PON LEVÉ
La retraite de Derby avait rendu le courage à là dynastie de Brunswick. Si Jacques II, en 1688, ramené de Rochester àjLondres, et de % nouveau salué roi^ fût resté à Whitehall, réconcilié avec le parti par lequel Guillaume avait été appelé , qui eût osé faire allusion à sa fuite ? Georges II oublia qu'un yackt avait été disposé pour la sienne sur la Tamise. Mais il en voulut à ses ministres de leur commune terreur, et sourit à lord Granville lorsque celui-ci rappela ses prévisions justifiées par l'événement. Les deux
Pelham, tremblant pour leurs portefeuilles, songèrent à se coaliser avec Pitt et l'opposition contre le favori redevenu redoutable. Cependant les Lords et les communes rédigeaient de nouvelles adresses loyales. La chaire et les gazettes salariées tonnaient avec un redoublement de zèle contre le jeune Prétendant. Beaucoup de Jacobites même craignant d'être dénoncés pour leurs vœux, les plus timides s'empressèrent de pro-^ tester de leur dévouement, et à payer de leur bourse dans les contributions volontaires qui fu* rent recueillies pour étoufièr la rébellion. EnGn l'autorité établie se consolidait par le péril même qui venait de l'ébranler ; car autour du trône de Georges se serrait désormais cette masse flottante qu'on trouve toujours entre deux partis extrêmes , composée des indifférents et des politiques ou serviteurs de la circonstance ( time ser\^ers)y comme Milton les nomme, toujours prêts à passer du côté de la force , et qui ne se doutent pas qu'ils sont eux-mêmes l'impassible corps d'armée du vainqueur. Ils eussent ac* cep té Gharles*É douar d volontiers, parce que la révolution de I745, comme celle de 1688, leur semblait ne plus être qu'une modiGcation de noms propres. Ce qui alarme ces partis du milieu, ce n'est pas le danger que court une institu-
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tion^ encore moins un principe^ mais la craiote d'un dérangement d'habitudes. Quand, après la prisp de Garlisle, le duc de Gumberland revint à Londres , il y fut donc accueilli comme le libérateur du pays. La menaee de l'invasion de la France pouvait encore contenir la joie du triomphe ; mais c'était aussi un stimulant pour réveiller les antipathies nationales. Un seul homme paraissait exclu de ce concert de félicitations. C'était le général Gope, contre lequel la moquerie des journaux et la censure plus sérieuse d'unecour martiale (i) avaient ameuté quelques hommes <le iâ populace. Quand il se rendait au palais de St- James, c'était dans le fond d'une chaise à porteur, de peur d'être reconnu et livré aux huées. Mais dans les salons de la cour il étonnait quelquefois les rieurs,par l'assurance avec laquelle il prédisait que le premier général qui se mesurerait avec les Highlanders, en bataille rangée, serait comme lui mis en déroule. Aux plus incrédules il proposait même une gageure en véritable Anglais. Il trouva des parieurs; et l'on prétend qu'il dépendais de son successeur Hawley de lui (Ave ga^er on perdre plus de dix mille livres sterling.
La nouvelle de la bataille de Falkirk parvint
(i) Il fut acquitté»
De CUilRLES-ÉOOUARD. 2l3
à Londres un jour de réceplion au palais de Saint* James. Sir Johu Cope y était avec le comte de Stairs : rabattement se peignit sur tous les visa<ges ; $evl, sir John était à son tour rayonnant de cette espèce de réhabilitation négative de ses talents^ lorsqu'un pair d'Ecosse^ s'adressant à loi y eut la maUce de confondre son nom avec celui du nouveau général de Georges II , et l'appela général Hawlejy ce qui fit sourire les courtisans. Bientôt le duc Guillaume entra ^ et tou« les yeux se tournèrent sur lui comme sur le derjuier espoir de la famille électorale. En eifet^ le duc reconnut qu'il avait eu tort de croire sa présence plu5 nécessaire à Londres qu'en Ecosse : son départ fut immédiatement décidé et eiSectué. Quatre jours après , le 3o janvier 1746 aumatin^ le duc arriva tout à coup à Edimbourg.
