‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 24 sur 61 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

CBAKLBS-iDOCABD A DEBBT. NOCTBLLU D*iC08BE ET DB FBANGB.

LORD DBUmiOIfD. LALLT. GONJBGTOBBS. C01I8BIL DB DEBET.

DISCUSSION BNTEB CHAEUSRT LBECBEfS. IlVTHiPIIlITi DU PBIRCB.

— LA EBTRAITB BéSOLUB MALGRi LUI. SON DÉSESPOIB. EBGRBTS

DBS MONTAGNAEDS. MAEGHB EJ^TBOGEADE. MOEGAN ET YAUGHAN.

POUE8UITE DU DUC DE CUMBEELAITD. BON OEDEE DE LA EETBAITE.

LOED 6BOEGBS MUEEAT A CLIFTON. AFPAIEE DE CLIFTON. BEA-

TOUEB DBS M0NTAGN;AEDS. CAELI8LB ET SA 6AENI80N. SlÂGi; DB

CABUSLB. BPPBTS 1» LA EBTEAITB SUE L*OPINION EN ANOLBTBEEB.

En arrivant à Derby> Charles-Edouard reçut plusieurs nouvelles importantes qu'il dut com« muniquer à son conseil avant d'aller plus loin» Un courrier d'Ecosse lui annonçait que lord Drummond^ frère du duc de Perth, venait d'arriver de France à Montrose , avec son régiment de fantassins appelé le Royal*Ecossais^ deux es^ cadrons du régiment de cavalerie FitK*James^ et les piquets de la brigade irlandaise au service de France. Cette brigade était commandée par l'illustre et malheureux comte Lally, qui, dans son zèle pour les Stuarts , était allé quelques

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années auparavant jusqu'au fond de la Russie y pour tenter de détacher Gatherme,des intérêts de la maison de Brunswick. Lall j ^ qui venait de se couvrir de gloire dans les champs deFontenoj> avait quitté l'armée de Maurice au bruit des succès de Charles-rÉdouard, afin de solliciter dans les bureaux de Versailles les secours qu'on lui avait promis. Enfin il n'avait pu^ dans son impa* tience, laisser embarquer lord Drummond sans se joindre à lui avec l'élite de son régiment. Lord Drummond avaitentotttsousses ordres trois mille hommes qui ^ joints à la réserve des troupes sta^^ tionnées è Perth ^ dépassaient en nombre l'armée jacobite alors au sein de l'Angleterre. Lord Drummond^ dans Ses dépêches^ croyait pouvoir assurer au prince que dix mille Français do^ vaient bientôt mettre à la voile à Calais et à Dunkerque^ où le duc d'York et le duc de Richelieu n'attendaient plus qu'un vent favorable.

De nouvelles lettres des gentilshommes gallois invitaient aussi Charles-Edouard à se diriger dn côté de cette province ^ qu'ils lui représentaient comme étant à la veille de se soulever en masse à son premier signal . Enfin y un autre messager apportait les protestations un peu plus vagues du dévouement des Jacobites des comtés du sud et de Londres même ^ qui encourageaient

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le prince à poursuivre sa route jusqu'à la capi*" tate^ que le roi Georges^ disaient-ils^ ét^it à la veille d'abandonner^ comme autrefois Jacques II à rapproche de Guillaume : malheureusement^ semblables aux W higs de 1688^ les descendants des Jacobites attendaient le dernier moment pour se déclarer. Qui sait TefFet qu'eût produit quelque désertion éclatante dans cette crise de ]a dynastie des Georges? Qu'un autre lord Churchill eût pris la cocarde blanche , le duc de Newcastle n'était pas loin d'imiter Sundcrland.Mais Charles-Edouard devait surtout se rappeler que le prince d'Orange^n'avait été réellement roi d'Angleterre que le jour où il était entré à White-» hall.

Il espérait donc que chaque Chef, fidèle-écho des sentiments de chaque clan , s'écrierait à la lecture des lettres qu'il leur communiquait : a Marchons à Londres », comme jadis ils avaient répété avec luià Glenfinnin : « Marchons à Edimbourg ». Mais il s'aperçut, au morne silence iés^ uns, à l'air d'hésitation des autres, qu'un dessein contraire à ses vues occupait leurs esprits. Enfin lord Murray, qu'ils avaient chargé d'exprimer toute leur pensée, osa prendre la parole. Un espion du duc de Curaberland avait été saisi la vcill », et avait révélé Télat des forces du duc.

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Lard Murray représenta aa prince les vaines promesses des Jacobites anglais , qui trouvaient toujours de nouveaux prétextes pour en retarder l'exécution. L'armée écossaise n'était qu'une poignée d'hommes au milieu d'une population trop indifférente pour ne pas calculer froidement les avantages de la force numérique. Or, cette armée qui s'avançait ainsi comme la sentinelle perdue de l'Ecosse , laissant derrière elle les troupes du maréchal Wade à Nevrcastle, et celles du duc de Gumberland à quelques lieues de distjU9oe, allait encore rencontrer àFinchley une troisième barrière de soldais et de milices qu'on évaluait à vingt mille hommes. Mais en supposant qu'on passât sur le ventre à ces derniers bataillons, dont le nombre était évidemment exagéré, quelle figure feraient quatre mille montagnards dans une ville comme Londres ? Quelle protection offriraient-ils à leurs partisans ? Quel respectinspireraient-ils à leurs ennemis ?Le moindre' échec pouvait détruire le prestige qui s'attachait à leurs succès, ou plutôt à leurs marches rapides; une victoire même pouvait tellement éclaircir les.rangs des vainqueurs, que' ce danger serait encore à craindre. Le parti le plus prudent était donc de se replier sur l'Ecosse, soit pour y protéger l'indépendance de ce royaume , pensée

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première des Chefs, soit pour y retrouver d'indispensables renforts, puisque ces renforts on les cherchait en vain en Angleterre (i).

