‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 104 sur 144 · NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI

tion, sans moyens de rapprochement, jugeant la lutte inévitable, et bien résolus de la soutenir, les deux parlis ne s'y engageaient pourtant qu'avec angoisse, et tentaient, pour l'écarter, un dernier eflort, avec abandon bien que sans espoir. « Que voulez-vous donc? dit le Roi; « ai-je violé vos lois? ai-je refusé aucun bill pour la « sûreté de mes sujets? Je ne vous demanderai pas ce « que vous avez fait pour moi : est-il quelqu'un qui a craigne encore? j'offre un pardon aussi général, aussi « complet que vous-mêmes pourrez l'inventer. — Mais « la milice , sire, dit lord HoUand. — La milice? Je n'ai « pas refusé. — Que Votre Majesté revienne du moins « auprès du Parlement. — Vous ne faites rien qui m'y « porte : croyez-vous votre déclaration propre à me « décider? A coup sûr ce n'est pas dans la rhétorique « d'Aristote que vous avez trouvé de tels moyens de « persuasion. — Le Parlement, dit lord Pembroke, en a « déjà humblement supplié Votre Majesté. — Votre dé- « claration me prouve que les paroles ne signifient rien, a — Que Votre Majesté daigne donc nous direclaii-emcnt « ce qu'elle voudrait pour s'y résoudre. — Je ferais « fouetter un enfant de l'école de Westminster qui, dans < ma réponse, ne saurait pas voir ce que je veux; vous « vous trompez si vous y trouvez un refus de retourner « auprès du Parlement. — Ne serait-il pas possible d'ac- « corder au Parlement la milice, au moins pour un « temps limité? — Non, de par Dieu, pas pour une « heure; vous m'avez demandé là ce qu'on n'a jamais « demandé à un Pioi, ce que je ne confierais pas à ma

ET LE PARLEMENT (février-mars 1642). 547

« femme et à mes enfants. » Puis se tournant vers les commissaires des Communes : o Les affaires d'Irlande « ne se feront jamais avec les moyens que \ous avez « pris : une assemblée de quatre cents personnes n'en « viendra jamais à bout : il faut que cela soit remis aux « soins d'un seul homme : si l'on m'en chargeait, j'y « engagerais ma tête; je ne suis aujourd'hui qu'un « mendiant, et pourtant je trouverais de l'argent pour < y réussir K » Ces derniers mots réveillèrent toutes les méfiances ; on y vit l'aveu de ressources inconnues, le dessein de décrier le Parlement, en lui imputant les maux de l'Irlande, enfin le désir de se trouver seul à la tête d'une armée pour en disposer à son gré. La conférence n'alla pas plus loin ; les commissaires partirent ; le Roi reprit sa roule , et arriva à York sans autre incident.

Alors commença, entre le Parlement et lui, une lutte jusque-là sans exemple en Europe, clair e;t glorieux symptôme de la révolution qui commençait alors et s'accomplit de nos jours dans les sociétés. Les négociations continuèrent, mais sans que l'un ni l'autre parti en espérât rien, ou se proposât même de traiter. Ce

l Cette conversation est tirée d'un pamphlet publié h. Londret» aussitôt après le retour des commissaires (chezW. Gay, 164-2), et qui contenait le récit de tout ce qui s'était passé entre eux et le Roi. L'imprimeur de ce pamphlet fut mandé et interrogé par la Chambre haute ; mais il répondit qu'il tenait ce manuscrit du secrt'taire du chancelier, etla Chambre le renvoya (Parîtaîn. Ilist., t. II, col. lUO-1127.— Kushv'orth^ part. III, t. I, p. 526-533).