Pour peu qu'un fils de roi ne soit pas dénué de capacité y ses talents sont ofiiciellement proclamés remarquables. Le duc William n'avait *guère en sa Êiveur que l'art de se faire aimer de ses soldats, pour qtd il était ce qulls appelaient un (( bon compagnon >» : son surnom familier de u BluiF Bill » faisait allusion à son air de bonne humeur. . On comptait aussi beaucoup sur le rang du nouveau général pour faire impression sur l'imagination du peuple.Il y avait
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un charme pour les Ecossais, pensait-on, dans ce litre de prince qui distinguait Charles- Edouard. Puisqu'il fallait poursuivre la lutte , ce serait désormais prince contre prince. Dans ce dernier calcul on oubliait que le titre seul ne suffit pas toujours. Le héros de la maison de Brunswick possédait peu de ces qualités de prince qui ennoblissaient son jeune rival dans la mauvaise fortune comme dans la bonne ; il n'avait ni sa courtoisie, ni sa générosité, ni son humanité surtout, vertus qui légitimeraient presque l'usurpation. Vaincu jusqu'alors dans presque toutes les batailles où il s'était trouvé, William pouvait encore être un général estimable,* car à la «guerre il y a aussi des lauriers pour les vaincus. Un succès l'attendait enfin en Ecosse : mais il venait y acquérir le surnom de « Boucher » par ses cruautés, et mériter d'expier un jour son unique victoire par la honteuse capitulation de Clostersevern.
Voici le court extrait d'une lettre datée du jour même de son arrivée à Edimbourg : c'est un Anglais qui parle :
(( INotre armée espère demain marcher sous les ordres de Son Altesse Royale contre les rebelles, qui détruisent tout ce qu'ils peuvent saisir aux environs de Falkirk , où a eu lieu la ba-
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taille. On croit qu'il y aura bientôt Une famiçe dans le pays. Combien sont à plaindre no,s troupes à la poursuite de ces rebelles^ si nous ne pouvons avoir d'autres provisions que celles qui nous viendront d'Angleterre I cependant nous sommes tous réjouis par la présence de Son Altesse Royale ^ qui rend une nouvelle vie aux soldats. Nous ne songeons plus qu'à rencontrer bientôt l'ennemi.
« Les trois quarts cC Edimbourg sont supposés JacobiteSy et les Whigs les plus déclarés de la ville nous le répètent sans cesse. Les dames en général sont amoureuses du fils du Prétendant. Elles portent en souvenir de lui des nœuds de roban blanc dans leurs soirées (i).»
Après quelques beures de repos dans le lit que Gbarles avait occupé à Holyrood-House^ William réunit autour de lui les principaux officiers de l'armée, s'occupa activement de régler les opérations de la campagne y reçut aussi les ma-
(i) Lettres d'un chirurgien anglais attaché i l'armée du duc de Gumberland , qui accompagna le prince jusqu'à Inyerness pendant la rébellion.
Ce petit volume publié en 174^ était devenu fort rare; il a été réimprimé en 18a 5 avec les lettres d'un Amérî<^ cain sur l'Ecosse en 1819, et publié sous le titre : Tke Contrast ( le Contraste ).
