‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 33 sur 61 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

LE Pàu BT LB FILS , AIIBCDOTB BACOlfT^B PAB LB CHBYALIBB DB JOnfTfTONB. LBS DAMBB PBIKAltaBBBS. —-US BXACTimiB DBS AHGLAIt

DAMB LB GDirrà d'atholb. BXPàDinOIf bb lobo obobobs mubbat.

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QOIIf GOUYBBlfBVB. L*OMBBB DB CLATBBHOU8B BT LBS HB8SOI8.

L'expédition contre lord Loudon ramena bientôt de nouvea,ax prisonniers àInverness.La veille du départ du duc de Pertk qui était chargé de conduire cette expédition^ le chevalier de Johnstone nous raconte qu'il vit entrer dans son logement son ami Maedonald de Scot--house^ gendlhonune plein de courage et de loyauté: il avait les larmes aux yeux; le chevalier de Johnstone lui demanda la cause de son chagrin. « Mon ami y réponditScotr-house^vous voyez en moi un père au désespoir. Je suis désigné pour faire partie d^détachement qui va attaquer ce soir lord Loudon : un fils que j'aime tendrement est officier d'une compagnie ennemie. Ignorant le prochain débarquement du prince en Ecosse ^ je m'estimais

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heureux il y a un an d'avoir procuré ce grade à pe jeune homme ; eh bien ! peut-être demain je suis exposé à tuer mon fils avec la première balle qui sortira de mon fusil, ou mon fils peut luimême se rendre coupable d'un parricide* Je partirai cependant , car si le ciel est miséricordieux, je pourrai peut-être le sauver. <) Quelques jours apres^le- dievalier de Johnstone vit accourir Scot-housè avec un jeune homme : « Loué soit Dieu! s'écria-t-il , voici un prisonnier que j'ai eu le bonheur de faire moi-même ; c'est lui, ce fils pour qui je versais hier des larmes ameres^ et qui m'en £ût aujourd'hui répandre de joie et de gratitude envers le ciel ( i)* »

Pendant que le duc de Perth i^jetait lord Xioudon au-delà du golfe de Moray^ un antre dé^ tachement prenait le fort Auguste; Lochiel fai«sait le siège du fort Guillaume, et lord John Drummond fortifiait les bords de la Spey* Impan tients de leur oisiveté en attendant le printemps, quelques clans , revenant sur leurs pas, allaient jusqu'à Aberdeen harceler les avant-postes du du<9lc Gumb^rland , et ils ramenèrent plus d'un prisonnier de ces escarmouches. Le duc ne pouvait se venger que sur les habitants du pay^ el

(i) Mémoires du chcTalier àt Jomstori, p. 164»

DB CHAELCa-EDOUARl). %3l

Foo upprit à lord Georgea Murmy que non seulement le comté d'Angus était livré nox ei:écu«tions militaires y maia eooore que les domaines de son frère et tout le Perlbsbire gj^missaieat sous la plus odieuse oppression. La mère du duc de Perth et la vicomtesse de Staiballan^ convain*cues du crime d'avoir le^r fils et leur époux dans le camp jacobite^ furent arrêtées et envoyées au cbâtiaaur d'Edimbourg^ comme Jenny Caméron : on les enferma dans une cbtmbre étroite et malsaine^ où elles restèrent pendant plus d'une année. C'était ainsi que^ lorsque le^ Edouard avait envabi l'ËcQsse^ l'épouse et la sour de Bruce , étant tombées en son pouvoir^ furent exposées à Berwick dans une espèce de cage de fer. Toutes les maisons des principaux partisans des Stuarts furent abandonnées aux soldats qui y mettaient le feu ou se contentûent d'expulser les. propriétaires^ forcés d'errer sans aille dans la campagne couverte de neige. Lord Georges Murray se proposa de rendre une visite à ces garnisaires incommodes. Il partit secrètement vers le nûlieu de mars avec sept cents bommes, presque tous des Macpbersons ou des soldats d'Atbolc, qui ignoraient où ils étaient conduits^ mais qu'une confiance aveugle rendait peu soucieux de s'en enquérir. Arrivés à Daln-^

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spidal^ sur les confins du comté d'Athole, ils firent halte y et lord Georges les informa de son projet de surprendre tous les Anglais dan^ leurs divers cantonnements^ avant le jour et à la même heure. Ces sept cents hommes se divisèrent en pelotons plus ou moins considérables ^ suivant la force des postes qui leur furent désignés^ au nombre de trente , et dont les principaux étaient Bun-Bannoch^ les maisons * dis Keynnachin^ de Blairflettie, de Lude et deFaskaily. Le rendezvous général était au pont de Bruar^ à deux milles de Blair»

