHN MAC-CLDRE · texte numérisé non relu

VOICI LE CORPS DE JOHN MAC-CLDRE

ACCORDEZ-LUI LA SÉPULTURE, m

Mais ce héros lui-même, en apparence si bien préparé à mourir, n'eut pas le coeur de faire un pas au delà de sa maison , située justement au bout deLawnmarket.- La rue en pente de Bow offrit de si nombreuses issues à la désertion, que dans un pamphlet jacobite, attribué à David Hume, la marche des volontaires fut facétieusement comparée au cours du Rhin , qui , après s'être déployé avec pompe dans de fertiles plaines , voit ses eaux décroître et s'épuiser par mille canaux , jusqu'à ce que, réduit à un ruisseau timide, il se perde dans les sables avant d'atteindre l'Océan (i).

Le capitaine Drummond et les volontaires restés sous les armes semblaient encore déterminés à se mettre en campagne, lorsque le ministre Wishart et les autres membres du clergé presbytérien vinrent les ' supplier de se réserver pour la défense de la ville ; alors Drummond envoya un messager au lord prévôt pour prendre ses derniers ordres ; le lord prévôt répondit qu'il le félicitait de sa résolution de rester dans

(i) Ce pamphlet, cité dans une critique des ouvrages de Home (Quarterly Review), est intitulé Tnie accoant, etc. : Exposé de la conduite du lord prévôt d'Edimbourg, etc. L'anecdote de John Mac- Clure est confirmée par le rédacteur de l'article, qui nç peut être que sir W. Scott,

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l'eDceinte des mui-s, et le capitaine de milice congédia sa troupe, non sans se plaindre qoeson zèle eût rencontré tant d'obstacles.

Pendant la nnit, les dragons, la garde urbaine et le r^imenl levé par souscription abandonnèrent le coteau deCorstorphine, en n'y laissant qu'un détachement; le général Fowkes, arrivé de Londres, prit le commandement de toutes les troupes; mais bientôt une terreur panique s'empara d'elles, lorsque quelques hommes à cheval , de l'avant^arde des montagnards, ayant tité en Pair quelques coups de pistolet en s'approchant des dragons postés à Corstorphioe , ceux-ci se mirent à fuir à toute bride, et entraînèrent tout le régiment, qu'on vit galoper en désordre sur le terrain où s'élève aujourd'hui la ville nouvelle. Ce spectacle fit renoncer à toute idée de résistance ; l'agitation était extrême parmi les membres du conseil municipal, convoqué extraordinairement dans une église. Là, chacun s'efforçait de donner son avis, lorsque tout à coup on apporte une lettre de Charles- Edouard ; le lord prévôt s'oppose à la lecture de ce papier séditieux , signé Charles , prince régent, s'éloigne, et se fait faire violence pour revenir l'écouter. Cette lettre contenait ce qui suit :

'I Dé noire camp , 16 septembre 1745.

K — Étant sur le point d'entrer dans la capitale de l'ancien royaume de Sa Majesté , nous vous sommons de nous recevoir comme votre devoir vous y oblige. Vous êtes donc i-equis, au reçu de la présente, de convoquer le conseil municipal , et de prendre les mesures

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convenable» pour garantir la paix de la ville^ que nouB désirons vivement proléger. Mais si vous souflrez qu'aucune troupe de l'usurpateur y pénètre ou emporte les canons, les armes et muDÏtious (propnétés publiques et particulières) qui s'y trouvent, nous lé considérerons comme une violation de vos devoirs, et un outrage coupable fait au roi et à nous-mème. M'ous promettons de conserver tous les droits et privilèges de la ville, ainsi que les propriétés particulières des sujets de Sa Majesté; mais si aucune résistance nous est opposée, nous ne .pouvons répondre des conséquences, étant fermement résolu d'entrer à tout prix dans la ville ; et , dans ce cas, tout habitant qui sera trouvé en armes contre nous ne doit pas s'attendre à être traité comme prisonnier de gueri'e.

« Chables, p. R. »

Cette lettre servit de texte à une délibération sur la nécessité de se rendre, et des députés furent envoyés à la personne qui prenait le titre de Prince Régent, pour traiter ou demander du temps.

Dans ces entreCattes , pendant que les volontaires se rassemblaient de nouveau à Lawnmarket, un liomme achevai, qu'on ne put reconnaître ni jamais retrouver, traversa tout à coup rapidement leurs rangs et les rues de la ville en criant qu'il venait de voir \m Highlanders, et qu'ils étaient plus de treize nUUel Ce fut le dernier coup porté à ta valeur bourgeoise, et ces cavaliers aériens, qui menacèrent Jérusalem de tant de malheurs, n'auraient pas été pour les whigs d'Édimboui^ un présage plus funeste que l'espèce

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d'apparition de cet inconnu mystérieux (i). Les volontaires allèrent déposer leurs armes au château entre les raaius du général Guest. Quelques membres de l'ancienne milice seuls se tinrent encorequelques heures sur les murailles ou près des portes, regardant d'un air triste leurs fusils rouilles.

Les députés envoyés au prince revinrent avec une lettre signée John Murray, qui déclarait que les manifestes de Charles-Edouard étant une garantie suffisante pour les citoyens, il lesinvitaitune dernière fois à se soumettre paisiblement. Mais dans l'intervalle était arrivée une missive de sir John Cope, qui annonçait que les vents contraires le forçaient de débarquer à Duabar, d'où il allait précipiter sa marche sur Edimbourg. Quelques voix parlèrent encore de résistance; et, après de nouvelles hésitations, les dé* pûtes repartirent pour une seconde ambassade avec l'intention de gagner du temps; le prince refusa de les admettre en sa présence , et fit approcher d'Édimboui^ sept à huit cents hommes, chargés d'y pénétrer par surprise, afin de terminer toutes ces négociations, ou de faire sauter une des portes avec un baril de poudre. Le hasard les favorisa; ils arrivèrent au moment où l'on ouvrait la porte de Netherbow pour la voiture qui, ayant conduit les députés, retour^ nait à la remise du loueur, dans le quartier dit de la Canongate. Les Highianders se précipitèrent eatre la porte et les sentinelles, pénétrèrent dans les rues, et

(i) L'historien Hetiderson ajoute que {ei maliatentionnés AYaieat fait croire aux bourgeois d'Edimbourg ijue le Prétendant était une sorte de Goliath , l'un des hommes les plus forts de la terre. Hislory «r ihe Reb., p. S.

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furent énaei'veiltës de la facililé avec laquelle ils purent y circuler. Un de leurs cris de guerre fit mettre aux fenêtres quelques citoyens eu bonnet de nuit; mais presque toute la ville semblait (jormir d'uu profond sommeil , et quelques heures après, en se réveillant, les boui^eois trouvèrent toutes les sentinelles des murailles relevées de garde par les Highlanders, sans qu'une goutte de sang eût été versëe. Des patrouilles nombreuses de ces prétendus sauvages parcouraient les principales rues en assez bon ordre au son des cornemuses, qui faisaient entendre l'air jacobite de 1715 :

— 1 vrill awa' to Sbemnmir to hind tbe WUgi 1d wder, etc. (|) ■ (1) Nous irons i SberifTinoor pour mettra les nbigi à U »i-

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