‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 102 sur 144 · NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI

renoncé à toute poursuite contre les cinq membres * ; il consentait môme à nommer gouverneur de la Tour sir Jolm Conyers, que les Communes avaient désigné'; mais c'était son espoir, jusqu'au jour oij il serait prêt, de ne rien faire de pluS;, d'éluder toute grande question. L'exclusion des évêques troublait sa conscience ; l'abandon de la milice livrait à ses adversaires toutes les forces du pays. Cependant on le pressait; ses propres conseillers ne croyaient pas qu'il pût tout refuser; lord Falkland, supposant toujours la sincérité, penchait toujours vers les concessions; Colepepper, peu dévot et porté aux expédients, insistait vivement pour l'adoption du bill sur les évêques , disant que la milice était d'une bien autre importance , qu'avec l'épée on pourrait tout reprendre, et qu'alors il serait facile de déclarer nul un consentement que la violence aurait arraché. « Est-ce « l'avis de Hyde?lui dit le Roi. — Non, sire, je l'avoue; « il pense que ni l'un ni l'autre bill ne doit être sanc- « tionné. — Il a raison, et ainsi ferai-je. » Colepepper alla trouver la Reine, lui peignit les dangers du Roi, les siens propres, les obstacles que rencontrerait son voyage, seul moyen de mettre le Roi en état de'vaincre un jour ses ennemis. A la véhémence de ses gestes, de SCS paroles, la Reine, aussi prompte à la peur qu'à l'espérance, et peu amie d'ailleurs des évêques anglicans.

1 Le 2 février 1642. Eushworlli, part. III, 1. 1, p. 492. s Le 11 février. Parliam. Hist., t. II, col. 1087. — Clarendon. Bid. uftherehell, t. III, p. 85.

ET LE PARLEMENT (février-mars 1642). 343

se laissa aisément troubler et persuader. Elle courut chez Bon inarij pria, pleura, s'emporta, au nom de sa sûreté, de leur avenir, de leurs enfants. Charles était incapable de lui résister; il céda avec tristesse et repentir, comme dans le procès de Strafford, autorisa des commissaires à Bigner le bill en son nom, ne parla point de la milice, et partit aussitôt pour Douvres', où la Reine devait s'embarquer.

A peine y était-il arrivé qu'un message des Communes vint l'y chercher; comme Colepepper, elles tenaient bien plus à la milice qu'à l'exclusion des évoques, déjà vaincus et en prison. Elles s'étaient hâtées de rédiger leur ordonnance, y avaient inséré les noms des lieutenants qui devaient commander dans chaque comté, et en sollicitaient la prompte sanction. « 11 me faut du a temps, dit le Roi; je répondrai à mon retour \ » Comme il revenait, après rembarquementde la Reine*, un nouveau message le rejoignit sur la route, à Canlorbéry*, insistant plus vivement encore. Il apprit en même temps que ks Communes s'opposaient au départ de son fils Charles , prince de Galles, qu'il avait mandé à Greenwich, voulant l'emmener avec lui dans le nord ; qu'elles poursuivaient le procureur général Herbert pour avoir obéi à ses ordres en accusant les cinq mem-

» Le 16 février 1642. Mémoires de Clarendon, t. I, p. 144-IlS, dans ma Collection.

« Parliam. HisL, t. II, col. 1083-1085, 1091, 1097. » Il eut lieu le 2.3 février.

» Le 25 février 1642.

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