A Bun-Bannooh ^ la garnison fut surprise au milieu d'une orgie , et se rendit sans brûler une amorce : à Keynnachin , il n'y eut que la srentinelle qui fut tuée. Les soldats de Lude et de Faskally opposèrent à peine un quaiH: d'heure de résistance. A Blairfetty^ la dame delà maison^ qu'on avait bien voulu ne pas chasser de chez elle , avait eu surtout^ à se plaindre de la voraoté des soldats/ Depuis trois jours elle avait envoyé clandestinement un jeune pâtre à son mari^ pour l'avertir qu'elle était à la veille de mourir de faim pat l'épuisement de toute espèce de provisions. Tout à coup^ pendant son sommeil^ elle entend frapper à sa porte y prudemment barricadée chaque nuit. Une voix connue l'appelle et

l'invite à desœndre j de la part de son mari qui l'attend, Grovant presque rêver, lady Blairfetty se lève , s'habille , desœud ^ et trouve en effet , dans la salle à manger^ son mari avec douze Highlandersqui^ ayant forcé les Anglais au nombre de cinquante^ à mettre bas les armes , appuyaient sur la gorge de douze d'entre eux leurs day mores nues, ce Désignez-nous. les plus insolents , dit Blairfetty à sa femme^ et ils auront cesse de vivre. » Lady Blairfetty demanda grâce pour tous à. son mari^ qui voulut bien se contenter dé faire jiirér aux officiers qu'ils se conduiraient civilement^ et partageraient leurs vivres avec les habitants de la maison , s'ils venaient jamais l'occuper de nouveau.

Le poste de l'auberge de Blair eut le temps de se réfugier dans le chàteau^et d'y donner l'alarme. Sir André Agnev^^ qui y commandait^ sortit avec sa garnison^ et faillit Couper la retraite à lord Georges Murray, qui attendait ses divers détachements au rendez-vous convenu^ avec vingtquatre hommes seulement et toutes ses cornemuses. Se glissant derrière un long mur de clôture^ lord Georges fit sonner un pibroch général qui persuada au commandant anglais qu'il aurait affaire à trop forte partie. Sir André rentra au château de Blair^ devant lequel, quelques

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Iieures plus tard , lord Georges ae montra avec fies sept cents hommes. Le siège fut commence y et la garnison fat bientôt réduite aux derniers expédients; mais le gouverneur était un autre Preston de Valley 6eld , qui se fut volontiers en«seveli sous ses cendres. On représente sir André Agnew comme un de ces vétérans de Fécole de Marlborough , n'entendant pas raillerie quand il s'agissait de la discipline Jl mit ses jeunes officiers aux arrêts pour une espièglerie qui avait cepen* dant tourné au détriment de l'ennemi. Ces jeunes gens avaient habillé un mannequin avec un vieil uniforme de sir André ^ et. l'avaient placé à une fenêtre àvt* château , la lorgnette à la main. Les MacphersoDS visèrent pendant tout une journée cette fenélr^e , et ils s'étonnaient de voir le gouverneur à l'épreuve de-la^mousqueterie; mais celui-ci> étonné à son tour de l'obstination avec laquelieles assiégeants perdaient ainsileur poudre et leur temps à tirer toujours du même cote^ aperçut cette caricature de sa personne y et non moins insensible à la plaisanterie que le man* nequin aux balles^ il ne vit là qu'une violation de la discipline qu'il punit sévèrement.

Lord Georges^ pressé de rejoindre le prince^ ne put cependant perdre plus d'u^e semaine devant la forteresse de Blair-Athole^ et il se retira

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avec deaz ou trois cents prisonniers^ sans être inquiété dans sa retraite ^ quoique à une journée de Blair-Athole il y eût les six mille Hessois débarqués à Leith depuis la bataille de Falkirk.

Ces auxiliaires de d'année électorale s^avancèrent jusqu'au défilé de Killiecrankiç;mais à la vue de ces roches pendantes et du torrent qui en descend en bonds impétueux ^ ils s'arrêtèrent^ refusant de.le frandiir, comme ai l'ombre de Glaverht)use les eût frappés d'une superstitieuse tçrreur : telle est du moins la tradition du pays , qu'aucUû guide q'oublie de rajppelex à ceux qui visitent celte gorge fameuse.

AvuDt de s'éloigner de Blair-A.tbole> lord Georges fit proposer au prince de liesse ua échange de prisonniers : le prince y consensait^ mais le duo de Cumberland s'y opposa z.de là sans doute la mésintelligence qui régna depuis entra les deux beaux*-frère& Le. prince de Hesse refusa de dépasser Perth^ disant qu'il n'estait nullement obligé de conduire ses troupes à une guerre d'extermination.

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