Charles-Edouard, plus surpris qu'alarmé de semblables objections , crut qu'il pourrait facilement les détruire par le raisonnement -, il avait l'éloquence du courage, mais il en appela d'abord à cette même prudence qu'on lui opposait. «Vous craignez , dit-il, de vous trouver entre deux armées avant de frapper à ces portes de Londres qui n'attendent que notre approche pour s'ouvrir ; mais n'allons-nous pas , en rétrogradant , nous mettre entre le fils de l'électeur de Hanovre et le maréchal W ade ? s'il faut combattre ce sera avec la conscience de notre fuite ^ et en ayant donné aux ennemis la confiance d'une armée qui en poursuit une autre ? Battre en retraite au point où nous sommes arrivés c'est s'exposer à une longue déroute. »

Lord Murray répliqua que les montagnards, peu chargés de bagages et actifs à la marche , laisseraient bientôt loin d'eux le duc de Gumberland, et que quant au général Wade, ils le rencontreraient près des frontières d'Ecosse, dont la vqe leur donnerait la force de s'ouvrir un passage à travers ses rangs(.

-(i) Mémoires du chevalier de Johnstone.

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Le prince vit sur tous les visages qu'on lui ^opposait une irrévocable résolution ; le duc de Perth seul 9 la tête appuyée sur sa main et se penchant d*un air rêveur contre la cheminée de la ^chambre du conseil^ paraissait éviter de prendre part à une discussion où il s'agissait de plaider pour la retraite contre le prinoe qu'il avait juré de suivre à travers tous les périls (i). Charles s'adressa au courage national : les mêmes objec» tions se reproduisirent. II s'adressa a chaque Chef individuellement : celui-ci baissait la tête en silence ; celuiJà redisait en balbutiant les paroles que Murray ayait prononcées avec l'accent ferme de la convictioi^ un autre mettait désoimais son t:ourage à répéter avec plus de fierté encore les raisons de lA retraite. Gliarles s'exprima avec chaleur et avec enthousiasme, puis il descendit aux supplications, il répandit des pleurs comme en auraient répandu Wallacc ou Bruce réduits à tléposer les armes i k veille d'une victoire ; l'obstination de son conseil fut également insensible ce jour4à à son indignation généreuse ^ à ses

(i)D*autre9 historieDS disent que lord Nairn s'était «ussi prononce contre la retraite. Wàiter Scott attribue  son Fergus Mac-I?or le rôle du duc de Perth , et lui fait verser, comme au prince , des larmes de douleur et d'indignation.

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prières^ à ses larmes^ la retraite fui résolue pour le lendemain 6 décembre.

Les officiers inférieurs et les soldats ignoraient encore cette délibération^ lorsqu'ils se mirent en marche le matin avant le jour; et croyant continuer leur route ou aller combattre le duc de Cumbcrland , ils se communiquaient tout bas la joie anticipée du triomphe.

Mais les premières lueurs de l'aube leur montrant les mêmes lieux qu'ils avaient traversés la veille ^ ils s'aperçurent qu'ils revenaient sur leurs pas» « Nous aurions été battus^ dit le chevalier Johnstone^ que notre chagrin n'eut pas été plus cruel(i) ». Bientôt un murmure^e colère courut de rang en rang,* avec le mot trahison , et les Chefs eurent peine à calmer ce mouvement. Les yeux des Highlanders cherchaient leur prince, naguère aux premiers rangs; mais plus triste qu'aucun d'eux, il fermait la marche , semblable à un captif qu'on eût entraîné loin de sa patrie , plutôt qu'à ce général naguère le premier levé , toujours le premier à répondre au signal du départ ou à le donner j désormais distrait, rêveur , abattu , il faudra souvent que l'arrière-

(i) Mémoires du chevalier Johnstokb, pag. 70 et suiv. — b MOLLET, llist, ofEn^land^ etc.

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garde l'attende comme un traînard ; U ne retrmir vera soi| ancieiope gaité, aa noble ardeur, qne lorsqu'il s'agira' de combattre.

£a général , les Jaoobites anglais qui s'étaient joints depiûs la prise de Carlisla à l'armée éco»saise ne devaient pas approuva oe mouvement rétrograde^qui allait livrerkurs £imiUes à laven*geaoce idu gouveriiement. Poiir eux-<nAmes, c'était une expatriation peut-être étemelle/jue de saivre les montagnards sur l'autre rive de la Tweed; d'un antre côlé, tester en Angleterre, c'était se li* vrer 9m» défense et sans espoir de salut. Les plus heureux furent ceux qui n'abandonnèrent pas \d pi^ince. Un de ces volontaires, nommé Morgan, se consultait k ce sujet avec un autre nommé Vau^ gb^n , 9on «compatriote du même c;omté : « J'aime mieii^; dit le pr^n^ier, être pendu en Angleterre que mourir de £iim en Ecosse. — * Avec une épée, dit Yaugbao , on ne meurt pas de faix», paèrne en Ecosse. »i £;n effet , il fit toute la campagne avec Charles- Edouard, s'échappa en France, et entra officier aju service d'Espagne. Son ami avait préféré étr«e pondu .... Il resta et le fut.

PeAdaot la nuit du 6 décembre , l'armée fit

li^ljye^à "Asbbora ; le 7 elle étfit à Leek-, le 8 à

IN^îjcdesfield , et le g^^-Manclïester , ourles habi-

laiifcis^ ne»furent pas moins zéMs-i^n géç^f^l^que la

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