‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 52 sur 61 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

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AlfGLAIS. LES MEDAILLES. L^ORFÀYAB ET LB HOI. OIT ABB^TB

CHABLES-ÀDOUABU. BIAON. — ; TAODBEUIL. CH ARÏ.BB ■^DOOABD A

VIlfCEIfnBS. M. DD CHATELBT. LB PEBE DU MAB^HAL MACDOIfAU».

Le sang de notre Henri IV coulait avec celui des Stuartset de Sobieski danslqs veines de Charles- Edouard. Ce qu'on retrouvait en lui du courage et des grâces chevaleresques du Béarnais^ devait d'ailleurs le faire bien accueillir en France ; le bruit de ses premières victoiresyet de ses aventurés romanesques depuis le jour fatal de CuUo-» den^ y avait fait sensation au-delà du cercle de la diplomatie et de la cour. Lorsque la nouvelle de son débarquement près de Morlaix ( aQseptembre 1746) fut connue, les gentilshommes de la Bretagne s'empressèrent de lui prodiguer^ ainsi qu'aux compagnons de sa fuite, tous les secours dont ils avaient besoin. On savait qu'en voj^ant com-

battre â Falkirk et à Gulloden les Français qui avaient joint son étendard^ le prince ne s'était plaint de leur petit nombre que par cette excla-^ mation flatteuse pour leur conduite: k Avec trois mille Français de plus^ j'aurais conquis toute l'Angleterre. >> Enfin^ il revenait de son entreprise avec le double titre de sa bravoure et de ses malheurs ; il pouvait espérer que. le sol fra^çais serait du moins pour lui un asile inviolable. Les caprices de la fortune on décidèrent autre^ ment. .

En descendant sur la plage, après avoir heureusement traversé uqe escadre anglaise à la farvêur d'une brume , Gharles-Edouard fléchit le genou pour remercier le ciel d'avoir encore échappé à ce derqier péril. Il ne demeura sur les côtes de Bretagne que le t|pps nécessaire pour changer de costume, car il arrivait dans le dénûment d'un prosent; et il se mit immédiatement en^ route pour Versailles. Le duc d'York son frère , et plusieurs genlilshqmmes d'Ecosse ^ auxquels se réunirent quielques gentibhommes français, allèrent à sa rencontre. Instruit de son débarquement, Louis XV avait fait préparer le château^ Saint -Antoine pour le recevoir; Charles voulut 3e rendre i directement auprès de Sa Majesté, et ne fit que traverser jraris. Le roi, qui

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tenadt tm conseil extracyrdinairé ^ Mrtit pour aller au-devant do prince^ ju^n'à la seconde salie, ti Monsieôr^ lui dit-il^ je rends g^ace afu ciel dft plaisir que je ressens à revoir Voire At tesse Royale. Vous venez d'acqn&ir une gloire imdiortelle; j'espère que vous recueillerez ua ]onf le fruit de tant de fatigua et de dangers. « Après un quait d'heure de conversation avec le roi^ le prince ps^ssa dans Fappartemènt de la reine ^ qui le reçut avec plus d'affection encore; et quand il quitta le palais ^ il se fit autour desst personne un concours de courtisans et de seigneurs^ jaloux deriionneui* de lai offiîr leurs felidtations.

La débauche n'avait paâ alors? entièrement corrompu Louis XV. S'il n'était déjà plus digne du surnom de Bien-Aii^^ il ne méritait pas eqcore d'être odieur ou mépriséi- On peut croiite qu'il pensait et agissait en petit-fils de Heuri IV à l'égard de Gharles-Edouard^qudiqu'il dut bientôt laisser suspecter la franchise d'untel accueil. Maîtf comment mettre eu doute là sincérité de la reine? Cette reine était Marie LezJÎnska^ ayant aussi* connu le malheur et l'exil , PAntigone de Stanislas'^ et qui, sur lé trône où elle était asiisfe, éprouvait encore trop d'ennuis pour cesser d'y compatir aux disgrâces de la forttine. Marie Le-

