‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 22 sur 144 · MAT-JUIN · texte numérisé non relu

MAT-JUIN

Pairs conseil snr conseil, aux Commîmes message sur message, profondément irrité, mais prudent et doux dans ses discours, proclamant seulement sa ferme résolution de ne laisser restreindre aucun de ses droits, comme de n'en abuser jamais.

La perplexité des Pairs était grande : comment garantir les libertés du peuple sans retirer au Roi le pouvoir absolu? car telle était la question. On tenta un amendement : le bill fut adopté a\ec cette addition : « Nous « présentons bumblcment cette i)étition à Votre Majesté, « afin d'assurer nos propres libertés, mais aussi avec le « juste dessein de laisser intact ce pouvoir souverain « dont Votre Majesté est revêtue pour la protection, la « sûreté et le bonheur de ses sujets *. »

Quand le bill ainsi amendé revint aux Communes : a Ouvrons nos registres, dit M. Alford, et voyons ce 0 qu'ils contiennent : qu'est-ce que le pouvoir souve- « rain? Selon Bodin, c'est celui qui est libre de toute a condition. Nous reconnaîtrons donc un pouvoir légal a et un pouvoir royal; donnons au Roi ce que la loi lui a donne, et rien de plus. » — «Je suis hors d'état, dit a M. Pym, de parler sur cette question, car je ne sais oii

0 elle réside; notre pétition réclame les lois de l'Angle- « terre; il s'agit ici d'un pouvoir distinct de celui des « lois : où le trouver? il n'est nulle part, ni dans la « grande Charte, ni dans aucun statut; où le pren-

1 drions-nous pour le concéder? » — « Si nous adop-

» 17 mai 1G28. Padiam. Hist., t. Il, uol. 355.

« tons cet amendement, dit sir Thomas Wcntworlhj « nous laisserons les choses en pire état que nous ne les « avons trouvées; nous aurons écrit dans une loi ce « pouvoir souverain que nos lois n'ont jamais connu *. »

La Chambre tint bon : le public pressait; trop faibles pour réclamer hautement la liberté^ les Pairs l'étaient trop aussi pour avouer sans détour la tyrannie. Ils retirèrent leur amendement; par égard pour eux^ une phrase vaine y fut substituée, et la pétition des droits, adoptée par les deux Chambres, fut solennellement ])résentéc au Roi, qui, vaincu aussi, avait enfin promis de l'accueillir'.

Sa réponse fut vague, évasive*; il ne sanctionna point le bill, et ne dit que ce dont la Chambre n'avait pas voulu se contenter.

La victoire échappait aux Communes; en rentrant dans leur salle, elles reprirent l'attaque *. Sir John EUiot récapitula avec violence tous les griefs de la nation; riiuissier eut ordre de se tenir à la porte pour qu'aucun membre ne sortît, sous peine d'être envoyé à la Tour. On arrêta qu'une remontrance générale serait présentée au Roi; le comité des subsides fut chargé delà préparer,

Lacrainte gagnait quelques hommes, cettecraintchonnôtc qui naît à Taspect d'un grand trouble, et sans plus chercher qui a raison ni ce qu'il faut faire, veut qu'on

i 18 mai 1628. Parliam. Ilist., t. II, 350-359. « 28 mai 1G28.

» 2 juin 1628. Parliam. Hist., t. II, col. 374-377. » 3 juin 1628. Parliam. Hisl., t. II, col. 380.

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