‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 123 sur 144 · LA REINE HENRIETTE-MARIE · texte numérisé non relu

LA REINE HENRIETTE-MARIE

lois du royaume fut vivement dénoncée au Roi et au Parlement; en vain, pour décrier ou intimider lord Newcastle, on donna à son armée le nom d'armée des Papistes et de la Reine^; formellement autorisé, et depuis longtemps, par le Roi lui-même ^ il repoussa avec dédain ces plaintes et garda ses nouveaux soldats. Bientôt il se vit à la tète de forces considérables. La Reine continuait de résider à York, moins pressée de rejoindre son mari que charmée de commander seule et de présider librement à tous les projets qui déjà s'agitaient à sa cour. Ilamillon et Moiilrose y vinrent d'Ecosse pour l'entretenir des moyens d'engager ce royaume dans la cause du Roi. Hamilton, toujours conciliateur et prudent, soutenait qu'il était possible, malgré l'influence décidément ennemie du marquis d'Argyle, de gagner le Parlement écossais. Montrose, présomptueux et hardi, voulait que, sous les ordres du comte d'Antryii, seigneur puissant dans le nord-est de l'Irlande, venu aussi à York pour offrir ses services, un corps d'Irlandais débarquât; en Ecosse, qu'on soLdcvàl les montagnards, qu'on massacrât les chefs presbytériens; et il s'offrait pour exécuter comme pour tramer le complota La Reine accueillait tous ces desseins, favorable en secret aux plus emportés, mais soigneuse

' Clarendon, HîsL ofthe reheU.,t. V, p. 246. 2 Voyez les Eclaircissements et Pièces Jdstoriqucs, n" VII. 8 Rushworth, part. III, t. II, p. 353, 980.— Baillie, Letters, t. 1, p. 'J(i.i.—llay,IIist. dv Lnvg Pari., t. II, p. 175.

REVIENT EN ANGLETERRE (fevrtek 1643). Î^S

de plaire à quiconque venait rendre hommage à son pouvoir. Eq même temps elle entamait, avec (luelqucs chefs parlementaires déjà dégoiités de leur parti, ou ébranlés i)ar son voisinage, de plus efficaces intrigues : sir Hugh Cholmondley, gouverneur de Scarborough, et qui un mois aupr /avant avait battu un corps de royalistes, promettait de lui livrer sa place ' ; sir John Hotham même ne semblait pas éloigné de lui ouvrir ces portes de Hull qu'avant l'explosion de la guerre il avait si rudement fermées au Roi. Dans tout le nord enfin les royahstcs étaient pleins d'ardeiu' et d'espérance; les parlementaires, inquiets et silencieux, écrivaient coup sur coup à Londres pour demander conseil et appui. Le Parlement lui-même s'inquiéta : au début de la guerre, il s'était flatté d'un prompt succès; l'accroissement des taxes excitait des murmures *; quelques bruils couraient de complots dans la cité; malgré l'absence de tant de membres amis de la paix, chaciue l'ois qu'il en était question, elle trouvait dans les Communes mêmes de nombreux partisans. Les négociations n'étaient pas tout à fait rompues; il fut proposé de les reprendre, et, comme preuve de bonne foi, de licencier de part et d'autre les armées en commençant à traiter. Sir Benja-

* Vers la fin de mars 1643.

> Parliam. llist., t. III, col. 77. Les nouveaux impôts s'élevaient à 10,0^0 livres sterling (20, 000 fr.) par semaine sur la citû de Londies, et 33,518 livres sterling (837,000 l'r.) par semaine aussi Bur l'ensemble du royaume. Clarendon, Hist. of therebelL, t. V| p. 2%.

Page 1