n'était plus l'im à l'autre qu'ils s'adressaient dans leurs déclarations et leurs messages ; tous deux parlaient à la nation entière, à l'opinion publique: de cette puissance nouvelle tous deux semblaient attendre leur force et leur succès. L'origine et l'étendue du pouvoir royal, les privilèges des Chambres, les limites du devoir de fidélité imposé aux sujets, la milice, les pétitions, la disposition des emplois devinrent l'objet d'une controverse officielle où les principes généraux de l'ordre social, la diverse nature des gouvernements, les droits primitifs de la liberté, l'histoire, les lois, les coutumes de l'Angleterre, étaient allégués, expliqués, commentés tour à tour. Entre les débats des deux partis au ëein des Chambres et leur rencontre à main armée sur les cliamps de bataille, on vit le raisonnement et la science s'interposer, pour ainsi dire, durant plusieurs mois, suspendre le cours des événements, et déployer leurs plus habiles efforts pour conquérir la libre adhésion des peuples, en imprimant à l'une ou à l'autre cause le caractère de la légitimité. A l'ouverture du Parlement, l'Angleterre n'avait point cru ni voulu tenter une révolution; les dissidents seuls en méditaient une dàn£ l'Église; le retour à l'ordre légal, le rétablissement des anciennes libertés, la réforme des abus actuels et pressants, tels étaient, il le croyait du moins, le vœu et l'espoir du pays. Les chefs eux-mêmes, plus hardis et plus éclairés, ne formaient guère de plus vastes projets; l'énergie de leur volonté surpassait l'ambition de leurs pensées; et ils s'étaient engagés de jour en jour sans but

éloigné, sans système, par le seul développement progressif de leur situation, et pour suffire à d'urgentes nécessités. Au moment de tirer l'épée, tous s'étonnèrent et s'émurent : non que leur cœur fût timide, ni que la guerre civile en général eût, aux yeux du Parlement et même du peuple, rien d'étrange ou de criminel; il la lisait avec orgueil dans la grande Charte, dans son histoire; plus d'une fois il avait bravé ses maîtres, retiré même et donné la couronne ; temps déjà si loin de lui, qu'il en avait oublié les misères, et n'y voyait plus que de glorieux exemples de son énergie et de son pouvoir. Mais c'était toujours au nom des lois, de droits certains et avoués, que la résistance s'était déclarée ; en conquérant la liberté, l'Angleterre avait toujours cru défendre son héritage; et aux seuls mots de loi^ d'ordre légal, s'attachait ce respect populaire et spontané qui repousse la discussion et sanctionne les plus audacieux desseins. Or, maintenant les deux partis s'accusaient réciproquement d'illégalité et d'innovation, et tous deux avec justice, car l'un avait violé les anciens droits du pays, et n'abjurait point les maximes de la tyrannie; l'autre réclamait, en vertu de principes confus encore, des libertés et un pouvoir jusque-là inconnus. Tous deux sentirent le besoin de couvrir du manteau légal leurs prétentions et leurs actes; tous deux entreprirent de se justifier, non-seulement selon la raison, mais selon la loi. A leur suite, la nation entière s'élança avec transport dans cette arène, agitée, encore plus que ses chefs, de sentiments qui semblaient s'exclure, et pour-

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tant également sincères. A peine aifranchie d'une oppression qu'avaient condamnée, sans la prévenir, le« lois de ses aïeux, elle cherchait avec passion des garanties plus efficaces; mais c'était toujours à ces mêmes lois, d'une impuissance naguère éprouvée, que s'attachait son espoir. De jeunes croyances, des idées nouvelles fermentaient dans son sein ; elle leur portail une foi vive, pure, se livrait même, avec force et confiance, à cet enthousiasme qui poursuit le triomphe de la vérité, n'importe à quel prix ; et, en même temps, modeste dans ses pensées, fidèle avec tendresse à ses habitudes, pleine de respect pour ses vieilles institutions, elle voulait croire que, loin d'y rien changer, elle ne faisait que leur rendre hommage et les remettre en vigueur. De là un singuher mélange de hardiesse et de timidité, de sincérité et d'hypocrisie, dans les publications de toute sorte, officielles ou hbres, dont l'Angleterre fut alors inondée. L'ardeur des esprits était sans mesure, le mouvement universel, inouï, déréglé; à Londres, à York, dans toutes les grandes villes du royaume, les pamplilets, les journaux périodiques, irréguliers, se multipliaient, se propageaient en tous sens ' ; questions politiques, rehgieuses, historiques, nouvelles, sermons, plans, conseils, invectives, tout y prenait place; tout y

> Voici les titres de quelques-uns de ces écrits: Mercurius au- Ucus, Mercurius Britaixnicus — rusticus—pragmaticus—polilicus^piirllicus; Diurnal paper; Diurnal occurrences ; Aperfect Diurnalufsom» f (usages in Parliament ; Lundon-IntelUgeicerj etc., etc.

