BATAILLE DE NEWBURY
leurs relations, mirent leur gloire à louer leurs ennemis. Les royalistes y portaient Tespoir de réparer un revers qui avait suspendu le cours de leurs triomphes; les parlementaires le désir de ne pas perdre, si près du but, le fruit d'un triomphe qui avait mis un terme à tant de revers. Les milices de Londres surtout firent des prodiges. Deux fois, après avoir rompu la cavalerie ennemie, le prince Robert vint les charger sans que, dans leurs rangs hérissés de piques, parût le moindre ébranlement. Les officiers généraux, Essex, Skippon, Stapleton, Merriek, se hasardaient en simples soldats ; et eu même temps les domestiques, les ouvriers à la suite, les valets d'armée, accourus sur le champ de bataille, y combattaient comme les plus braves officiers. La nuit venue, chacun demeura dans ses positions. Essex avait gagné du terrain; cependant les troupes royales lui fermaient encore le passage, et il s'attendait à livrer le lendemain un nouveau combat lorsque, à son extrême surprise, les premiers rayons du jour lui montrèrent l'ennemi en retraite et la route libre. Il se hâta d'en profiter, poursuivit sa marche sans autre obstacle que de vaines charges de la cavalerie du prince Robert, et, le surlendemain de la bataille, coucha dans Reading avec son armée à l'abri de tout danger K L'àpreté du choc avait rebuté les royalistes, noi:
* Rush-.vorth, part. III , t. II, p. 293-294.— May, Hist. du Long Pari., t. Il, p. 250-261. — Clarendon, Hist. of the relclL, t. VI, p. 227-231. — Whitelockc, p. 71. — Mémoires de Ludlow, t. L p. 72, dans ma Collection.