‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 135 sur 144 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

Pendant vinprt-six jours *, ils déjouèrent, par leur infatiij^able bravoure, tous les efforts des assiégeants: sauf cent cinquante hommes tenus en réserve, la garnison tout entière était toujours sur pied ; pour tous les travaux, dans tous les périls, les citoyens se joignaient aux soldats, les femmes à leurs maris, les enfants à leurs mères. Massey fit faire même de fréquentes sorties, et trois hommes seulement en profitèrent pour déserter*. Ennuyée dime si longue attente sans gloire et sans repos, l'armée royale, pour s'en venger, dévastait licencieusement le pays d'alentour; les ofiîciers mêmes employaient souvent leurs soldats à enlever dans la campagne quelque riche fermier, quelque franc-tenancier paisible, mais mal pensant, qui ne recouvrait sa liberté qu'en payant rançon '. L'indiscipline dans l'intérieur du camp, la haine du peuple au dehors, croissaient chaque jour. On eût pu tenter un assaut; mais celui de Bristol, encore si récent, avait coûté si cher, que nul ne l'osait proposer. Le Roi, enfin, n'attendait plus son succès que de l'épuisement auquel le blocus devait tôt ou tard réduire la place, lorsque, à son extrême surprise, il apprit qu'Essex approchait. Le prince Robert, se détachant de l'armée avec un corps de cavalerie, fit de

dit Long Pari., t. II, p. 230-234, dans ma Collection.— Riishy/orih. part. III, t. II, p. 28(3 et suiv.

1 Du 10 août au 5 septembre 1G43.

* May, Hist. du Long Pari, t. II, p. 231-240.— Rushw., part. III, t. II, p. 287-2S0.— ClarenJon, Ilist. of the rehcll., t. VI, p. :J1D,

3 Clarcndon, Ilist. of the rcbdl., t. VI, p. 219.

Page 1