était raconté, débattu; des messagers volontaires les colportaient dans les campagnes; aux assises, les jours de marché, aux portes des églises, on se pressait pour les acheter ou les lire; et dans cette explosion de toutes les pensées, au milieu de cet appel si nouveau à l'opiûion du peuple, tandis qu'au fond des démarches et des écrits régnait déjà le principe de la souveraineté nationale aux prises avec le droit divin des couronnes, les statuts, la jurisprudence, les traditions, les usages étaient sans cesse invoqués comme seuls juges légitimes du débat; et la révolution était partout sans que nul osât le dire, ni peut-être se l'avouer.

Dans cet état des esprits, la situation morale du Parlement était fausse ; car c'était par lui et à son profit que s'accomplissait la Révolution ; contraint de la faire et de la nier à la fois, ses actes et son langage se démentaient tour à tour, et il flottait péniblement entre l'audace et la subtiUté, la violence et l'hypocrisie. Considérer comme des maximes et des mesures d'exception, applicables à des temps de crise, et qui cesseraient avec la nécessité, ses principes étaient vrais et ses résolutions légitimes; mais les partis ne se résignent point de la sorte à ne posséder qu'une légitimité éphémère; les peuples ne se dévouent point avec enthousiasme pour des doctrines et des intérêts d'un jour; au moment même où le présent seul les domine et décide de leurs opinions et de leurs actes, ils veulent croire à la perpétuité de leurs idées, de leurs œuvres, et prétendent réiiler lavouir au nom de 1 clernelliî vérité. Non content

de se saisir du pouvoir souverain, le Parlement vota, en principe et comme pour définir l'ordre légal du pays, que le commandement de la milice n'appartenait point au Roi , qu'il ne pouvait refuser sa sanction aux biîls voulus du peuple,, que les Chambres, sans son concours, avaient le droit de déclarer quelle était la loi, enfin qu'il était bon et licite de solliciter par des pétitions le changement des coutumes ou des statuts en vigueur, mais que toute pétition pour leur maintien devait être repoussée comme sans objet K Malgré l'incertitude et la diversité des anciens exemples, de telles maximes, érigées en droit public et permanent, étaient évidemment contraires aux fondements historiques, à l'état régulier, à l'existence même de la monarchie. Le Roi se hâta d'en profiter. A son tour, il parla au nom de la vieille Angleterre, de ses lois, de ses souvenirs. D'habiles et savants défenseurs se chargèrent de sa cause. Edouard Hyde , encore à Londres, et tantôt seul, tantôt de concert avec Falkland, rédigeait des réponses à toutes les publications du Parlement. Portées à York en toute hâte par de secrets messagers , ces pièces étaient remises au Roi seul, qui passait les nuits à les copier de sa main, pour que nul n'en connût l'auteur, et les publiait ensuite au nom de son Conseil *. Écrites avec art et clarté, quelquefois

. Clarendon , H'ist.of the relell, t. III, p. 130, Mo.— Parliam, Bist., t. II, col. 1140, sous la date du 22 mars 1G12.

* Mémoires de Clarendon, t. I, p. 157, 167, 172; dans ma Coiî^c iion. — Mémoires de Warwick, p. 104, ilid.

