SEPTEMBRE
moins braves, mais bien moins opiniâtres que leurs adversaires, et prompts à désespérer comme à se flatter du succès. Leurs pertes d'ailleurs avaient été grandes, et de celles qui, autour d'un Roi, frappent plus vivement l'imagination. Plus de vingt officiers de marque avaient succombé, et parmi eux des hommes illustres par leur mérite comme par leur rang : lord Sunderland, à peine âgé de vingt-trois ans, marié naguère, et déjà cher, par ses opinions hautement professées, à tous les hommes sages, à tous les bons protestants de son parti ' ; lord Caernarvon, excellent officier, précieux au Roi par sa rigidité en fait de discii)line, aimé des soldats pour sa justice, et observateur si scrupuleux de sa parole que rien n'avait pu le retenir dans l'armée de l'ouest lorsque le prince Maurice, qui la connnandait, eut violé les capitulations conclues avec les villes de Weymouth et de Dorchester-; lord Falkland enfin, Ihonneur du parti royaliste, toujours patriote quoique proscrit à Londres, toujours respecté du peuple quoique ministre à Oxford '. Rien ne l'appelait sur le champ de bataille, et déjà ses amis lui avaient reproché plus d'une fois son inutile témérité : « Mon emploi, répondait-il en « riant, ne peut me faire perdre les privilèges de mon « âge, et un secrétaire dÉlat de la guerre doit être dans M le secret des plus grands dangers. » Depuis quelques
* Clarendon, Htst. oftherebell, t. VI, p. 233. « Ibid., p. 233-235.
» Né en 1610, à BurforJ, dans le comté d'Oxford ; il était àfjé do trente-troii ans.