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gi&Uràtb et leshy)table»dela ville t^mrstinEDieirism zèle i et le stAt, sàMs ce^ ittèmés )à!m)[)ris c»ii h^àsnier d^s Stuart3 avait ïeca tant dlionusat:*»^ Ji DOttveaa prince vôtiltit à son tour avoir os» cinc et une fête, où furent conviées les dames de t^h^ vîiki^. Une il) ufnî nation fût ètùlÉsi ixlamaa^a: dbn^ la ville ; teàis , en travei^shnl Higb-StrHS . le duc rema^rqua maintes croises, dont les reaux étaient brises : il apprit qu^ k^^étaient des Jacobites qu'on avait avertis à coups c^ plerire de la ne'cessitë de ft*et le ïhttir libéntez det'Ëcosse. ï^our être juste^ilâiut'dire qnels Jacobites y malgré la modéràlièn rieofiiDiKiK?^ p^ Charles y avaient bicto «lùssi <eiek^é de .petites rigueurs de ce genre èontf e les Whig». -HeMeat les pcluplcis quand tes tëactionfs Se tMrneht4 de ^mplefs d^ts de police I
Dès le iendemaitH , le Ahit Guillàtinàe ^ tnk ea toute pour Stk^fifng. Il avait sous ses o!t*d<res dix «lille homineSy qu'il divisa «n deux bonnes ^ dont Tune partit par Borrowstoness et l'autre prfr Lindithgow. Ce fut eîn c^triltatit^eëttedemière ville que les soldats anglais préludèrent à ta guerre qu'ils déclaraient enfin au pays autant qu'aux l'e-* !belles. On avait étendu de la paille dans les vastes appartements du palais pour les y loger pendant la nuit. Après y avoir dormi .paisiblement ^ikn'cte
GOnçareot pas fhn de n^Bpt pour ce noble édifice ^ berceau de Marie^mtaft) Bsiié thétii son aieul lé ohevdlerÊsqiie Jûcqn^à tT y et uii des monaments leà plus prëeiefui de l'Eeosse pàt" sbû ai^chltectare et les sDUVetiirs du passé. Après tea avoir p^rolfeiiié eïi tpielt{cte sorte le^ écbûii par les ohanfe d'une tiiMultiieuse t)rgie> ils y inirent le fea sans tettiords.* La faienace d'Hat^ley n^avait pas été vaine.
CotttînàMit sa muté, le dua sur]pHt à Falkirk «|ttel(!][U<é5 ttainàrds t{ui forent envoyés au tMteau d'Ediftibourg , entre 'autres la dévouée Jenny Carnéron , relehûe pat utae blessure. Guillaume avait èSpéré i^ue , tnatgiié Tinfértorité du trôtu^ bW^,Charies-Eidoltâ1rd l'attendrait de pied fertne. Oétait bien riûlîetilion de celuiMci; toais^' ayant levé le Sïége de Stirlîng, qtii vingt-qualï^ l^urcfe'f lus lard se !fât rendu à lui,* de Paveu du général Blak^noy, Charles- Edoitard se vit forcé d'écouter les représentations des Ghefe, qui, ne voyant pas encore revenir les déserteurs , o'pinè- Tent pour aller au-devant d'eux date les Higb' lands, où ils se croyaient en état d¥craser l'armée du duc "s'il osait les y suivre. Comme i Derîyy, Cbarles retionça malgré lui à 'combattre son rivaL Les canons fiirent endoués, et l'on fit sauter le magasin à poudre de Saint-j^iniafi : oette
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explosion coûta mal|ÉB|eusement la vie à quelques personnes du pajsnLes ennemis de Charles- Edouard y se hâtant d'oublier l'incendie de Linlithgow^ ne parlèrent,plus que de la barbarie du Prétendant , qui avait voulu faire périr toute la population du canton. Charles-Edouard^ cependant^ s'était dirigé vers la partie guéable du Forth^ qu'il eut bientôt mis entre lui et son antagoniste.
Force aussi luj^ fut de laisser derrière lui une machine redoutable des temps modernes , qu'il avait apportée de Glascov^ ^ arme singulière aux yeux de ses sauvages compagnons des {lighlands, mais dont l'emploi peut quelquefois épargner les boulets de canon ou justifier leurs ravage!!; : nous voulons parlerM'une presse d'imprimerie, vraie machine de guerre^ sous le rapport des proclamations^ des journaux, des bulletins, etc. Le plus grand capitaine de nos jours. Napoléon, a montré tout le parti qu'on peut tirer de cette invention rivale de celle de la poudre. Charles-Edouard s'en servit surtout pour répondre aux mensonges des gazettes de Londres, par une espèce de journal de sa marche et de ses succès^ mais le détail de la bataille de Falkirk fut une de ses dernières publications (i).
(l) COAMBEAS. UeHDEMOH.
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Le !«' février Charles-Edouard fit halte toute la nuit à Dumblane; le lendemain il était à Crieff, et le 3 , après un conseil de guerre , il dirigea son armée en deux corps sur Inverness y lieu fixé pour le rendez-vous général. Le premier, sous les ordres du prince^ par la route la plus droite; le second , sous les ordres de Wrd Georges Murray , par les comtés d'Angus et d'Aberdeen , en longeant les bords de la mer.
