SIEGE DE GLOCESTER
deux députés de Glocester, le sergent-major Pudsey et un bourgeois, se présentèrent au camp, tous deux maigres, pâles, les cheveux rasés, vêtus de noir : « Nous a apportons à Sa Majesté, dirent-ils, une réponse de ta « pieuse "ville de Glocester. » Et aussitôt introduits ils lurent, en présence du Roi, une lettre ainsi conçue : « Nous, habitants, magistrats, officiers et soldats de « Glocester, faisons au gracieux message de Sa Majesté « cette humble réponse que, sur la foi de notre serment, « nous tenons ladite place pour le service de Sa Majesté « et de sa royale postérité, que nous nous croyons « obhgés d'obéir aux ordres de Sa Majesté tels qu'ils nous « sont transmis par les deux Chambres du Parlement, a et qu'en conséquence, avec l'aide de Dieu, nous gar- « derons ladite place de tout notre pouvoir. » A ce message si bref, lu d'un ton ferme, sec et clair, à l'étrange aspect, au froid maintien des deux députés immobiles devant le Roi en attendant sa réponse, un mouvement de surprise, de moquerie et de colère fut près d'éclater parmi les assistants ; mais Charles, aussi grave que ses ennemis, le réprima d'un geste et congédia les députés avec ces seules paroles : « Si vous espérez du secours, « vous avez tort; Waller est détruit, et Essex ne peut « venir. » A peine étaient-ils rentrés dans la place qu'un incendie général des faubourgs, allumé par les habitants eux-mêmes, ne leur laissa rien à garder qu'au dedans des murs '.
»</larendon, Eût. of the rebelL, t. VI, p. 173-176. '-May, Hist