‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 19 sur 144 · Ï5Î PREMIÈRE SESSION DU TROISIÈME · texte numérisé non relu

Ï5Î PREMIÈRE SESSION DU TROISIÈME

« mes égaux; c'est un avertissement que vous donne a celui à qui la nature et son devoir ont confié le soin a de votre prospérité et de votre saint. 11 espère que « maintenant votre conduite le portera à trouver bons c vos précédents conseils,, et que je vais contracter^ par « reconnaissance, des obligations qui m'engageront à o vous appeler souvent près de moi K »

Le garde du sceau, parlant après le Roi, ajouta : « Sa « Majesté, pour lever des subsides, a cru devoir s'adresa ser au Parlement ; non comme au seul moyen, mais « comme au plus convenable; non qu'elle n'en ait pas a d'autres, mais parce que celui-là s'accorde mieux avec « ses gracieuses intentions et le désir de ses sujets. Que 0 s'il tardait à réussir, la nécessité et l'épée de Tennemi « nous forceraient d'entrer dans d'autres voies. N'oubliez 0 pas l'avertissement de Sa Majesté; je vous le répète, G ne l'oubliez pas -. »

Ainsi Charles essayait, par son langage, de démentir sa situation : solliciteur hautain, succombant sous, le poids des revers et des fautes, il menaçait de déployer cette majesté indépendante, absolue, supérieure à toutes les fautes et à tous les revers. Il en était si infatué qu'il n'entrait pas dans sa pensée qu'elle pût souffrir aiicune atteinte; et plein d'une arrogance sincère,il croyait devoir à son honneur, à son rang, de se réserver les droits et le ton de la tyi-annie en réclamant les secours de la liberté.

« Parham. Eist., t. II, col. 218.

» Ibid., col. m.

PARLEMENT (mars-juin- 1628). 153

Les Communes ne se troublèrent point de ces menaces; une pensée non moins fiùre, non moins inflexible, les préoccupait. Elles avaient résolu de proclamer solennellement leurs libertés, de contraindre le pouvoir à les reconnaître primitives, indépendantes, de ne plus souffrir enfin qu'aucun droit passât pour une concession, aucun abus pour un droit. Ni les chefs ni le? soldais ne manquaient à ce grand dessein. Tout le peuple se pressait autour du Parlement. Dans son enceinte, des hommes habiles et hardis dirigeaient ses conseils : sir Edouard Coke, l'honneur de la magistrature, et non moins illustre par sa fermelé que par sa science'; sir Tliomas \Yentworth, depuis lord Strafford', jeime, ardent, éloquent, né pour commander, et dont l'ambition semblait alors se contenter de ladmiration de son pays ; Denzil HoUis '\ fds cadet de lord Clare, compagnon de l'enfance de Charles, mais ami sincère de la liberté, et trop fier [lour servir sous un favori; Pym, savant jurisconsulte, versé surtout dans la science des droits et des usages du Parlement \ esprit froid et audacieux, capable de marcher avec prudence à la tète des passions populaires; et tant d'autres, réservés, dans un avenir qu'aucun d'eux ne soupçonnait, à

» Né àMileham, dans le comté de Norfolk, en 1549; il avait alors soixante-dix-neuf ans.

' Ne à LoHilres, le 13 avril 1593; il avait alors trente-cinq ans.

■» Nt'ï en 15D7, à IlauEliton, dans le comté de Nottinghara; il avait alors trente et un ans.

* Né en 1584, dans le comté Je Somerset; il avait alors qua« ranie-quatre ans.

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