ESSAIS DE NÉGOCIATION ENTRE
l'accueillait avec empressement, on le remerciait de son zèle; mais quand son langage devenait trop imiiérieux, quand il parlait trop insolemment des Lords et des officiers de larmée, on se sentait obligé de le réprimander \ car personne n'eût osé dire ni penser peutêtre que le Parlement se dût séparer des grands seigneurs engagés dans sa cause, ou pût triompher sans leur appui. Pour donner aux amis de la paix quelque satisfaction apparente, on imagina de la faire officiellement demander par le conseil commun, non au Parlement, mais au Ptoi lui-même; sur le Pioi tomberait ainsi l'embarras de la réponse, et la sienne ne pouvait manquer de déplaire aux citoyens. De l'aveu des Chambres, une députation du conseil commun se rendit à Oxford ^ Le Roi sourit quand elle le pressa de revenir à Londres, promettant de réprimer les émeutes : a Vous ne pouvez, dit-il, y maintenir la paix pour « vous-mêmes; « et il renvoya les députés avec sa réponse, les faisant accompagner d"un gentilhomme chargé de la hre, en son nom, à rassemblée générale de la cité. Une foule immense s'y porta ^; lord Manches.ter et M. Pym y assistaient, prêts à repousser, au nom du Parlement, les accusations du Roi, A la vue de cette bruyante multitude, le commissaire du Roi eut peur et voulut se dispenser de hre lui-même le message,
» Le 11 décembre 1642. Parliam. Hist., t. III, col. 38. * Le -2 janvier 1643.
» Le 13 janvier 16-13.
LE ROI ET LE PARLEMENT (décembre 1645). 391
allc'giiant la faiblesse de sa voix. Sommé de remplir sa charge, il obéit, et fut même contraint de recommencer deux fois sa lecture, dans deux salles différentes, pour que tout le monde l'entendît. A. la seconde fois, quelques royalistes, timidement placés près de la ï)orte, hasardèrent quelques acclamations soudain étouffées par de violents murmures. La lettre du Roi était longue et amère, pleine de récriminations qui n'annonçaient point le désir de la paix. Pym et lord Manchester y répondirent : le cri « Nous vivrons et mourrons avec « eux ! » s'éleva de toutes parts, et les pétitions pacifiques furent pour quehpie temps découragées'. Les tentatives du parti royaliste n'avaient jamais d'autre résultat; mais elles se renouvelaient sans cesse; elles tenaient Wesminster comme la cité dans une anxiété continuelle : nul ne songeait encore à leur opposer ces derniers excès de la tyrannie qui procurent aux partis quelques jours de toute-puissance, bientôt payés de longs revers; et le Parlement, appliqué à lutter contre ce mal intérieur, ne pouvait déployer au dehors toute son énergie, ni la porter librement vers d'autres combats. Dans les comtés, il en était autrement : là, rien ne gênait les partis ; là , aucune responsabilité générale et décisive ne s'attachait à leurs actes, et les besoins ou les calculs de la politique ne venaient point régler ou intimider les passions. Aussi, tandis qu'aux environs de
' Riishwortli, part. III, t. II. p. 110-llG. PaïUavi. llist., f, III, coL 41)01.