‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 34 sur 61 · LE MATELOT MALGRÉ LUI. SEGODES DE LA FRANGE. LB MARQ0I · texte numérisé non relu

LE MATELOT MALGRÉ LUI. SEGODES DE LA FRANGE. LB MARQ0I

DE FIMARGON. -—LE FIN-FOND DBS SAUT AGES. -—* HISTOIRE d'uN SLOOP. L*INTENDANT DETENU GRAND SEIGNEUR. — - LES DOUGLAS DB FRANCE.

Cependant toas les avantages -partiels de l'armée jacobite ne pouvaient la dédommager du retard ou des mauvais succès qui semblaient tour à tour devoir la priver des secours si nécessaires de la France.

Après avoir vaillamment combattu aux cotés de Charles-Edouard, à Falkirk, le dévoué Lally Favait quitté pour aller ranimer le zèle de ses amis à Londres, en Irlande et en Espagne. Revenu à Londres , où il y allait pour lui de la tête s'il était découvert , il fut averti à propos que des agents de^police s'approchaient de la maison où il était logé. Il eut le temps de se déguiser en matelot , et s'échappa du côté de la mer. Là , rencontré par des contrebandiers qui, ayant besoin d'un marin à leur bord , se crûrent bien

DE CHARLES»ÉDOUARf). !à3j

permis d'avoir recours à la presse à FimitatioD du gouvernement , le faux matelot se vit enrôle de force. Il entendit bientôt ses nouveaux camarades proposer de chercher le brigadier Lally^ dont une proclamation mettait la tête à prix. « I^e comte de Lally se mêla à la conversa-» tion; et leur laissant croire qu'il n'était pas étranger à la faite de ce proscrit^ dpnt la capture était si précieuse , il promit de^ le leur livrer sur les côtes de France , où il ne tenait qu'à eux de se trouver en quelques heures. Les contrebant diers^ se laissèrent persuader ; et devenu leur pilote^ •'^^y ^6^1* ^^^ parole à Boulogne , mais non comme ils Fentendaient. Il eut soin de les faire tous arrêter par les gardes-côtes français. Conduit comme les autres sur sa demande devant le marquis d'Avaray et le marquis de Grillon , commandant l'un la province et l'autre la ville ^ Lally se fit reconnaître^ et courut de nouveau à Versailles solliciter pour Charles-Edouard les secours tant promis. De ceux qui furent réellement envoyés^ il y en eut peu qui parvinrent à leur destination. Les dix mille hommes' réunis à Dunkerque , à Boulogne et à Calais^ ne furent qu'une menace. Une flotte anglaise qui vint croiser dans la Manche suffit pour faire changer les vues du ministère de Ver-

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sailleSi On se contenta de £iire ptrtir quelques n«viras de temps eu temps. Combien Charles* Edouard eut encore à regretter que sa retraite dans les montagnes l'eût forcé d'abandonner au duc (le Cumberland ce port de Montrose^ si lieareaseoieût conquis parTaudace du marquis d'Aiguilles! Désormais tous les transports de« vaient se diriger du coté dloverness^ où les vaisseaux deGeorges étaient en croisière.Le mar-* quis de Fimarcon était parvenu k touoher le rivage à la tète d'une troupe.de soldats : trente lieues seulement le séparaie.nt de l'arxnee jaco** , bite: aucun ennemi n^ s'opposait à sa marche; mais à peine engagé dans le pays ^ l'espèœ d'hor« reur qui avait saisi les Uessois à l'entrée des gor^ ges de Kiliiecrankie , «'empara du marquis et de son détachement, il se rembarqua sans oser s'aventurer à travers ces sombres régions qoi^ pendant les brunies de l'iiiver^ paraissaient â nos joyeux Français <i le fi^i*-fond des sauvages st ^ comme disait ce Vidame de Chartra^^ que la ca-> riosité avait conduit jusqu'à Inveraess du temps de Mario SiuarL

Un vaisseau de guerre anglais^ Je Skeemese y pourdkassa ja^que sur les côtes les plus septentriouales de^Ecoeseyle sloop noaimé le PrÎMCe Charles y qui portait au prince, entre au très se**

DB CHARLKfl-iDOUAKD. ^3q

courâ j uDe somme dd treice milld louis. Le c&pi» taine^ se voyant serré de près^ dans udo mer oon» tinuellcment orageuse, qut se brise contre las rochers escarpes du Sutherland y sans port ^ sans abri contre le canon anglais, voulut du moins sauver avant tout sa cargaison ; il lui fallut ftiir pendant un jour entier sous le feu ennemi, qui tua presque impunément trente^sit hommes de IVquipagè; enfin le sloop parvint à se réftt*gier dans la baie Toogue, où il se croyait en sh^ Tclé; nais Don loin de là était Tasilc où lord Loudon' avait e'té repoussé par le duc de Perth» A peine \es marins du sloop avaient-^ils débarqué leur trésor, que les Anglais et lord tleay, que Dnncan Forbes avait gagâe k la cause de Georges, fondirent sur eux, les surprirent, leâ enveloppèrent et les firent prisonniers. Lord Reay avait un intendant qui découvrit le premier ce que contenaient les cftissons du Prince Charles.

Il s^en empara, eti prétendant que ce n'était que de la poudre; long-temps après les troubles, la famille de l'intendant se trouva , comme par miracle, une des plus riches des Hébrides.

Le sloop capturé si malheureusement s'appelait autrefois le Hasard ^ et avait été enlevé aux Anglais devant Montrose par un des Douglas venus de Tou raine pour combattre sous Charles-

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Edouard. Voici les détails de cet exploit. Le Hasard ne cessait dé molester par les boulets de ses dix-huit canons la rade de Montrose ; impa* tienté de ce voisinage, le capitaine Douglas persuada quelques Higlilanders d'entrer avec lui dans deux bateaux de péçhe, pour aller seulement examiner ce navire redouté ^ jme brume favorisa si bien leur approche ^ -que lorsqu'ils furent aperçus par le sloop ils n'étaient plus à temps de virer de bord j c'était ce que voulait Douglas^ qui avait résolu de transformer ses montagnards eh marins. En elTet^ ceux-ci, qui ne savaient pas reculer en face du péril , tirèrent leurs claymores et s'élancèrentà Tabordage. Les Anglais étonnés de leur audace se rendirent en demandant quartier. Le slaop entra dans le port de Montrose , partit pour la France sous le nom du Prince Charles j il remit à la voilé pour l'Ecosse, et les vicissitudes de la mer et de la guerre lui rendirent son premier nom sur les côtes du Sutherland(i).

(i) £n rapportant le fait d'armes de Douglas , les historiens anglais regrettent d'ignorer le nom du capitaine français qui s'empara du sloop. La famille de Douglas existe encore dans le departement.de l'Ain.

Dn CUARLES-r.DOUARD.

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