^inska aviùt pa^é d'ailleurs quelque^ anaées ^ 3a îeuoes^ avec la ipère de .Çharlesr^Eldouard^ Ia priac^^ Sobieska. £Ue aiioa^ d{iii3 jle •pfitit'^fils de Jacques II le fils d'uae amie^ et 3e$ fîlleS|^ Aies* d^me^ jcxyff^es; ^^n^Lf^i^Aten^Uo jpuueL^ros; chaque &is que le priqce iftn.ait .xJiez Ja reloue on l'y reteu^t, on lui pro4ig^ait les /^posoJationfi de l'amitié ; ou Aui fai^it ^^^cçi^ter sesa>yenture$ xor maaes^ues. Il parait jjoèma qu'une .des jeuoes ppiiicesses Téçç^t^it atec. .yn aUep^rissemaut {>jl,u3 .marqué que, çelvii de sei^ sipour^ ({). •

Lopis XY Youlqjt dojf^eT à Qiar|e3*£dQuard le témoignage {lubbç de l'i^lé^ét q^'il portait à $fi caisse. Ifia preinii^r.e visitée du prince fkYaiit été faite .en qqdqiie «or,te ;y;LCOgnÂto. Dii^ jour^ après eut Ij^v^ ^fL r^ceptioiï |)ublique. he$ <^ri:osfies du fils lie J,^çq[^es 111^ y recoiimu prince ragent , des troiç Foyau^e^^ p^rtire^t dws l'prdre .suivant fhf, cl)^t€^iji $^nt-*Antoipe. X^ pi^emier contenait lofd Ogjlyie et ilord ^c];u> (2) , Qleo2>ucket .et

(^t)Jffor tpere theyçUng princessMpOf^e efthem eépecially 1499 affectêd wUktM mtioBCofy s tory. LMmnfromPMê , piiil^iliées eq ^.7^ «t QQÛnpriiQées k la suite d^s lookàtant

(a) Nous suivons ici la relation épistolaire pu)>liée'ea ï 74'9' Walter Scot\ aï donc eu tort de prétendre que lord Elcho aVaît juré à Cullodcn de ne plus revoir le prince ^ et qm^tf avait tenu parole <

Kellie^ secrétaire de la régence; le second ^ le priflce lui-mêmp ^v^c lord Lewis Gordon et Lpchiel père j le troisième, quatre gentilshommes de la. chambre.

Lochiel le fils ^t une foule de gentilshommes suivaient à cheval, et autour du second carrosse on remarquait deux pages richement vêtus et dix valets de pied à la livrée de Son Altesse' Royale. Gé prince, naguère si simple, un jour de bataille , sous la veste des clans ;^ semblait pressentir qu'il ne lui restait plus du rang ^ë prince de Galles qOe les' vaines décorations du costume , et il s'en était paré. Le témoin oculaire auquel nous empruntons ces détails^ le compare, dans l'éclat de cette pompe, à Féloile brillante qui, seion les Jacobites , avait apparu parmi, les constella* tions célestes le jour de sa naissance. 11 décrit la rare élégance de son pourpoint de velours rose, brodé d'argent j sa veste de brocard d'or ; les diamants de sa cocarde et ceux des boucles de ses souliers,rétoile de Saint-Georges d'Angleterre, et celle de Saint- André d'Ecosse, avec tout le luxe des pierreries qui semble justifier matériellement la comparaison. La foule n'avait des yeux que pour Charles-Edouard. 11 soupa avec le roi, la reine et la famille royale j sa suite s'assit aux autres tables du château, selon le rang de chacun.

De même que Jacques II ^ il put admirer is^ magnificence d'tin roi de France ; mais dç même que Jacques II y il ëtait moins honoré comme Tallié du monarque que eomme servant au spectacle des pompes de sa cour , si celte réception brillante n'était qu'une vaine parade , et non le solennel engagement de l'aider à reconquérir le trône dont on le reconnaissait digne.