Cependant le duc de Cumberland perdait un jour à faire réparer unpont qu'il croyait nécessaire au passage de ses troupes; car désormais son activité était soumise aux restrictions d'une tactique régulière, et, quand il pénétra dans les Highlands, il y fut, comme sir John Cope, à chaque pas ai rété'par de nouveaux obstacles que les montagnards avaient remarqués à peine. Le duc s'étonnait de leur retraite rapide, qui mettait chaque jour une distance plus considérable entre eux et lui , comme si l'hiver n'avait de rigueurs et le pays des rochers inaccessibles que pour les Anglais. Le duc n'alla donc pas plus loin que Perth, d'où, ayant appris le débarquement de son beau-frère, le prince Frédéric de Hesse, au port de Leith, il rebroussa chemin jusqu'à Edimbourg pour se concerter avec ce puissant auxiliaire, qui lui amenait un renfort de six mille
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HessoU. Ces troupes veuaieot tômpiacer six mille llDihmes que les états de Hollaode avaient fournis à Georges. En arrivant en Ecosse avec les aniiliaires français , lord John Drummond , qui était lieutenanl-gënéral au service de France , avait envoyé une ordonnance au commandant hoUaudaiS) pour ]fii faire observer que les dra^ peaux de la France étant déployés dans le camp de Charles-Edouard ^ ses sit mille hommes dcsvaient retourner en Hollande ^ car c'étaient six mille prisonniers qui n'étaient libres qu'à condition de ne pas porter les armes contre la France. Les Hollandais avaient donc interrompu leur marche en Ecosse.
On affecta d'ignorer que la retraite des High*landers n'avait pas été précisément déterminée par la présence du duc Guillaume s son retour & Holyrood fut une ovation^ comme si la guerre était finie 5 mais> cette fois-ci^ le fils de Georges II, mieux informé des ressources de rinsurrectiDn( i), résolut de profiter de la supériorité du nombre pour aller Tétouffer jusqu'au fond des montagnes. Il repartit pour Perth^ et parcourut la roule qu'avait suivie lord Georges Murray. Par-
(i) Le juge lord Milton , consulte par le prince , dérl;»ra qu'il ne croyait pas sî facile de dompter les montagnîH"ds.
tout sur aOQ passa^ il eut à oootenir siiion une risisiance mrxnée y du moins Timpreasion d'une haine politjqtie contre sa jamille. Dans le comte d'Augos, la plupart des propriétaires étaient avec Charles^Edouard. A Forfar^ un détaclieinent en* lier de rarn»ée jaçobite fut soustrait à sa vue le jour <|u'il traversa la viUe^ «t le leadèmain^ à peine £ut-il parti , qae la «ocarda blanfshe repar rut f le tambour battit des mardbes rebelles , et Tan recruta publiquement pour le PrétQndaot.
Le t^teau de Glanais , depuis Macbeib y sem-» ble avoir d'âge en Âge consenré la rcputatmi d'un ckâtaau encbanté. Lor d Strathmone en «tait le poi^easeur. Sa £imille y peçvt Son Aitesse Royata^ qni y é^onva une contrariété -dont il ne sut qui accuser* Il fut donc oblige de l'animer comme les autres à «une interventien surnatnreUe* Après avoir passé la nuit dans cf vieil ^ifiœ iteodal y soa escorte £at asses^ «surprise le lenvd«ni^n matin de ne pins trouver les sangles de ses cbevauz y et perdit plus d'une demi-joareée a réparer ce siqgulier laroin, Peut--4lpe eut-on tort de négliger de faire une perqoisitioB exadle Casque dans la aalle du « Laird fiarim u ; -c^est mie aaUe jny stx^rieose, babîAée «depuis ciiiq sièdle^ par un co«aite deOlsiniis qni y redoutable de s^n vivasit à teas les barons •comme aua: simples vas^
seaux du voisinage, jouait un jour aux cartes avec des méchants tels que lui, lorsque impatienté de perdre il s'écria : Je jouerai jusqu'à ce que je regagne, fût-ce jusqu'au jugement dernier. Tout à coup un démon vint se placer à la table de jeu pour y faire la partie du comte, qui ne doit être interrompue que par la trompette de l'archange. Nul n'oserait pénétrer dans cette sombre chambre, d'où l'on entend sortir encore quelquefois les horribles malédictions des joueurs , et où l'escorte du duc de Gumberland eût bien pu retrouver ses sangles.
