‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 103 sur 144 · S44 NEGOCIATIONS ENTRE LE ROI · texte numérisé non relu

S44 NEGOCIATIONS ENTRE LE ROI

bres; enfin qu'elles avaient intercepté et ouvert une lettre de lord Digby à la Reine. Tant de méfiance, après tant de concessions, l'offensa comme si les concessions eussent été sincères. Il traita les messagers avec beaucoup d'humeur, sans rien décider pourtant K Arrivé à Greenwich -, il y trouva le prince, que son gouverneur le marquis de Hertford, malgré la défense des Communes, s'était empressé de lui amener. Alors enfin, tranquille sur sa femme et ses enfants, il envoya aux Chambres sa réponse ' : il leur offrait de confier la milice aux commandants qu'elles avaient désignés, mais en conservant le droit de les révoquer, et en exceptant de cette mesure les principales villes du royaume, où la milice devait rester sous l'empire de leurs chartes et des anciennes lois; puis, sans rien attendre, il partit pour York, voyageant avec lenteur. A Théobalds, douze commissaires des Chambres le rejoignirent * : en recevant sa réponse elles avaient volé que c'était un refus positif, que, s'il persistait, elles disposeraient de la milice sans son aveu, et que son retour à Londres pouvait seul prévenir les maux dont le royaume était menacé. Le ton du message était rude, comme si les Chambres avaient voulu laisser voir qu'elles sentaient leur force et ne craindraient pas d'en

1 Mémoires de Clarendon , 1. 1, p. 153-156, dans ma Collection, 8 Le 26 février.

3 En date du 28 février. Rushworth, part. III, t. I, p. 521.— Mémoires de Clarendon, t. I, p. 156-160.

» Le 1" mars 1G42.

ET LE PARLEMENT (février-mars 1642). 345

user : a Je suis si étonné , dit le Roi, que je ne sais com- « ment vous répondre; vous parlez de craintes et de « méfiances; mettez la main sur votre cœur, et deman- « dez-vous si, moi aussi, je ne puis pas avoir des « méfiances et des craintes ? J'ai bien pensé à cette « affaire de la milice; ma réponse est juste : je n'y a changerai rien. Quant à ma résidence auprès de vous, « je voudrais qu'elle pût être sûre et lionorahle, et a n'avoir point de raison de quitter ^Yllitellall : qu'en « pensez-vous? Sur mon honneur, je ne veux que paix « et justice pour mon peuple ; je saurai les maintenir; « je compte sur la bonté de Dieu pour me défendre, « moi et mes droits'. » Et il continua sa route. Huit jours après *, à Newmarket, de nouveaux commissaires se présentent; ils apportaient une déclaration où le Parlement, rappelant tous ses griefs, toutes ses craintes, justifiait sa conduite et conjurait encore le Roi de revenir à Londres, de s'entendre avec son peuple, de dissiper ainsi les funestes pressentiments qui agitaient tous les cœurs. Une vivo émotion perçait à travers la fermeté du langage ; elle parut également dans l'entrevue des commissaires et du Roi; la conversation fut longue, pressante, familière, comme entre gens profondément troublés de leur rupture imminente et qui essayaient encore de se persuader ; il était clair que, sans hésita-

* Rushworfli, part. III, t. I, p. 523-524. — Mcinoires de Clarea-* don, 1. 1, p. 1G4.

» Le 9 mars 1G42.

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