‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 114 sur 144 · LA GUERRE CIVILE. 3T · texte numérisé non relu

LA GUERRE CIVILE. 3T

malgré son regret de s'éloigner de Londres, instruit que les comtés de l'ouest montraient plus de zèle pour sa cause, il porta à Shrewsbury son quartier général.

Depuis plus de huit jours, le comte d'Essex était à la tète de son armée : à sa sortie de Londres ' une foule immense l'avait accompagné , criant miar-' et agitant en l'air des banderoles orange , couleur de sa maison ; quiconque en portait une autre était suspect et insulté ^ Il trouva à Northampton près de vingt mille hommes réunis. Un comité des deux Cliambres lui était adjoint et devait résider près de lui , mais sous sa présidence et sans pouvoirs supérieurs au sien ^ Il avait pour instruction de transmettre au Roi une pétition qui le conjurait de revenir à Londres , et, sur son refus, de le suivre partout, « et par bataille ou autre voie, d'enlever « Sa Majesté, le prince de Galles et le duc d'\ork, ses « deux fils, à leurs perfides conseillers, pour les ramece ner au Parlement *. »

La pétition ne fut pas même présentée ; le Roi déclara qu'il ne la recevrait point transmise par des hommes (ju'il avait déjà proclamés traîtres^ A Shrewsbury, il avait repris force et confiance. De l'Ouest et du Nord, de nombreuses recrues lui arrivaient enfin ; pour leur

I Le 9 septembre 1G42.

« May, Hist. du Long Pari, t. II, p. 57.— Whitelocke, p. 59. « Parliam. Hist., t. II, col. 1473. Le comité était composé da douze lords et de vingt-quatre membres des Communes. * Parham. Ilist., t. II, col. 1471.

» Le 10 octobre 1012. Ibid., t. II, col. 1184.

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donner des armes, il avait enlevé, non sans résistance, celles des milices de plusieurs comtes ; des convois destinés à l'Irlande traversaient l'Ouest pour s'embarquer à Chester, il les avait saisis. Les catholiques des comtés de Shrop et de Stafford lui avaient avancé 5000 livres sterling; pour le titre de baron un gentilhomme en avait payé GOOO; de Londres même son parti lui avait, sous main, fait passer de l'argent. Douze mille hommes environ marchaient sous ses drapeaux*. A la tête de la cavalerie, le prince Robert son neveu % naguère arrivé d'Allemagne ', parcourait le pays d'alentour, déjà odieux par ses pillages et sa brutalité, mais déjà redouté pour son audace. Essex n'avançait qu'avec lenteur et comme pour suivre plutôt que pour atteindre son ennemi. Arrivé le 23 septembre à Worcester, à quelques lieues du Roi, il y passa trois semaines sans agir. Enhardi par cette inaction, par le succès de quelques escarmouches, par le nouvel aspect de sa fortune , Charles résolut de marcher sur Londres, pour finir la guerre d'un seul coup ; et il était déjà en mouvement depuis trois jours, lorsquEssex rebroussa chemin à sa suite pour aller défendre le Parlement.

Le trouble fut grand à Londres; on ne s'attendait pas

1 May, Hist. du Long pari, t. II, p. 37-39, 56, 66-69.— Clarendon, Hist. ofthe rehell, t. V, p. 24, 29, 41, 60, 62, 68. — Mémoirtt demistriss Hutchinson, t. I, p. 199-212, dans ma Collection.

* Second fils de Frédéric V, électeur palatin. Roi de Bohême, et d'Elisabeth, sœur de Charles I^"'.

* Au commencement du mois de septembre.

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