Comme si les propriétaires du château de Glamis eussent pensé que les traces d'un hôte tel que le duc Guillaume pourraient évoquer d'autres démons , ils se hâtèrent de brûler le lit où il avait flormi, et de purifier la chambre.
A quelques milles plus loin, dans la ville antique de Brechin, le duc reçut directement un témoignage encore moins équivoque de l'esprit jacobite des habitants. Ayant remarqué une jeune fille d'une grande beauté qui, montée sur une chaise, regardait passer le cortège , il voulut imiter^ Gharles-Edouard, en adressant a cette jolie curieuse un salut gracieux. 11 attendait au moins' un sourire en retour de sa courtoisie. A sa grande mortification,et aux applaudissements de
la foule , on lui répondit par un geste de mépris qui s'accordait mal avec l'air si doux de cette timide Écossaise (i).
Le duc n'osa pas aller plus loin qu'Aberdeen , jusqu'à ce que le printemps lui permit de se rapprocher des bords de la Spey. Il fut harcelé par des corps de partisans^ qu'il eut quelque peine à repousser. Les sévérités de la loi martiale le vengèrent de la désaffection des habitants : Ce sont des nids de Jacobites qu'il faut détruire par le fer et le feu, disait-il en parlant de Brechin et de Glenesk.
(i) She shùwed to theduke her face with thefrênch spei^ Ung.
!29.4 uisToias
CïïABITBlE XXVHL
Cl AKLPSHb^AlU) pAifS !^ COUTA d'UCTEHH fVSk lORD tOUBOlT BT LOtlD
LpTAt* *«- 1^ CHAIV^n W MOT. «-T-Z.AOV MACeUrrOtH. -— LB BORGl-
iJIGLilfl. -r ^izçiaOtfli et humanité de CHABMSiboUABp*
At*rivé à dix milles d^Iiivernes$ , Cliaplûl- Édouard jugea convenable d'attendre lord Georg^^ Mi^rr^y, ppuF s'emparer plus, sûrement de cette ville ^ considérée comme la capitale des Highlands. Il laissa son corps d'armée se disperser dans les environs^ et reçut lui-même sans inquiétude l'hospitalité dans le château de Moy ^ propriété de lady Mac-Intosfa^ une des héroïnes de son parti. Inverness était au pouvoir de lord Loudon^ lieutenant-général au service de Georges 11^ qui commandait environ deux mille hommes recrutés parmi les Mac-Leods etlesMaodonalds de Skye^ et quelques autres dans^ avec lesquels^ soutenu de l'influence du Lord*-présîdent Forbes, il avait tenu en échec les clans jacobitcs de ces contrées^ au commencement de la
campagne. Mous avons dit que le lord Lovât y qui avait Êiit prendre les armes à son clan et à son fiis en faveur des Stuarts y en continuant a se déclarer le plus malheureux des pères et des Chefs ^s'était va force de se readre à Inverness comme otage, afin de prouver son dévouement k la maison de Hanovre ; mais à l'approche du prince Charles, il s'était affranchi de I9 surveil* lance de lord Lpudon, et avait trouvé le moyen de s'évader y avec l'aide de son cousin Gortuleg, au lieu de ramener les Frasers à Tobéissance. Lord Loudon espéra se dédommager dç la fuite d'un tel prisonnier par une capture ^lus im^* portante. Instruit de la sécurité de Charles* Edouard, il fit soudain fermer et garder toutes les portes d'Invemess , et se mettant à la tête de quinze cents hommes, il se dirigea secrètement vers le château de Moj dès que la unit fut noire , de manière à y arriver à onze heures avant mi-nuit i mais des avis fidèles trahirent à temps ce projet à )adj Mac-Intosh. On prétend qu'une jeune fille de quatorze ans , dont le père tenait une taverne, ayant entendu des officiers anglais parler entre eux de leur' expédition nocturne , réussit à s'échapper de la ville, et courut jusqu'au château deMoy, où elle entra essouflée, pouvant à peine dire assez de paroles pour révéler à lady II. i5
