C4 SITUATION COMPARÉE
modement, en dix-neuf articles^, furent même rédigées et solennellement envoyées au Roi^ Mais en attendant sa réponse, on continua détouffer toute pétition favorable au maintien de la paix - ; on poussa les préparatifs militaires ouvertement et avec vigueur. Charles avait offert d'aller en personne réprimer la rébellion d'Irlande, chaque jour plus violente; son offre fut rejetée'. Il refusa de nommer lord \Yarwick, que désignaient les Chambres, au commandement de la flotte * ; Warwick en prit possession malgré son refusa Le lord maire Gourney ne craignit pas de publier dans Londres la commission du Roi qui ordonnait de lever la milice pour son service et en son nom; il fut accusé, mis à la Tour, révoqué, et Talderman Pennington, puritain ardent, le remplaça dans ses fonctions®. La cité prêta 100,000 livres sterling"; on en prit 400,000 sur les fonds destinés à secourir l'Irlande*; une souscription
1 LeSjuin 1 6i2. Parliam. Hist., col. 1324-1327. —May, Hist. du Long Pari., t. I, p. 3C3-371, dans ma Collection.
2 Entre autres une pétition préparée au commencement de juin dans le comté de Somerset. [Parliam. Hist., t. Il, col. 1366.)
» Le 15 avril 1642. Parliam. Hist., t. II, col. 1169-1172 et suir.
* Le 31 mars 1642.
6 Parliam. Hist. ,i.U, col. 11-64-1165.— May,fîwt.duLongParî., t. I, p. 395 et suiv., dans ma Collection.
6 Le 18 août 1642. Parliam. Hist., t. II, col. 1203, 1403, 1452.— Slate-Trials, t. IV, col. 159.
1 Le 4 juin 1642. Parliam. Hist., t. II, col. 1328.
» Le 30 juillet 1642. May, Hist. du Long Pari, t. II, p. 33-40, dans ma Collection. — Parliam. Hist., t. II, col. 1443-1448.
DU ROI ET DU PARLEMENT (mawuillet 1642). 365
s'ouvrit dans les Chambres'; cIukiuc membre, appelô, à son lour, fut tenu d'exprimer sur-le-champ soninîen» tion : quelques-uns refusèrent. : « Si l'occasion s'en « présente, dit sir Henri Kilîigrew, je me procurerai un « bon cheval, une bonne cotte de buffle, une bonne « paire de pistolets, et je ne serai pas embarrassé pour « trouver une bonne cause. » Mais il partit aussitôt pour son comté, car après de telles paroles il n'eût pu passer dans les rues de Londres sans insulte et sans péril'. L'ardeur du peuple était au comble; dans la cité comme à Westminster, leloignement des membres royalistes avait abattu leurs partisans. Le Parlement fit un appel au patriotisme des citoyens; argent, vaisselle, bijoux, tout fut requis pour équiper queltjues escadrons de cavalerie, sous la promesse d'un intérêt de huit pour cent. Les chaires retentirent des exhortations des prédicateurs; l'effet surpassa les conseils des plus passionnés et l'attente des plus confiants; pendant dix jours, une immense quantité de vaisselle l'ut ai)portée à Guildliall; on manqua d'hommes pour la recevoir, de place pour la déposer; de pauvres femmes venaient apporter leur anneau de mariage, les épingles d'or ou d'argent qui retenaient leurs cheveux, et plusieurs attendaient fort longtemps avant d oblcnir qu'on les déchargeât do leurs offrandes \ Informé de ce succès des Communes,
1 Le 10 juin 1642.
« Clarendon, Hist ofthereheU., t. IV, p. 136 ; t. VIT!, p. 20).
• May, Hist. du Long Pari., 1. 1, p. 370 et auiv., dans ma CoUeo