DANS LES COMTÉS
mémo simultanément, un homme riclio et accrédité levait un petit corps et guerroyait en partisan, tantôt aux environs de sa ville ou de sa terre, tantôt se portant plus loin, selon son audace, sa force ou la nécessité *. Que si ailleurs des dispositions plus pacifiques prévalaient un moment, elles se manifestaient avec la même indépendance : dans les comtés d'York et de Chester, les deux partis, se jugeant à peu près égaux et plus capables de se nuire que de se vaincre, conclurent offlciellcmcnt un traité de neutralité^; et presque en même temps, à l'extrémité opposée de l'Angleterre, les comtés de Devon et de Cornouailles se juraient, par commissaires, de rester en paix, laissant la cause se débattre entre le Roi et le Parlement '. Mais le Parlement et le Roi blâmèrent rudement de telles conventions *, et les hommes mêmes qui les avaient conclues avaient trop présumé de leur patience mutuelle. On se battit bientôt là comme ailleurs. Dans les comtés de Test, du centre et du sud-est, les plus peuplés et les plus riches, les parlementaires dominaient; dans ceux du nord, de l'ouest et du sud-ouest, la prépondérance appartenait au Roi; car la propriété territoriale y était moins divisée, l'industrie moins active, la haute noblesse plus influente, et la religion catholitjue y conservait plus de sectateurs. Mais dans l'une et l'autre de ces deux portions du
* Voir les Mémoires de mistriss Hutcbinson et ceux de Ludlow : » Clarcndon, Ilist. of IherebeU., i. V, p. 238.
3 En fiîvrier 1013. Ihid., t. V, p. 235.
* Ibid.,p, 210.