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Mao«Iûtosh le përil qai menaçait Cbarlei** Edouard. Lady MaC'^Intosh,, dédaignant d'en prévenir son hôte^ fil poster sur la route environ ddu^e de ses serviteurs^ leur donnant pour chef le forgeron du clan> qui s'avisa d'une ruse de guerre pottr assurer encore mieux le salut du prineCé II distribua ses pamarades à des distances copsidérables les nns des autres , et quand l'ennemi fut à la portée du fusil ^ ils firent feu sur le premier peloton de divers côtés ^ et à des intervalles inégaux ^ le forgeron ne cessant de crier : « A moi^ Lpcbiel I à moi^ Alacdonald! voici les Anglais qui voulaieiflt nous surprendre. » L'avant-garde de lord Loudon recula épouvantée^ croyant avoir tous les montagnards 6ur les bras^ et s^s quinze cents hommes firent une retraite précipitée jusqu'à Inverness. .
Le lendemain matin ^ le prince résolut de pren^dre plus sérieusement sa revanche ; il marcha sur Inverness^ dont il s'empara^ et força lord Loudon de se retirer au-^delà du golfe dé Mûray^ dans le OGonté de Ross ^ où il fut poursuivi par le duc de Ferth^ et réduit à se réfugier dans Tile de Skye«
Au bout .de deux jours y le fort d'Xnverness se rendit à Texempl e de la ville y et itit rasé ^ à la grande satisfaction des Highlanders, Dans Tin^ tervàlle, lord Geo<rgei^ Murtay avait tejoint le
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prince ; encouragés par la ptÎM d'Invemest, les déscit^urs revinrent avec des recroet sous les drapeaux; toutes les côtes du goifo de Moray étaient soumises an parti jacobite, ainsi que les Highlands à cent mille de distance d'Invemess.. Gharles^Edouard comptait un nombre de trou-pes M%et considérable pour rouvrir la campagne; tous les fortâ furent peu â peu enlevés aux Anglais ; si les nouveau^ secours d'hommes^ d'argent et de munitions promis par la Prauee arrivaient) on pouvait se flatter de battre ^ au printemps^ le due deCamberland^ou de le laisser dans les montagnes^ pour marcher un^ seconde fois sur Londres,
Un des embarras de Charles^Edouard ^ après les batailles de Preston et de Falkirk , avait été la foule de prisonniers tombés en son pouvoir. Les uns s'étaient facilement évadés , les autres avaient été délivrés sur parole; et comptant s'en tirer encore avec la même facilité s'ils étaient repris^ ils rejoignaient leurs corps sans scrupule* Quelques Chefs opinèrent pour ne plus faire de quartier aux Anglais^ et c'était justice^ disaientils , puisque leurs propres prisonniers étaient réservés à réchafaud. D'autres proposèrent de priver tous les prisonniers du pouce de la main droite, pour les mettre hors d'état de se servir
d'un fusU. Leprince repoussaau nom del'homanité l'une et l'autre mesure ; quelques Ecossais lui en firent presque un crime^ en l'accusant d'une imprudente prédilection pour ses sujets égares d'Angleterre s Charles -> Edouard n'en telâcha pas moins environ quatre ou cinq cents officiers anglais^ parmi ses nouveaux prisonniers, lien exigeale serment de ne plus tirer l'épée contre lui de dix-huit mois. Le duc de Gumberland envoya a tous ces officiers une circulaire par laquelle il les dégageait de leur parole^ et les menaçait de la rigueur des lois s'ils ne rejoignaient sans délai leurs divers régiments. Quatre de ces officiers refusèrent seuls de manquer à leur serment y et répondirent au duc qu'il était le tnaitre de leurs brevets^ mais non de leur honneur.
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