même avec une pressante ironie, elles tendaient surtout à dévoiler les subtilités, les artifices, rillégalité des prétentions du Parlement. Cliarles ne gouvernait plus, n'avait plus de tyrannie actuelle à défendre ; il pouvait se taire sur ses principes cachés , ses arrière-pensées , ses despotiques espérances, et invoquer la loi contre ses ennemis, despotes régnants à leur tour. Tel fut l'effet des publications royales, que le Parlement mit tout en œuvre pour les étoulTer, tandis que le Roi faisait imprimer, en regard de ses réponses, les messages du Parlement '. Le parti royaliste grossissait à vue d'œil; bicnlôt il s'enhardit, et tourna contre ses adversaires les armes de la hberté. George Benyon, riche marchand de la cité, adressa aux Chambres une pétition contre leur ordonnance sur. la milice, et beaucoup de bourgeois considérables la signèrent avec lui -. Les gentilshommes du comté de Kent s'assemblèrent pour en rédiger une en faveur de la prérogative et de l'épiscopat '; des membres du Parlement , sir Edouard Dering entre autres, premier auteur du bill contre les évoques, provoquaient ouvertement ces démarches*. Les pamphlets royalistes circulaient avec grande faveur; ils étaient piquants, hautains, écrits d'un ton de supériorité élégante et moqueuse; parmi le peuple même, l'insulte aux meneurs

* Rushworth, part. III, t. I, p. 751. » Parliam. Hist., t. II, coL 1150.

* Le 25 mars, aux assises de Maidsioiic , Parliam. ffis^, t. II, rcl. 1117.

* Le ■-'•"> mars, aux assises île Maiilstono, ilid., col. 1117.

des Communes trouvait accueil et crédit : on y parlait avec dérision du Roi Pijm, et des pains de sucre qu'il avait jadis reçus en présent, et de 10^,000 livres sterling, de l'argent du Roi, qu'il venait, disait-on, de donner en dot à sa fille, et de la poltronnerie du comte de Warwick, qui avait son cœur dans ses hottes, et mille autres grossiers propos que naguère personne n'eût voulu redire ou seulement écouter K Dans les Cliambres , enfin, les amis du Roi se montraient fiers et susceptibles; des hommes jusque-là silencieux , sir Ralph Hopton , lord Herbert, repoussaient vivement les insinuations olîensanlcs pour son honneur. Il était clair qu'aux yeux de beaucoup de gens sa cause devenait bonne, et qu'ils la soutiendraient au besoin, car ils n'hésitaient plus à l'avouer. Le Parlement prit l'alarme; l'amour-propre des chefs s'irrita; nourris dans la popularité, ils sup[)ortaient impaliemment l'injure, le dédain , et que, dans cette guerre de plume , l'avantage parût rester à leurs ennemis. A ce péril, et autant par humeur que par calcul, ils opposèrent la tyrannie ; toute libre discussion cessa; sir Ralph Hopton fut mis à la Tour *, lord Herbert censiu^é avec menaces ^, George Benyon et sii Edouard Dering accusés *, la pétition du comté de Kent étouffée ^ Le bruit courut qu'elle allait reparaître;

* Parliam. Hist., t. II, coL 1164, 1405.

» Le 7 mars 1642. Parliam. Hisl., t. II, coL 1118. » Le 'iO mai 1642. Ibid., coL 1242.

• Les 31 mars et 26 avril 1642. Ibid., col. 1M9, 1188. » Le 28 mars 1642. Ibid., t. II, col. 1147.

Cromwell se hâta d'en informer les Communes, cl reçut mission de prévenir ce danger '. Encore peu apparent dans la Chambre, mais déjà phis liabile et phis enusiiié que tout autre dans les trames de la révolution, c'était à ces soins extérieurs à échauffer le peuple, à éi)i('r, à dénoncer, à déjouer les royahstes , que s'employaient alors son activité et son crédit.

La guerre prochaine n'était plus douteuse; les partis ne pouvaient plus vivre ensemble ni siéger dans les mêmes murs. Chaque jour des membres du Parlement quittaient Londres, les uns, dégoûtés ou effrayés, pour se l'étirer dans leurs terres, les autres pour aller ciiercher ailleurs, loin d'une ville où ils se sentaient vaincus, de nouvelles armes contre leurs ennemis. La plupart se rendaient auprès du Roi, qu'avaient déjà rejoint presque tous ses conseillers ^ Un incident inattendu vint précipiter cette émigration et séparer sans retour les deux partis. Le 23 avril, le Roi, à la tète de trois cents chevaux, s'avança vers Hull, et requit sir John Holham, gouverneur de la place, de la remettre entre ses mains. Faible, irrésolu, peu animé contre la couronne, et sans instructions qui eussent réglé d'avance sa condiùte, sir John, en proie à la plus vive perplexité, fit suppUerle Roi d'attendre qu'il eût informé de son vœu le Parlement. Mais Charles approchait toujours et parut à onze

> Le 28 avril 1642. Parham. Hist., t. Il, coL 1194. « May, Hist. du Long l'arl.. t. I, p. 3:18-347, clans ma CoUectiofu — Clareiulon, //t's/. uftlie rcbclL, t. IV, p. G.'il <'t siiiv.

