‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 105 sur 144 · LE PARLEMENT ENVOYE DES · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT ENVOYE DES

mes hésitations, fit passer au Roi le grand sceau, et s'évada lui-même le lendemain*. La rumeur fut vive à Londres, car à la possession du grand sceau semblait attaché le gouvernement légal. La Chambre haute parut troublée et près de faibhr. Mais l'énergie des Communes prévint toute incertitude. Les membres absents furent sommés de revenir ^ : sur le refus formel de neuf lords, des poursuites commencèrent contre eux^; défense fut faite à tout citoyen de prendre les armes sur l'ordre du Roi '^; des instructions envoyées dans tous les comtés prescrivirent l'organisation de la milice^; en beaucoup de lieux elle se formait et s'exerçait spontanément. La translation des arsenaux de IIuU à Londres fut commandée, et s'accompht malgré les obstacles ^ Le Roi avait ordonné celle des assises de Westminster à York, pour attirer dans sa résidence le gouvernement légal tout entier; le Parlement s'y opposa, et fut obéi \ Enfin il nomma un comité chargé de négocier, dans la cité, un emprunt, sans en indii[uer l'emploi ', et fit partir pour York des commissaires, tous gentilshommes riches et accrédités dans cette province, avec ordre de résider auprès du Roi , quoi

1 Clarendon, Hist., ofthe rebell, t. III, p. 341-348 ; t. IV, p. 1-&

» Les 25 mai et 2 juin 1642. Parliam. Eist. t. II, col. 1296, 1327.

s Le 15juin 1642. Ibid., col. 1368.

* Le 17 mai 1642. Ibid., col. 1235.

5 Le 4juin 1642. Ibid., col. 1328.

« Ibid., col. 1319.

7 Ibid., col. I:i33.

» Le 31 mal 1612. Ibid., col. 1323.

COMMISSAIRES A YORK (mai 1642). 359

qu'il pût dire, et de rendre compte aux Chambres de tout ce qui se passerait sous leurs yeux ^

La fermcfé des commissaiies fut égale aux périls de la mission : « Messieurs, leur dit le Roi à leur arrivée, « que venez-vous faire ici ? Je vous ordonne de repar- « tir; si vous me désobéissez, si vous restez, prenez « garde à vous ; point de menées, point d'intrigues; « sinon, nos comptes seront bientôt réglés ^ » Ils répondirent respectueusement et restèrent, insultés chaque jour, souvent menacés, rarement libres de sortir, mais agissant sous main, observant toutes choses et informant de tout le Parlement. Tout était en mouvement à York comme à Londres : le Roi commençait à lever une garde; mais n'osant requérir imj)érieusement ce service, il avait convoqué, pour l'obtenir de leur zèle, les gentilshommes des environs '. La réunion fut nombreuse et bruyante * ; de longues acclamations accueillirent les paroles du Roi; des huées éclatèrent à la vue des commissaires du Parlement. Mais le même jour arrivèrent à York, au nombre de plusieurs mille, les francs-tenanciers et les fermiers qu'on avait pris

• Le 2 mai 1612. Ces commissaires étaient les lords Howard et Fairfax, sir Hugh Cholmondley, sir Henri Cholmondley et si» Philippe Stapleton. {Parliam. Hist., t. II, ool. 1206, 1210-1212.)

' Le 9 mai 1642. Lettre du comité d'York au Parlement, dans la Parham. Hist., t. II, col. 1222.--Clarendon, Uist. ofthe rebell, t. IIL P- 249-256.

3 Ibid., t. III, p. 281 etsuiv.

* Le 15 mai 1642. May, }iist. du Long Pari., t. I, p. 332 et suivantes, dans ma Collection.

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