ESSEX FAIT LEVER LE SIÈGE
vains efforts pour l'arrêter ; le comte avançait sans se laisser détourner de sa route, poussant devant lui son ennemi. Déjà il n'était plus qu'à quelques milles du camp; déjà les cavaliers du Roi s'étaient repliés sur les avant-postes de son infanterie; dans l'espoir de retarder encore le comte^, ne fût-ce que d'un jour, Charles lui envoya un messager porteur de paroles de paix : « Le a Pailement, répondit Essex, ne m'a point chargé de a traiter^ mais de délivrer Gloccster ; je le ferai ou je a laisserai ma vie sous les murs. — Point de proposic lions ! point de propositions ! » s'écriaient ses soldats informés qu'un trompette ennemi venait d'arriver. Essex continua sa marche, et le lendemain o septembre, comme il déployait son armée sur les collines de Presbury, à deux lieues de Gloccster, la vue des quartiers du Fioi en feu lui apprit que le siège était levé '.
Il se hâta d'entrer dans la jdace -, d'y introduire des approvisionnements de tout genre, combla de louanges le gouverneur et ses soldats, féhcita les citoyens de leur courage qui avait sau^é le Parlement en lui donnant le temps de les sauver eux-mêmes, reçut à son iour dans l'église, sous ses fenêtres, en passant dans les rues, les témoignages d'une reconnaissance passionnée, et au bout de deux jours % se remit en marche pour Londres,
1 May, Eist. du Long Pari., t. II, p. 2-13-216.— Clarendon.lîtst. of the rebell., t. VI, p. 223 et suiv.— Whitelocke, p. G9.— Rushworth, part. III, t. II, p. 292.
' Le Sseptombre 1643. May, Hist. auLongParl., t. II, p. 247
" Le iO septembre.
BE GLOCESTER (septembre 1643). 439
Sar sa mission était accomplie, et il n'était guère moins >rcssant de ramener aux Cliambres la seule armée en Hat de les protéger.
Tout semblait lui [promettre une retraite aussi lieuj'cusc que son expédition : il avait, durant plusieurs jours, donné le change sur sa route; Cirenccster, avec de riclies magasins de vivres, était tombé en son pouvoir; sa cavalerie enfin avait glorieusement soutenu dans quelques escarmouches le choc si redouté des cavaliers d;i prince Robert, lorsqu'en approchant de Newbury, le 19 septembre, il reconnut que les ennemis lavaient devancé, (lu'ils occupaient la ville, les hauteurs environnantes, que le chemin de Londres lui était fermé et <]u'une bataille pouvait seule le lui rouvrir. Le Roi était en personne à la tête de son armée, dans une position avantageuse, à portée de recevoir des garnisons d'Oxford etde Wallingford les secours dont il aurait besoin. Le pays, peu favorable aux parlementaires, cachait avec soin toutes ses denrées. Quelles que fussent les chances d'une grande action, il fallait s'y résoudre, et pour passer et pour ne pas mourir de faim.
Essex n'hésita poiut : dès le lendemain', à la pointe du jour, se portant lui-même à l'avant-garde, il attaqua la principale colline et en débusquâtes régiments (jui l'occupaient. Successivement engagée par tous les corps et contre toutes les positions, la balaille dura jusqu'au soir, si vaillanuneut disputée une les i\cu\ partis, dans
• Le 20 se pie 111 bre KV'i.'J-