‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 20 sur 144 · PREMIÈRE SESSION DU TROISIEME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SESSION DU TROISIEME

des destinées bien diverses, même à des causes ennemieSj maintenant unis par des principes et des désir? communs. La cour n'opposait à cette coalition redoutable que la puissance des habitudes, la témérité capricieuse de Buckingham et la hauteur obstinée du Roi.

Les premières relations du prince et du Parlement furent bienveillantes. Malgré ses menaces, Charles sentait qu'il fallait fléchir; et déterminées à ressaisir tous leurs droits, les Communes avaient aussi le ferme dessein de lui témoigner leur dévouement. Charles ne 3'offensa point de la liberté des discours, et les discours furent loyaux autant que libres. « Je supplie la Cham- « brc, dit sir Benjamin Rudyard S d'éviter soigneuse- (( ment tout sujet de vaine contestation; les cœurs des « Rois sont hauts comme leur fortune; il leur convient a de céder quand on leur cède à son tour. Ouvrons au a Roi un chemin pour revenir à nous comme de lui- « même ; je suis convaincu qu'il en attend impatiem- 0 ment l'occasion. Consacrons tous nos efforts à mettre « le Roi de notre côté, nous obtiendrons tout ce que « nous pouvons désirer. » Tous les esprits n'étaient pas également préoccupés de ces pacifiques pensées; il y en avait de plus durs qui prévoyaient moins les malheurs d'une rupture nouvelle, et pressentaient mieux l'incorrigible nature du pouvoir absolu. Tous cependant se montrèrent animés des mêmes désirs; et la Cliambre, menant de front l'examen des griefs avec celui des

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PARLEMENT (mars-juin 1628). 155

besoins du trône, vota unanimement, après quinze j'ours de session *, un subside considérable, sans convertir pourtant aussitôt son vote en loi.

La joie de Charles fut extrême; il convoqua sur-lechainp un grand Conseil'; et l'informant du vote de la Chambre : « Quand je suis monté sur le trône, dit-il, « j'aimais les Parlements; depuis, je ne sais comment, « je les avais pris en dégoût; maintenant je me trouve « comme j'étais d'abord; je les aim.e et je me ré- « jouirai de me réunir souvent à mon peuple : ce jour a me vaut, dans la chrétienté, plus de crédit que si j'a- « vais gagné bien des batailles. » La même joie éclata dans le Conseil; Biickingham crut devoir, comme Cliarles, exprimer hautement la sienne ; il félicita le Roi d'un si heureux accord avec le Parlement : « Ceci, dit-il, « est bien plus qu'un subside; c'est Fouverture d'une a mine de subsides enfouis au cœur de vos sujets. Et « maintenant. Sire, daignez me permettre d'ajouter a quelques paroles : je l'avouerai, j'ai vécu longtemps a dans la douleur; le sommeil ne me donnait plus de 0 repos ni la fortune de contentement, si profond était « mon chagrin de passer pour l'homme qui séi)arait le (( Roi de son peuple, et son peuple de lui. Désormais il « sera clair qu'il y a eu quelques esprits prévenus qui « voulaient faire de moi un mauvais génie s'interposant « toujours entre un bon maître et de loyaux sujets. Avec

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a 6 avril 1628.

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