CARACTÈRE DE LA GUERRE CIVILE
royaume, surtout dans celle où prévalait le Roi, le parti le plus faible était cependant assez fort pour icnir en échec ses ennemis ; et le Parlement avait cet avantage que les comtes dévoués à sa cause, presque tous contigus et compactes, formaient autour de Londres comme une redoutable ceinture; tandis que les comtés royalistes, s'étendant du sud-ouest au nord-est , de la pointe de Cornouailles à celle de Durham, sur une ligne étroite et longue, brisée en plusieurs points par des districts de sentiments contraires, étaient beaucoup moins liés entre eux, correspondaient difficilement, pouvaient rarement agir de concert, et ne protégeaient que sur ses derrières le quartier général de Charles à Oxford , place toute royahste, mais trop avancée et presque isolée au milieu d'un territoire ennemi.
Une guerre de ce genre , au cœur de l'hiver, et les deux armées principales demeurant à peu près inactives, ne pouvaient amener des résultats prompts ni décisifs. C'était partout et chaque jour de brusques et courtes expéditions, de petites places tour à tour occupées et perdues, des surprises, des rencontres où les succès et les revers se compensaient alternativement pour les deux partis'. Les citoyens s'aguerrissaient, mais sans devenir encore des soldats. Quelques chefs commençaient à se distinguer par leur courage, leur habileté ou leur fortune; mais aucun n'était connu encore du peu-
1 Voir les Mémoires de mistriss Hutchinson et ceux de Ludlow. -May, Hkt. du. Long Pari, t. II, p. 180-212.