Les proscrits qui avaient précède Charles- Edouard en France , et cent qui étaient parvenus à s'échapper avec lui ou après son départ , furent eni:égimentés. .Lochiel , Ogilvie et d'autres Che& furent nommçs colonels de ce^ corps que le roi prit à sa solde ^ et «qu'on dirigea sur Dieppe^ Boulogne et Calais , où allait s'assembler une . armée d'invasion ; mais le prince reconnut que les secours qui lui étaient destinés efàient trop faibles pour qull pût les accepter , sans compromettre ses amis dans une goe^rre douteuse. Le cardinal deTencin^ sans y éti^é autorisé , un jour qu'il lui avait rendu visite ■âu*ohâleau Sainl- Antoine, voulut insinuei: que pour, intéresser plus activement le ministère à sa cskMe, il ferait peut-être bien d'oiffrir^ en cas de succès, la cession de l'Irlande à la France, comme indemnité dés frais de guerre.

A* peine le cardinal avait-il fini de parler^ que

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s'indigoajit de iceMe proposition offcpsante pomr son JiKH^iQur^ le priniQ^ «e leva licuqsfiipeAt de s^fihai^^eji^^écTismt : « ISop > «9on5i0ar ie cardv(v4 7 to^t ou rien ; |Mâot de partage. .i> On ^o^pçoivia M* deXencâQ dVvoir moins ^ongé^ «a ceUe jwcQns\aniiè^ k l'agcandissenient An rojasnie tcés c^étien qu!à Taugineiitation de ses^ bénéfices^ qu'Uieut iwulu augmente!! du tstre^ des xey^us de Prmat d'Irlande.

Ç^atrJe^nEdjOuaird .iJla se montrer à la cour d'^Espagi^e àl'îivéneineDtdé'felidixiand Vij U y troitv^aiipf ég^^rds^ des honunagês ménie^ mais 6QCC^. i^oii^ d'offres rédles de service qa*k Vers9ille^^£til xeYUit i^u bout de quelques nois ^ Paiûfp J^a fortune souriait à nos armes sur le ,€i>ptili€ffkt. Lai^Md y /comsaie Fonteaoj^ aYak ^u iltf^upiceifcricaiïpbdiit^etle duc de Gumberlaad re- |)(Ç(USsé ; Loii/v.endaÛ garait le bâton de înarédial de F^^auce h l'as$auit de fierg'H>p<-Zoom j Bciie^da p)i^S09idefi Autpiohiens dé laProrenee^ un mOivo^fXt eo^^bîe ; (Gèuos devait son salot a Boini&ers let à jRiicbeli£iu^ et quoique mow beareu6e mit p^er ^ la ^i:ance pouvait se dire généreuse en co&- ^ptaiit à la padficatîoa de TEurope. Le traité 4'Aix-{Ur^bapelle fut signé le 1 8 octobre 1748. Comme Louis XIV à Ry swick , Louis X. V abandonnai tousses avantages^etnestipulaitqœ pour

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ses alliés ; niaU après le traité de Rys\vick , Louis XIV resta encore long-tenrips le grand rôi, avec toute la dignité de son caractère i depuis* la paix d'Aix-la-Cliapelle , Louis XV , réduit pour toute^ grandeur aux ennuis de l'étiquette^ ne fit plus que s'elTacer du gouvernement par égoîsme pu mollesse ^ et puis se dégrader dans de conti* nuelles débauches. Malheureusement pour Ciiar-^ les-£douard^ il y eut entre les deux traitée cette ressemblance^ qu'à Rysv^ick Jacques II avait vu l'Europe reconnaître Guillaume ; et qu'à Aixla-Chapelle son petit-fils vit la couronne de la Grande-Bretagne garantie à la maison de Brunswick, par un article qui devait l'obliger à quitter Les domaines du roi de France.

.Le prince afiecta de ne point parsutre abattu, ni même inquiet de ce changement de fortune. Il avait témoigné plus franchement ses regrets, au mois de juillet de l'année précédente, lorsque sou frère avait renoncé à toute espérance de couronne terrestre , en acceptant la pourpre romaine sôus le titre de cardinal, d'York. On eût dit qu'il se refusait à croire qu'un roi de France abandonnât ainsi celui de ses alliés qui n'avait plus d'autre force que. celle qu'il voudrait lui prêter. Il se montra eurpublic plus souvent qu'auparavant; il loua un riche hôtel sur le quai des Théalîns, pour se rap-

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