356 LE ROI DEVANT HULL (23 avril 1G4Î).

heures sous les murs. Il avait des intelligeuces dans la ville ; la veille même, son fils Jacques, duc d'York, le prince Palatin, son neveu, et lord Ncv/port y étaient entrés sous prétexte d'y passer un jour. Déjà le maire et quelques citoyens marchaient vers les portes pour les lui ouvrir; Hotham leur ordonna de rentrer chez eux, et, suivi de ses officiers, se rendit sur le rempart. Là le Roi en personne le somma de le recevoir. Sir John tomba à genoux et s'excusa avec angoisse, au nom du serment qu'il avait prêté de garder la place selon les ordres du Parlement. De violents murmures s'élevèrent parmi les Cavaliers qui entouraient le Pioi ; ils menaçaient sir John, l'appelant rebelle et traître : « Tnez-lel « criaient-ils aux officiers de la garnison , jetez-le en a bas ! » Mais les officiers avaient décidé la résistance du gouverneur. En vain Charles lui-même essaya de les intimider ou de les séduire; après de longs pourparlers, il se retira, mais à peu de distance, et au bout d'une heure, fit demander à sir John de l'admettre seul, avec vingt chevaux. Sir John refusa également. « S'il était a entré, écrivit-il aux Cliambres, seulement avec dix « hommes, je n'étais plus maître de la ville. » Le Roi revint au pied du rempart, fit proclamer traîtres Hotham et ses adhérents, et le jour même adressa au Parlement un message pour demander justice d'un teJ attentat *.

1 Clarendon, n!st. of the rehcll., t. III, p. 235. — Rushwortn, part. III, t. I, p. 5G7. — Parliam.nist., t. II, col. 11'J7, où se trouva

LE ROI A YORK (avril 1G42). 357

Le Parlement avoua de tout son gouverneur, et répondit au Roi que ni les places ni les arsenaux n'étaient des propriétés personnelles qu'il pût réclamer en vertu de la loi, comme un citoyen sa maison ou son champ; que le soin lui en était remis pour la sûreté du royaume, et que la même cause pouvait commander aux Chambres de s'en saisir'. La réponse était franche et légitime, mais équivalait à une déclaration de guerre. On la prit pour telle des deux parts. Trente-deux lords et plus de soixante membres des Communes, M. Hyde entre autres, partirent pour York ^ Les comtes d'Essex et HoUand, l'un grand cliambellan, l'autre premier gentilhomme de la chambre, reçurent du Roi l'ordre de le rejoindre ; il voulait s'assurer de leur personne et enlever au Parlement leur appui. De l'aveu de leur Chambre, ils s'y refusèrent et perdirent leurs charges'. Le chanceUer Littleton, après de longues et pusillani-

la lettre dans laquelle Uothamlui-mùme rend compte auxCham* bres de Tévénement.

* Parliam.nist.,t. Il, col. 1188, 1193, 1204,1209.

• May, Hist. du Long Pari., t. I, p. 339, dans ma CoUecHon.— Mémoires de Clarendon, t. I, p. 174 et suiv. Le 16 juin 1642, un appel nominal de la Chambre des Communes constata l'absence de soisanle-cinq membres sans excuse connue et k'gitimc; il fut proposé qu'ils ne pussent rentrer dans la Chambre sans avoirjuslific des motifs de leur absence, et la motion passa à une majorité de cinquanie-cinq voix. On voulut leur imposer aussi une amende de 20 Hv. stcrl.; mais la proposition fut repouss(!e par une majorité de vingt et une voix. (p<ir/iani. JJist., t. II, col. 1373.)

5 IliJ., t. II, col. 1171-1173.— Clarendon, IJist. ofthe rehdh, t. III, p. 182 et suiv.

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