PREMIÈRE SESSION DU TROISIÈME
« la faveur de Votre Majesté, je m'efforcerai de me mon- « trer comme un génie bienfaisant, sans cesse appliqué a à rendre à tous de bons offices, des offices de paix K » Le secrétaire d"État Cook rendit compte à la Chambre de la satisfaction du Roi et de la faveur qu'en toutes choses il était prêt à montrer au Parlement ^ Les Communes s'en applaudirent; mais Cook, avec l'imprévoyante bassesse d'un courtisan, avait aussi parlé du duc de Buckingham et de son discours dans le Conseil; la Chambre en fat offensée : « Est-il donc un homme, « quel que soit son rang, dit sir John Elliot, qui ose (( croire que sa bienveillance et ses paroles nous seront « un encouragement à bien remplir nos devoirs envers « Sa Majesté? ou supposerait-on qu'un homme ait le « pouvoir d'inspirer pour nous à Sa Majesté plus de « bonté que d'elle-même elle ne voudrait nous en por- « ter ? Je ne saurais le croire. Je suis prêt à louer, à (( remercier même quiconque emploiera pour le bien « public son crédit et ses efforts; mais tant de présomp- « tion répugne aux coutumes de nos pères et à notre « honneur ; je ne puis en être informé sans surprise, « ni la laisser passer sans blâme. Je souhaite qu'une « telle intervention ne se renouvelle plus. Occuix)ns- « nous du service du Roi; nous lui deviendrons, je l'es- « père, si utiles que nous n'aurons besoin d'aucune « aide pour gagner son affection \
» Parliam. liist., t. II, col. 274.
ï 7 avril lG-28.
Parliam, Hist.jt. II, col. 275.
PATILEMENT (mahs-ji-ix 1628). IS7
Celte juste lierlé parut à Charles une insolence, à Buckingham un symplonie assuré de nouveaux périls; cependant ni l'un ni l'autre n'en témoigna rien, et la Chambre poursuivit ses travaux.
Elle était entrée en conférence avec la Chambre haute pour déterminer de concert les justes droits des sujets, et en réclamer, auprès du prince, une nouvelle et solennelle sanction ^ Charles, informé des desseins que manifestaient, dans ces conférences, les commissaires des Communes, en conçut un violent ombrage. 11 fit exhorter la Chambre à presser le vote définitif des subsides, et son ministre ajouta : « Je dois vous dire avec « quelque chagrin qu'il est parvenu aux oreilles de Sa « Majesté qu'on se proposait de réclamer, non-seule- « ment contre les abus du pouvoir, mais contre le pouce voir lui-même ; ceci touche de bien près le Roi, et nous « aussi, que soutient sa main. Parlons au Roi des abus « qui ont pu se glisser dans l'exercice de son autorité, « il nous écoutera volontiers; mais ne nous élevons pas « contre l'étendue de sa prérogative; il en veut redrcs- « séries torts, mais non mutiler les droits'. »
De son côté, la Chambre des Pairs, servile ou timide, engagea les Communes à se contenter de demander au Roi une déclaration portant que la grande Charte, avec les statuts qui l'avaient confirmée, était en pleine vigueur, que les libertés du peuple anglais subsislaicnî
i 3 avril 1628.
» 12 avril lfi-,'8. ParJiam. Ilist., t. II, col. 278.
comme aux temps passés, et que le Roi ne ferait usage des prérogatives inhérentes à sa souveraineté que pour le bien de ses sujets'.
Le roi réunit les deux Chambres en séance solennelle, leur déclara qu'il regardait la grande Charte comme intacte, les anciens statuts comme inviolables, et les invita à compter pour le maintien de leurs droits sur sa parole royale, où elles trouveraient, leur dit-il, plus de sécurité qu'aucune loi nouvelle n'en pourrait donner '.
Les Communes ne se laissèrent ni intimider ni séduire. Les abus récents avaient bravé la force et dépassé la prévoyance des anciennes lois; il fallait des garanties nouvelles, explicites, revêtues de la sanction du Parlement tout entier. C'était ne rien faire que de renouveler vaguement des promesses tant de fois violées, des statuts si longtemps oubliés. Sans se répandre en paroles, respectueuse mais inébranlable, la Chambre fit rédiger le fameux bill connu sous le nom de Pétition des droits, ladopta, et le transmit à la Chambre haute pour qu'il reçût aussi son assentiment ^.
Les Pairs n'avaient rien à dire contre un bill qui consacrait des libertés reconnues ou réprimait des abus universellement réprouvés. Cependant le Roi revenait à la charge, demandant de nouveau qu'on se reposât sur sa parole, offrant de confirmer, par un nouveau bill, la grande Charte et les anciens statuts, adressant aux
» 23 avril 1628. Parliam. Hist., t. II, col. 329. » 28 avril 1C28. Parliam. Hist.. t. II, col. 332. » 8 mai 1G28.